Flambant neuf, le quai multiusager du Port de Sept-Îles sera branché par convoyeur aux installations maintenant publiques de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire, situées tout juste derrière.

Un appel d'offres lancé pour un convoyeur au Port de Sept-Îles

La Société du Plan Nord lance l'appel d'offres pour la construction d'un convoyeur reliant son terrain de jeu de Pointe-Noire au mégaquai multiusager du Port de Sept-Îles, tout juste voisin. Québec a provisionné 15 millions $ pour le branchement.
La Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN), la nouvelle société en commandité créée avec l'achat des actifs miniers de Cliffs Natural Resources à Sept-Îles, a invité une «dizaine» d'entreprises et de consortiums, dont des entreprises régionales, à soumissionner pour l'aménagement du convoyeur, a appris Le Soleil. 
L'appel d'offres s'est fait sur invitation en raison «de la complexité» des travaux à exécuter. «Ça prend des connaissances pointues dans le domaine mécanique et électrique», a confirmé le responsable des communications de la Société du Plan Nord (SPN), Guillaume Lavoie. «C'est un projet majeur», a-t-il ajouté. 
Long de 307 mètres, le convoyeur aura la capacité de manutentionner 10 000 tonnes de minerai ou boulettes de fer à l'heure. Tout le système sera automatisé et intégré au quai multiusager, un actif de 220 millions $, livré en 2015, mais qui n'a toujours pas servi. Aussi appelé le quai 35, l'ouvrage du Port de Sept-Îles est de calibre international. 
Cinq joueurs miniers ont d'ailleurs payé la moitié de l'infrastructure, d'où il sera possible d'expédier 50 millions de tonnes de minerai par an. Tata Steel Minerals Canada, qui exploite le gisement DSO à Schefferville et Champion Iron Limited, qui vient d'acheter la mine du lac Bloom à Fermont, sont au nombre des partenaires des installations. 
Les deux minières sont aussi les premiers joueurs recrutés par la Société du Plan Nord pour la création de la société en commandite. Il faut comprendre que les producteurs de la fosse du Labrador transportent par train leur minerai jusqu'à Pointe-Noire, d'où il est expédié par bateau. Les actifs de Pointe-Noire sont les seuls à donner accès au port. 
«Pas le simple coût»
La SPN assure que ce n'est «pas le simple coût» qui déterminera l'entreprise qui remportera la mise pour le raccordement. «L'étude des soumissions va tenir compte de l'employabilité locale et du développement économique de la Côte-Nord», affirme M. Lavoie. «Ça va faire partie de l'équation pour qui va obtenir le mandat». 
La SFPPN a aussi «incité» les compagnies invitées à soumissionner à joindre le bureau de commercialisation de la Société du Plan Nord ou Développement économique Sept-Îles pour être «accompagnées dans l'identification de sous-traitants régionaux potentiels». L'ouverture des soumissions doit avoir lieu «d'ici les prochaines semaines». 
Québec a provisionné 15 millions $ pour relier Pointe-Noire au quai multiusager dans le budget 2016-2017. En ajoutant l'achat des actifs stratégiques, il y a un an, pour 66,75 millions $ et le redémarrage des installations, ce sont 100 millions $ que l'État aura investi dans cette «pièce maîtresse» du Plan Nord. 
Les prix des actions, qui seront cédées à Tata Steel et Champion, seront sur la base de l'ensemble des investissements faits par Québec. Les coûts futurs doivent être partagés selon la part des volumes réservés par les minières. La construction du convoyeur doit débuter à la fin du printemps pour être opérationnel «quelque part à l'automne».