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Olivier Laquinte, président de la firme de conseil en gestion de projet TALSOM
Olivier Laquinte, président de la firme de conseil en gestion de projet TALSOM

Transformation numérique pendant la pandémie: opportunité manquée pour les entreprises québécoises

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Même si la pandémie a accéléré leur transformation numérique, les entreprises québécoises n’ont pas profité de la dernière année pour prendre de l’avance à ce chapitre. Quarante-trois pour cent ont dit qu’elles pensaient l’avoir fait alors que 45,1 % croyaient le faire avant le début de la crise. C’est ce que révèle un sondage Léger commandé par TALSOM et réalisé auprès de 302 gestionnaires d’entreprises du Québec, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique. 

«C’est un des résultats du sondage qui nous a surpris», a expliqué Olivier Laquinte, président de la firme de conseil en gestion de projet TALSOM, lors d’une entrevue téléphonique. «Il semble, et c’est plus une opinion personnelle, qu’avec l’obligation de s’ouvrir au télétravail, les dirigeants d’entreprises québécoises sont allés au plus urgent, soit comment on travaille. Mais il y a un autre bout qui aurait dû fait.»


« L’entrepreneur aurait dû demander comment il aurait pu profiter des possibilités de la technologie qu’il avait développée avec des employés pour l’appliquer à d’autres domaines de son entreprise et même à son modèle d’affaires global. »
Olivier Laquinte, président de la firme de conseil en gestion de projet TALSOM

M. Laquinte a indiqué les entreprises québécoises avaient eu une belle opportunité de prendre de l’avance dans leur transformation numérique, mais que plusieurs étaient passées à côté contrairement à leurs consoeurs qui pensaient l’avoir fait à 45 % en Ontario (33 % avant la pandémie) et à 44 % en Colombie-Britannique (30 % avant la pandémie).

En creusant afin de comprendre la différence entre les statistiques recueillies au Québec et celles colligées dans les deux autres provinces, les gens de chez TALSON ont d’abord constaté qu’au niveau des freins à l’adoption de la transformation numériques, trois étaient partagés par les provinces sondées, soit le manque de compétence interne ou de motivation, l’alignement avec le modèle d’affaires et la difficulté à établir des indicateurs clés de performances (KPI). Ils ont cependant noté que le manque de ressources financières était un plus grand frein à la transformation numérique au Québec qu’à l’extérieur.

«Mais si on regarde globalement la situation, les gouvernements ont commencé à prendre des orientations qui leur permettront de soutenir la transformation numérique des entreprises pour qu’elle puisse y être accélérée.»

L’importance de l’innovation

Les entreprises du Québec, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique ont plus que jamais pris conscience de l’importance d’accélérer leur transition numérique afin d’éviter de se mettre à risque et qu’un grand potentiel d’amélioration demeurait dans l’adoption et le déploiement des technologies numériques à l’ensemble des fonctions-clés des entreprises. Quatre-vingt-quatorze pour cent des dirigeants sondés ont dit considérer leur transformation numérique comme importante et 66 % comme importante et urgente. 

«C’est le fun! Il y a un réel déclic qui a été fait. Maintenant, allons à l’autre niveau en ce qui concerne le modèle.»


« Assurons-nous de bien supporter les entreprises leur transformation numérique et dans la nécessaire réflexion qu’il fait faire avant de se lancer dans un tel projet. Il faut profiter de l’opportunité de réaliser cette réflexion. La transformation numérique ce n’est pas une fin en soi, c’est un moyen. »
Olivier Laquinte

Le sondage Léger a aussi révélé que même si 79 % des entrepreneurs ont dit croire que la nécessité d’accélérer leur transition numérique pourrait éviter qu’ils se mettent leur entreprise en danger, 28 % ont estimé que cette transition n’était pas urgente. Finalement, une entreprise québécoise sur 10 a indiqué que la transformation n’était ni urgente et ni importante.

Au total, 59 % des entreprises sondées ont dit qu’elles détenaient un plan d’investissement de même qu’une planification de la transformation numérique. Vingt-six pour cent ont cependant indiqué qu’elles ne possédaient qu’un des deux plans et 15 %, dont 6 % des entreprises québécoises, n’en avaient pas.

Finalement, les entreprises sondées ont reconnu qu’elles pourraient capitaliser davantage sur le numérique dans des départements clés comme la production (44 %), les communications et le marketing (42 %), les opérations (40 %) et la commercialisation (36 %).

«C’est un constat que nous faisons chez TALSOM : les entreprises que nous accompagnons et qui se sont dotées à la fois d’un plan de transformation numérique et d’un plan d’investissement sont clairement en avance sur leurs compétiteurs dans leur économie numérique et réalisent d’importants gains de compétitivité», a mentionné Stéphane Ricoul, directeur marketing & partenariats par voie de communiqué.