Twitter a indiqué qu’il allait demander les adresses électroniques ou les numéros de téléphone pour confirmer les nouveaux comptes d’utilisateurs.

Twitter renforce sa lutte contre les manipulations

SAN FRANCISCO — Twitter a indiqué qu’il allait demander les adresses électroniques ou les numéros de téléphone pour confirmer les nouveaux comptes d’utilisateurs, une mesure supplémentaire pour lutter contre les activités malveillantes sur le réseau social.

«C’est un changement important pour se défendre contre les personnes qui tentent de tirer avantage de notre ouverture», ont écrit mardi dans un blogue les responsables chargés de la confiance et de la sécurité de Twitter, Del Harvey et Yoel Roth.

Cette mesure sera mise en oeuvre au cours de l’année et Twitter a promis de s’assurer que ce changement ne porterait pas préjudice aux nouveaux utilisateurs.

En début d’année, Twitter avait déjà renforcé sa lutte contre les «bots», des programmes informatiques qui envoient automatiquement des messages et qui sont largement incriminés dans la diffusion de la propagande, notamment politique, sur les réseaux sociaux.

Ces nouvelles règles «bouchent la faille qu’ils ont exploitée», soulignent ces responsables qui affirment que Twitter a identifié en mai plus de 9,9 millions «de comptes automatiques ou en proie à des techniques de pourriel potentiels» par semaine.

«Nous sommes en train d’automatiser certains procédés quand nous détectons une activité suspecte, par exemple le fait de twitter dans de volumes particulièrement importants en utilisant le même +hashtag+, ou le même +@+ (qui permet de mentionner un utilisateur, ndlr) sans aucune réponse en provenance du compte mentionné», ont ajouté Del Harvey et Yoel Roth.

Twitter utilise déjà des programmes issus de l’intelligence artificielle pour limiter l’influence des «bots», mais cette nouvelle approche vise à contrôler à la fois les modèles de comportement de certains utilisateurs et le contenu diffusé.

Twitter a déjà reconnu que les «bots» étaient très présents sur le réseau et avaient servi à propager de fausses informations et des sujets clivants au moment de l’élection présidentielle américaine de 2016.

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MCKENNA ESTIME QU'IL FAUT S'ATTAQUER AUX COMPTES PARODIQUES

OTTAWA — La ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, affirme que les comptes de médias sociaux parodiques qui tentent délibérément de tromper les internautes constituent une forme de vol d’identité à laquelle les autorités doivent s’attaquer.

Mme McKenna a été elle-même la cible d’un compte parodique ayant été retiré de Twitter, mardi, après que la ministre s’en soit plainte. Le compte est réapparu quelques heures plus tard avec un nom légèrement différent.

Le compte utilise la même photo que le compte Twitter personnel de Mme McKenna, et bien que la biographie indique effectivement qu’il s’agit d’une parodie, le site Twitter le considère apparemment comme une violation de sa politique sur l’interdiction de se faire passer pour quelqu’un d’autre en ligne.

Un responsable de Twitter a dit que l’entreprise ne commentait pas de dossiers particuliers, mais a souligné que dans un tel cas, le titulaire du compte se serait fait dire pourquoi le compte avait été fermé.

Néanmoins, des députés conservateurs et des experts soutiennent que des comptes parodiques ne devraient pas être fermés uniquement parce que le gouvernement n’aime pas ce qu’ils contiennent.

Ils relèvent un certain nombre de comptes parodiques sur les conservateurs - incluant un, nommé «Not Steve Harper», en ligne depuis 2009 - et affirment qu’ils ne devraient pas être traités comme de soi-disant «fausses nouvelles».

Twitter autorise les comptes parodiques, mais ceux-ci doivent inclure un mot comme «faux» ou «parodie» dans la section biographie et ne peuvent pas utiliser des noms ou des identifiants qui sont les mêmes que ceux de la personne étant parodiée.

Dans le cas de la ministre fédérale, le compte parodique affichait surtout des conseils en matière d’environnement, mais se moquait de Mme McKenna pour avoir supposément voyagé en première classe ou offert des réductions d’impôt aux riches.

Mme McKenna a dit avoir vu «plus que sa part d’attaques personnelles, d’intimidation et de harcèlement sur Twitter et d’autres plateformes de médias sociaux», disant n’avoir aucun problème avec la parodie. Mais, selon elle, les comptes qui tentent délibérément de tromper les gens ont des motifs politiques et ne doivent pas être ignorés.

«C’est comme un vol d’identité, et cela mine notre capacité à avoir des conversations informées et productives sur des enjeux importants», a-t-elle fait valoir.

La stratège conservatrice et spécialiste des médias Alise Mills a dit croire que le gouvernement était allé trop loin en demandant que ce compte particulier soit retiré.

«Les comptes parodiques ne sont pas des fausses nouvelles», a-t-elle soutenu.

Mme Mills a reconnu s’être fait prendre elle aussi par le compte en relayant un commentaire avec sa propre réponse avant que quelqu’un dans son entourage lui fasse remarquer qu’il s’agissait d’un faux compte. Les comptes qui sont problématiques sont les trolls qui appellent à la violence ou qui sont humiliants, a affirmé la stratège conservatrice.

Le projet de loi de réforme électorale du gouvernement libéral fédéral, qui en est à l’étude en comité, créerait une nouvelle infraction en vertu de la Loi électorale du Canada sur la publication ou le partage d’une information en tentant de prétendre qu’elle provient d’un parti ou d’un candidat donné. Néanmoins, le projet de loi fait une exception de la parodie ou de la satire.  La Presse canadienne