Donald Trump est résolu à annoncer «dans les prochains jours» l'imposition de tarifs douaniers élevés ciblant 200 milliards $ d'importations chinoises, ont rapporté au cours du week-end le Washington Post et le Wall Street Journal.

Trump menace de «Tariffer!» les pays qui ne commercent pas équitablement

WASHINGTON — Donald Trump a eu recours à la menace et au néologisme lundi, affirmant que les pays refusant de pratiquer un commerce équitable avec les États-Unis seront «Tariffés!», à un moment où de nouvelles mesures contre la Chine semblent imminentes.

Plusieurs médias américains se sont fait l'écho depuis vendredi de la volonté du président de taxer 200 milliards $ d'importations chinoises supplémentaires.

«Les tarifs [douaniers] ont mis les États-Unis dans une posture de négociation très forte, avec des Milliards de dollars et des Emplois qui affluent dans notre pays — et en plus l'augmentation des coûts a été quasiment indécelable. Si les pays ne passent pas des accords équitables avec nous, ils seront "Tariffés!"» a lancé le président américain lundi matin.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche début 2017, Donald Trump a déclenché une offensive commerciale tous azimuts pour combattre ce qu'il qualifie de très mauvais accords commerciaux avec les principaux partenaires des États-Unis. Il voit dans le déficit commercial américain une source de fragilité et un signe de faiblesse qu'il compte combattre à tout prix.

Le tweet matinal du président fait suite à des informations de plusieurs médias américains selon lesquelles l'administration pourrait annoncer dès lundi des taxes de 10 % sur 200 milliards % d'importations chinoises supplémentaires.

Ce retour à une taxe de 10 % pourrait être vu comme un geste d'ouverture — tout relatif — le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin ayant, de son côté, contacté ses homologues chinois pour reprendre des négociations commerciales et essayer de trouver un terrain d'entente.

Le président Trump avait en effet demandé en août au Représentant américain au commerce (USTR) Robert Lighthizer d'étudier la possibilité d'imposer une taxe punitive de 25 % sur ces produits plutôt que seulement 10 %.

Outre les tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium de respectivement 25 % et 10 %, qui ne concernent pas que la Chine, Washington a déjà taxé à hauteur de 25 % quelque 50 milliards $ de produits chinois.

Outre, son combat contre le déficit commercial qu'il abhorre, le président américain avait souligné que ces tarifs douaniers étaient aussi destinés à forcer la Chine à mieux respecter les droits de propriété intellectuelle.

Il a aussi même menacé à deux reprises de taxer la totalité des plus de 505 milliards $ d'importations chinoises.

Pour lui, les États-Unis sont en position de force grâce à une croissance très dynamique par rapport à une économie chinoise qu'il juge plus fragile.

Riposte

«Si les États-Unis adoptent de nouvelles mesures sur les droits de douane, la Chine n'aura d'autre choix que de prendre des mesures de rétorsion pour défendre ses droits et intérêts légitimes», a martelé lundi Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise.

Une position qu'avait déjà exprimée à plusieurs reprises le ministère chinois du Commerce.

Pékin a d'ailleurs déjà infligé des taxes de 25 % sur 50 milliards $ de marchandises américaines notamment agricoles.

«Une escalade du conflit commercial ne servirait les intérêts de personne», a une nouvelle fois martelé M. Geng, s'exprimant lors d'une conférence de presse régulière.

«Nous avons toujours cru que des négociations sur un pied d'égalité, se déroulant de bonne foi, représentaient l'unique solution appropriée pour sortir des différends commerciaux entre la Chine et les États-Unis», a-t-il plaidé.

La guerre commerciale menée tous azimuts par Donald Trump ne semble pour l'heure pas avoir d'effet important sur la première économie du monde qui tourne à plein régime.

Toutefois, les mesures de rétorsion ciblées des partenaires commerciaux des Etats-Unis se font sentir dans certaines régions et dans certains secteurs d'activités.

La semaine dernière plus de 80 groupes de pression des secteurs agricole, industriel, technologique, des services et de la distribution avaient annoncé le lancement d'une vaste campagne pour dénoncer la politique protectionniste de Donald Trump.

La banque centrale américaine a elle aussi noté un premier impact sur les investissements aux États-Unis et mis en garde à plusieurs reprises qu'une guerre commerciale représentait pour l'heure la plus grande menace pour l'expansion économique. Avec Julien Girault à Pékin