Dans l’ordre, le maire de Gaspé et président du comité sur le transport aérien de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Daniel Côté, le maire de Drummondville et président de l’UMQ, Alexandre Cusson et le président du conseil d’administration de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, Éric Larouche.

Transport aérien régional: briser le monopole

Alors que le Sommet sur le transport aérien régional apparaît au radar, des élus et des représentants de l’industrie touristique cogneront à la porte des dirigeants de Porter et WestJet, jeudi et vendredi, pour leur rappeler que le Québec existe et que les voyageurs québécois sont les victimes d’une situation quasi monopolistique.

«Le statu quo ne peut plus durer. Il doit y avoir des changements. Rapidement», a plaidé le maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, au cours d’une conférence de presse tenue mercredi à Québec.

Il a rappelé qu’une analyse exhaustive, publiée le printemps dernier, démontrait que les Québécois payaient 55 % plus cher leurs billets d’avion pour voyager à l’intérieur de la Belle Province.
«C’est le phénomène de l’oeuf et de la poule», a précisé le maire de Gaspé et président du comité sur le transport aérien de l’UMQ, Daniel Côté.

«Sur le marché québécois, à l’heure actuelle, il n’y a pas grand monde qui prend le transport aérien pour la bonne et simple raison qu’il n’est pas abordable. Le commun des mortels n’a pas les moyens de payer un billet d’avion. Écoutez, il en coûte moins cher de se payer un voyage tout-inclus à Cuba pendant une semaine qu’un billet d’avion pour se rendre à Gaspé !», a fait valoir M. Côté en signalant au passage qu’un voyageur doit s’attendre à payer 1000 $ son billet d’avion s’il veut mettre les pieds à Gaspé demain matin.

«Ça tourne entre 800 $ et 1200 $ pour un vol entre Montréal et Saguenay» , a renchéri le président du conseil d’administration de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, Éric Larouche.

Comprendre pourquoi

Aujourd’hui et vendredi, les trois hommes mettront le cap sur Toronto et Calgary pour rencontrer les ténors des compagnies aériennes Porter et WestJet.

«Avant la tenue, la semaine prochaine, du Sommet sur le transport aérien régional à Lévis, nous partons à la recherche d’informations pour mieux comprendre le marché aérien canadien», a expliqué Alexandre Cusson.

«Nous allons d’abord leur dire que les prix des billets d’avion sont beaucoup trop élevés et que la cause principale de cette réalité, selon nous, c’est l’absence de concurrence dans le marché québécois», a mentionné Daniel Côté. «Il faut briser le contexte actuel de monopole.»

«Nous voulons savoir pourquoi les deux transporteurs sont très peu présents au Québec ? Pour ne pas dire absents. Pourquoi, ailleurs au Canada, des petites communautés de la taille de Rouyn-Noranda, de Sept-Îles ou de Gaspé sont très bien servies par Porter et WestJet qui, malgré tout, parviennent à maintenir la rentabilité de leurs opérations ?», a ajouté le président de l’UMQ.

Et pourquoi, selon eux, les billets d’avion sont deux fois moins chers en Ontario et dans l’Ouest du pays ?

Évidemment, la délégation québécoise s’attend à se faire parler d’un volume de voyageurs insuffisant dans la Belle Province ou encore des frais élevés imposés par les aéroports régionaux aux transporteurs.

«Se faire dire qu’il n’y a pas assez de Québécois qui prennent l’avion, c’est une vieille rengaine», a rappelé le maire de Gaspé en racontant qu’Air Canada avait récemment chambardé sa grille tarifaire et baissé légèrement le prix de ses billets pour un vol en direction de Gaspé.

«Même si le rabais n’était pas à tout casser, nous avons constaté une augmentation de 8 % à 10 % de l’achalandage à notre aéroport. Ça démontre que si le prix du billet est abordable, les Québécois vont prendre l’avion pour se déplacer sur le territoire.»

«Des touristes, nous en recevons», a insisté, pour sa part, Éric Larouche. «Et de plus en plus à part ça. Entre les mois de janvier et d’octobre 2017, le nombre de touristes a augmenté de 6,5 % au Québec. Personne au Canada n’a fait mieux que nous en 2017.»

À Toronto et à Calgary, les élus et les représentants de l’industrie touristique seront aussi en mode écoute.

«Nous allons leur tendre la main et leur demander ce qu’ils attendent de nous», a souligné Alexandre Cusson. «Que devons-nous faire pour les attirer au Québec ? Faudrait-il, comme dans certaines provinces, cesser d’appliquer la taxe de vente provinciale sur les billets d’avion ?»

Dans le cadre du Sommet sur le transport aérien régional, la délégation québécoise présentera évidemment un compte-rendu de ses rencontres avec les dirigeants de Porter et de WestJet.

En ce qui a trait à cet événement, l’UMQ ne s’attend pas à des «miracles», mais plutôt à la présentation de mesures concrètes pour améliorer l’accès aux services aériens pour l’ensemble des régions du Québec.