Le président désigné Donald Trump, entouré de ses trois enfants, Eric, Ivanka et Donald Jr., lors de la conférence de presse de mercredi à la Trump Tower à New York.

Trois loyaux serviteurs pour gérer l'empire

Donald Jr. Trump, Eric Trump, et Allen Weisselberg : en confiant à ses deux fils et à son directeur financier la conduite de ses affaires pendant sa présidence, Donald Trump passe les rênes à trois personnes qui lui sont entièrement dévouées. Petit portrait des trois hommes.
Donald Jr., 38 ans, et son petit frère Eric, 32 ans, sont les deux fils adultes de Donald Trump, nés de son premier mariage.
Bien que restés jusqu'ici dans l'ombre de leur soeur Ivanka, fille préférée du futur président, ces deux garçons aux cheveux pareillement brossés vers l'arrière sont eux aussi vice-présidents de la Trump Organization, chargés du développement et des acquisitions.
Ivanka ayant démissionné pour suivre son mari, Jared Kushner, nommé haut conseiller à la Maison-Blanche, ils se retrouvent en première ligne d'un empire qui devrait rester dans le collimateur des médias, même si ses ambitions sont revues à la baisse. La Trump Organization ne signera plus aucun nouveau contrat à l'étranger et les nouvelles affaires américaines devront être approuvées par un conseiller en éthique tant que Trump est à la Maison-Blanche.
«Les deux frères sont-ils vraiment capables de diriger l'entreprise familiale?» s'interrogeait récemment le magazine Vanity Fair.
Si la question se pose, c'est en partie parce que Trump a toujours dirigé son entreprise en autocrate, laissant peu de place à l'initiative individuelle, expliquait récemment William Klepper, professeur de management à Columbia University.
 «Les brutes»
Mais aussi parce que Donald Jr. et Eric, qui se surnommeraient eux-mêmes «les brutes», sont plus connus pour leurs gaffes que pour le sens des affaires qui a fait la réussite de leur père.
Leur passion commune pour les parties de chasse, notamment, a déjà suscité la controverse. En 2012, des photos émergeaient d'un safari au Zimbabwe, les montrant tout sourire devant des dépouilles de léopard et d'éléphant, deux espèces protégées.
Selon les médias américains, ils ont surtout été élevés par leur mère et leurs grands-parents tchèques - qui leur ont fait découvrir la chasse - avant d'être envoyés en pensionnat.
Réputé fêtard mais aussi passionné de grands espaces, Donald Jr. passera même quelques mois sans parler à son père dans les montagnes du Colorado. Mais il reviendra finalement à New York en 2001 pour rejoindre la Trump Organization. Aujourd'hui, il gère plusieurs bâtiments emblématiques de l'empire Trump, comme le Trump International Hotel de Chicago.
Proche de son grand frère, Eric lui ne semble pas avoir eu les mêmes états d'âme. Connu pour être un boute-en-train, il a rejoint sans hésiter la Trump Organization après ses études. Aujourd'hui, il supervise les clubs de golf et le vignoble que possède Trump en Virginie.
Fidèle de longue date
Allen Weisselberg, s'il n'est pas membre de la famille, fait partie des fidèles parmi les fidèles de Trump depuis des années.
Aujourd'hui directeur financier de la Trump Organization, âgé de 70 ans comme Trump, il débuta comme comptable dans l'entreprise de Frederick Trump, père de Donald, avant de rejoindre la Trump Organization comme contrôleur de gestion quand Trump s'implantait à Manhattan dans les années 80.
Selon le Wall Street Journal, lui qui a été de toutes les aventures entrepreneuriales de Donald Trump, y compris lorsqu'il était en difficulté avec ses casinos d'Atlantic City, est un homme extrêmement discret et en symbiose totale avec son patron, dont il suit les consignes à la lettre. Et auquel, malgré son ancienneté, il fait encore viser tous les gros chèques avant signature.
«Quand Donald avait un rhume, [Allen] éternuait», résumait un ancien employé cité par le quotidien.
Avec une telle loyauté, les trois hommes ne devraient guère s'écarter du modèle de gestion imprimé par Donald Trump.
D'autant que celui-ci les a menacés mercredi de les traiter comme les candidats malheureux de son émission de téléréalité The Apprentice : les «virer» si à la fin de sa présidence, il devait estimer qu'ils ont mal travaillé.
Et son fils Donald, présent avec Eric dans la salle, de répondre par Twitter et émoticônes interposés : «Ça pourrait être intéressant dans 4 ou 8 ans... EnLeadernopressure».