Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, reçoit les félicitations du premier ministre, Philippe Couillard, après le dépôt du budget 2015-21016. En Mauricie-Centre-du-Québec toutefois, plusieurs intervenants craignent les impacts de ce budget.

Un autre coup porté à la taille de l'État québécois

L'État continuera de perdre des fonctionnaires. Les ministères réduiront encore leur personnel. Les ponctions n'épargneront pas consultants, contractuels et autre soutien «externe». Quelques organismes fusionneront. D'autres disparaîtront.
Avec son budget des dépenses, le président du Conseil du trésor Martin Coiteux s'est résolument mis «en mode» rétrécissement des ministères et des organismes de la fonction publique.
La politique de ne remplacer qu'un employé sur deux partant à la retraite est abolie. Elle avait atteint ses limites, a laissé tomber M. Coiteux. En fait, de 2011 à 2014, le nombre de fonctionnaires a malgré tout recommencé à grimper, de 62 548 à 65 329 équivalents temps complet (ETC).
Entreprise ces derniers mois, la diminution du personnel, elle, n'est pas abolie. Diverses mesures, dont l'interdiction d'embaucher à moins d'une permission expresse du Trésor, ont permis de sabrer 1162ETC pour l'année se terminant le 31mars.
Le ministre Coiteux a avancé que le «gel du recrutement ne sera pas reconduit». Pourtant, pour l'année qui débute, s'ajoutera une coupe de 707 postes. C'est au-delà de l'objectif de réduire de 2 % la fonction publique.
Mais, a insisté le président du Conseil du trésor, cela donnera une marge de manoeuvre pour pourvoir 674 emplois à temps complet. Des postes pour des emplois précis, dans des secteurs et des ministères choisis, a indiqué M. Coiteux.
L'opération n'épargnera pas les «ressources externes» qui ont notamment des niches dans le secteur névralgique des technologies de l'information. Les consultants ne seront pas chassés des projets en informatique, mais leur contribution sera réduite et des emplois-clés, réservés à la fonction publique.
La cure minceur du gouvernement prévoit notamment que les ministères et les organismes devront comprimer les dépenses de programmes de plus de 700millions$, en cours d'années. Dans cette foulée, signalons la fermeture du Bureau du Québec à Ottawa et de l'Antenne du Québec à Vancouver; la restructuration de la Sûreté du Québec; et un «repositionnement» des délégations à l'étranger.
Des fusions se confirment. C'est le cas de la Commission des normes du travail et de la Commission de l'équité salariale, intégrée à la Commission de la santé et de la sécurité du travail.
La présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Lucie Martineau, trouve incohérent de parler «rénovation» de l'État en même temps que de coupes de personnel. Tout aussi irréconciliables à ses yeux sont les propos affirmant conserver l'expertise des fonctionnaires tout en gelant les salaires. «C'est n'importe quoi!» commente-t-elle.