L’homme d’affaires digérait très mal la fin de ce partenariat et se questionne sur la volonté d’Imvescor de soutenir ses franchisés. Il déplore notamment le manque de transparence de la société et sa gestion.

Un ancien franchisé s’en prend à Mikes

Un ancien franchisé de Mikes estime avoir été «abandonné» et «floué» par sa société mère, Imvescor, qui a choisi de ne pas renouveler son bail.

L’enseigne Mikes de Lebourgneuf, située au 100, rue Bouvier, a été retirée au cours des derniers jours. Le copropriétaire de l’établissement, Richard Beauregard, souhaite tout de même continuer ses activités. Il prévoit ouvrir un nouveau restaurant avec un concept contemporain, urbain et italien.

Les travaux pour le nouvel établissement, qui demeure entretemps ouvert, débuteront le 3 avril, et s’échelonneront sur une période de trois semaines. Il s’agit d’un investissement de 600 000 $. La quarantaine de travailleurs du restaurant conserveront leur gagne-pain, assure-t-il. La direction prévoit même embaucher une quinzaine de paires de bras supplémentaires.

Il est toutefois important de mentionner que certains équipements du restaurant ont été frappés par un avis de saisie cette semaine. M. Beauregard aurait aussi des démêlés devant les tribunaux avec le coactionnaire de l’établissement.

L’homme d’affaires était partenaire dans l’aventure de Mikes depuis 11 ans. Il a notamment été par le passé représentant du syndicat des franchisés affiliés à Imvescor. 

Manque de transparence

En entrevue avec Le Soleil, l’homme d’affaires dit digérer très mal la fin de ce partenariat et se questionne sur la volonté d’Imvescor de soutenir ses franchisés. Il déplore notamment le manque de transparence de la société et sa gestion.

«Il a moins de 10 ans de cela, Mikes possédait plus de 120 succursales au Québec alors qu’elle n’en dispose, aujourd’hui, que d’à peine 64, soit 47 % de moins. La comparaison est terrifiante quand on regarde des concurrents comme Normandin qui, eux, ont le vent dans les voiles après avoir adopté des stratégies gagnantes et efficaces. Ils sont depuis plus de dix ans en constante progression, un contraste radical avec la régression des restaurants Mikes au Québec», compare l’entrepreneur, assurant que son établissement était rentable.

Pour illustrer le manque de transparence de sa maison mère, M. Beauregard affirme n’avoir jamais été en mesure d’obtenir les états financiers sur les investissements en publicité pour soutenir les franchisés.

«Du 3 % que chaque franchisé remettait dans le fonds de publicité, nous n’avons jamais été en mesure de savoir le montant des sommes réellement dépensées en publicité. Si la direction ne voulait pas le fournir, c’est qu’elle devait avoir probablement des choses à cacher», dit-il, évoquant la possibilité d’une éventuelle poursuite.

Il espère d’ailleurs une rencontre avec la direction d’Imvescor au cours des prochaines semaines afin d’obtenir davantage d’informations.

Du côté de Mikes, la direction confirme avoir choisi de ne pas renouveler le bail de 10 ans du franchisé. «Des avis de défaut en lien avec les contrats commerciaux ont été signalés à quelques reprises au franchisé. Il n’y a pas de surprise, il savait que le contrat n’était pas renouvelé», note le porte-parole, Daniel Granger. Ce dernier n’était pas en mesure de donner plus d’information sur les avis en question.

Selon M. Beauregard, ces allégations sont fausses. L’homme d’affaires précise n’avoir jamais manqué un paiement. Il souligne aussi qu’il étudiait récemment la possibilité de déménager son restaurant afin de répondre aux demandes d’Imvescor. «Ils veulent de plus petites surfaces, entre 3800 et 4000 pieds carrés», précise-t-il.

Le nom du nouveau restaurant de 245 places sera annoncé au cours des prochaines semaines. Au cours des derniers mois, le Groupe MTY a acheté Imvescor dans une transaction de 248 millions $.