Caroline Roy, vice-présidente du bureau de Québec chez Léger et Carl Viel, pdg de Québec International, ont présenté jeudi les résultats de l'indice de confiance des dirigeants d'entreprise de la grande région de Québec sur les perspectives économiques 2017.

Trump inquiète les entrepreneurs de Québec

«Il n'y a rien qu'un entrepreneur déteste plus que l'incertitude», affirme Carl Viel, pdg de Québec International.
Avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, l'incertitude est son paroxysme.
Pas surprenant que les entrepreneurs se grattent la tête en évaluant les perspectives d'affaires aux États-Unis en 2017.
Ne pas savoir ce que fera le nouveau président de l'ALENA, par exemple, turlupine les exportateurs.
La situation économique aux États-Unis et les mesures protectionnistes américaines représentent des sources d'inquiétude pour les chefs d'entreprise de la région de Québec.
Un écueil aussi important que le recrutement et la rétention de la main-d'oeuvre.
Ce n'est pas peu dire.
Jeudi, l'organisme de développement économique Québec International dévoilait les résultats de l'indice de confiance des dirigeants d'entreprise de la grande région de Québec sur les perspectives économiques 2017.
Cet exercice est mené tous les ans depuis 2010. 
Cette fois, 225 patrons ont été consultés par Léger entre le 23 novembre et le 19 décembre, soit après l'élection de Donald Trump.
S'ils sont optimistes à souhait pour leur secteur d'activité, pour l'économie de la région de Québec et celle du Canada d'un océan à l'autre, les patrons sont préoccupés par la situation américaine.
«À leurs yeux, les perspectives pour l'économie américaine sont nettement moins bonnes qu'à pareille date l'année dernière», constate Caroline Roy, vice-présidente du bureau de Québec chez Léger, en ajoutant que les prévisions pour les États-Unis encaissent une première baisse depuis 2012.
«Personne ne sait vraiment où s'en va notre voisin du sud», ajoute Carl Viel en rappelant qu'un éventuel élan de protectionnisme chez nos voisins du sud apporterait évidemment son lot de malheurs pour les exportateurs d'ici, mais aussi une tonne de nouvelles opportunités d'affaires auprès de nouveaux clients à travers le monde, notamment en Europe une fois l'entrée en vigueur de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne
Le pdg de Québec International se réjouit, par ailleurs, de lire dans le sondage que 62 % des entrepreneurs consultés annonçaient leur intention de diversifier leur marché en 2017. En 2012, à peine 33 % d'entre eux indiquaient vouloir prendre cette voie.
«Les entreprises comprennent qu'elles ne peuvent plus être à la merci d'un seul marché.» 
La main-d'oeuvre
Le gros caillou dans le soulier des dirigeants d'entreprise de Québec demeure l'attraction et la rétention de la main-d'oeuvre.
En effet, 85 % d'entre eux éprouvent «souvent ou à l'occasion» des difficultés dans le recrutement du personnel.
«En 2013, 32 % des employeurs disaient connaître souvent des misères à dénicher de la main-d'oeuvre. Ce pourcentage passe maintenant à 46 %», indique Caroline Roy en soulignant que 55 % des patrons estiment que leur incapacité de trouver des bras et des cerveaux entravait carrément la croissance de leur compagnie.
«La réalité, dans la région de Québec, est que l'emploi progresse plus rapidement que la population», souligne Carl Viel. 
Pour 10 individus qui quittent le marché du travail, il y en seulement neuf qui sont prêts à les remplacer.
Optimisme débordant
Si l'incertitude américaine et les misères à pourvoir les postes vacants causent des cheveux blancs aux entrepreneurs, ces derniers, par ailleurs, débordent de confiance et d'optimisme en ce début de 2017, comme le témoigne notre tableau en haut de page.
«En 2017, les dirigeants d'entreprise de la grande région de Québec sont en mode expansion», tranche Caroline Roy. 
«Pour preuve, ils ont l'intention d'investir, d'embaucher, de développer leur marché hors Québec et anticipent une croissance de leurs ventes.»
Année après année, depuis un quart de siècle, la région de Québec enregistre une croissance de son activité économique. 
«Ça devrait se poursuivre en 2017 alors que nous prévoyons une croissance de près du 2 % du PIB», conclut Carl Viel.
L'optimisme
Optimistes, les dirigeants d'entreprise de la grande région de Québec? C'est le cas. En voici la preuve.
82 % d'entre eux s'attendent à une augmentation de leurs ventes en 2017.
74 % prévoient investir dans leur entreprise.
74 % affirment que leur carnet de commandes est aussi bien ou mieux rempli qu'à pareille date l'an dernier.
66 % envisagent de faire des embauches.
62 % ont l'intention de diversifier leurs marchés hors Québec.
Les deux sources d'inquiétude
1. Le recrutement et la rétention de la main-d'oeuvre.
2. La situation économique aux États-Unis et les mesures protectionnistes américaines.