En conférence de presse avec la première ministre britannique Theresa May, lundi, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a laissé entendre que le géant de Chicago ne devrait pas s'attendre à ce qu'Ottawa lui achète des avions de combat Super Hornet s'il continue de s'attaquer à Bombardier.

Trudeau lève le ton à l'endroit de Boeing

Le premier ministre Justin Trudeau a levé le ton contre Boeing, qui refuse de faire marche arrière dans le cadre de sa plainte déposée contre Bombardier à propos de l'avion CSeries.
En conférence de presse avec la première ministre britannique Theresa May, lundi, M. Trudeau a laissé entendre que le géant de Chicago ne devrait pas s'attendre à ce qu'Ottawa lui achète des avions de combat Super Hornet s'il continue de s'attaquer à Bombardier.
Le gouvernement Trudeau a considéré d'acheter 18 avions de combat Super Hornet construits par Boeing pour plusieurs milliards de dollars afin de renouveler sa flotte vieillissante de CF-18.
Dans le cadre de sa visite à Ottawa, Mme May a affirmé qu'elle abordera ce litige commercial en personne avec le président américain Donald Trump, qu'elle doit rencontrer prochainement.
La première ministre britannique s'était portée à la défense de l'avionneur québécois plus tôt ce mois-ci dans le cadre d'un entretien téléphonique avec le 45e locataire de la Maison-Blanche.
Bombardier (TSX : BBD.B) est le principal employeur en Irlande du Nord avec son usine de Belfast, où travaillent quelque 4200 personnes. C'est à cet endroit que sont notamment fabriquées les ailes des appareils CSeries.
La décision du département américain du Commerce quant à savoir si des mesures punitives seront imposées sur les ventes d'appareils CSeries au sud de la frontière est attendue le 25 septembre.
Affirmant que Bombardier a bénéficié de subventions indues lui permettant de vendre des avions CSeries au rabais à Delta Air Lines, Boeing (NYSE : BA) demande l'imposition d'un droit compensatoire d'au moins 79,41 % ainsi que d'un droit antidumping de 79,82 %.
Un accord post-Brexit
Par ailleurs, les deux premiers ministres ont exprimé lundi leur volonté de conclure un accord commercial bilatéral une fois que le Royaume-Uni sera formellement sorti de l'Union européenne (UE).
Les échanges commerciaux entre le Canada et le Royaume-Uni répondront aux règles prévues par l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (AECG) jusqu'à la sortie prévue en mars 2019 des Britanniques de l'UE, ont indiqué les deux responsables lors d'une conférence de presse à l'issue de leur rencontre à Ottawa.
Cet accord de libre-échange prend effet dès jeudi de façon provisoire en attendant la ratification de l'ensemble des États membres européens. Le Parlement canadien a ratifié en juin l'AECG.
«À l'intérieur de l'Union européenne, le Royaume-Uni est le partenaire commercial le plus important pour le Canada» et les Britanniques ont été dans ce contexte très engagés dans les négociations pendant sept ans de cet accord de libre-échange, a souligné Justin Trudeau.
«Cela nous servira de base sur la façon dont nous allons avancer avec une Europe post-Brexit», a-t-il poursuivi.
«Nous voulons nous assurer à notre sortie de l'Union européenne que le changement soit le plus ordonné et harmonieux possible pour les citoyens et les entreprises», a expliqué Theresa May.  Avec AFP