Le gouvernement du Québec répète qu'il est hors de question de négocier la survie de la gestion de l'offre qui régit la production du lait.

Trump n'a pas fini de critiquer, prévoit Anglade

Il faut s'attendre à d'autres critiques comme celle émise par le président Donald Trump sur l'industrie laitière canadienne, notamment dans le domaine de la culture, prévoit la ministre Dominique Anglade.
«Vous dire que j'ai été surprise (par la déclaration), ce serait faux», a indiqué la ministre de l'Économie, mercredi. Mardi, le président Trump a parlé de «pratiques commerciales très inéquitables» de la part du Canada en matière de production laitière. 
Dans le contexte de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), d'autres points de discorde apparaîtront au grand jour, entrevoir la ministre. Le président Trump «s'attaque à l'ensemble de l'oeuvre, a noté Mme Anglade au Soleil. Plusieurs éléments seront discutés. Je m'attends à ce qu'il y ait d'autres déclarations dans d'autres domaines, comme la culture par exemple, et il faut être très vigilant.»
L'exception culturelle prévue dans différents traités internationaux est un rempart pour limiter le libre-échange afin de protéger et soutenir la culture et les artistes locaux. 
Le gouvernement du Québec répète qu'il est hors de question de négocier la survie de la gestion de l'offre qui régit la production du lait, mais aussi des oeufs et de la volaille au pays. Ce système prévoit des quotas pour répondre uniquement à la demande canadienne. En contrepartie de cette limitation, les producteurs reçoivent un prix entendu et prévisible pour leurs produits. 
«On a toujours dit qu'on allait défendre le système de gestion de l'offre au Québec, c'est un choix qu'on va défendre jusqu'au bout», promet la ministre de l'Économie. 
Le Canada et le Québec ne portent pas la responsabilité de la surproduction américaine qui a eu des conséquences financières importantes pour les agriculteurs de certains États, continue Mme Anglade. Et il ne faut pas oublier que les États-Unis versent des milliards de dollars en subventions à son industrie agricole, dit-elle. 
Le Québec espère convaincre les Américains que le libre-échange est profitable des deux côtés de la frontière. Le Canada a un poids marginal dans le déficit commercial des États-Unis, plaide la ministre Anglade, et l'ALENA ne l'a pas accentué. 
«On veut aller s'assoir avec eux et être constructifs dans notre approche et dire : nous ne sommes pas l'ennemi, au contraire», note la ministre.