Un consortium mené par le Québécois Lawrence Stroll injecte 316 millions $ dans Aston Martin.

Transaction de 316 millions $: Stroll s’installe chez Aston Martin

Le milliardaire québécois Lawrence Stroll prendra le volant du constructeur de véhicules de luxe britannique en difficulté Aston Martin dans le cadre d’un investissement d’un consortium qu’il mène — une transaction qui aura des répercussions jusque dans le monde de la Formule 1.

Dévoilé vendredi, l’accord prévoit que le groupe mené par M. Stroll, qui compte parmi ses rangs André Desmarais, le président et cochef de la direction du conglomérat Power Corporation du Canada, injectera quelque 316 millions $CAN pour acquérir une participation de 16,7 % — qui pourrait grimper jusqu’à 20 % — de l’emblématique entreprise qui a vu le jour en 1913.

Cela fait partie de la stratégie de la société, connue notamment pour ses voitures que l’on peut apercevoir dans les films de l’agent secret James Bond, visant à mobiliser environ 855 millions $CAN.

M. Stroll deviendra également le président exécutif du conseil d’administration du constructeur automobile établi à Gaydon, au Royaume-Uni, lorsque la transaction avec son consortium Yew Tree Overseas Limited sera conclue.

Il n’avait pas été possible, vendredi, de parler avec M. Stroll. «Je suis convaincu que ce capital, combiné à mon expérience dans l’industrie mondiale de l’automobile et de l’établissement de marques mondiales performantes, nous permettra de réaliser le potentiel d’Aston Martin au fil du temps», a souligné l’homme d’affaires de 60 ans dans un communiqué.

Avec son investissement, Yew Tree Overseas Limited devrait devenir le deuxième actionnaire en importance du constructeur automobile, derrière Investindustrial Advisors et sa participation de 32,8 %, d’après la firme de données financières Refinitiv.

En ce qui a trait au volet sportif, l’écurie canadienne de Formule 1 Racing Point, acquise par le groupe de M. Stroll à l’été 2018 alors qu’elle s’appelait Force India, adoptera le nom Aston Martin à compter de la saison de 2021. Son fils Lance est l’un des pilotes titulaires de l’écurie, aux côtés du Mexicain Sergio Perez. M. Desmarais figure également parmi ses actionnaires.

Selon le magazine américain Forbes, la fortune de M. Stroll est évaluée à 2,6 milliards $US. Celui-ci a bâti sa fortune grâce à ses investissements dans des marques comme Pierre Cardin, Ralph Lauren et Tommy Hilfiger. Grand amateur de voitures, M. Stroll est propriétaire du circuit de Mont-Tremblant et collectionne des bolides Ferrari.

Du travail à faire

De son côté, Aston Martin a connu de meilleurs jours.

«La dernière année a été très décevante et difficile pour la compagnie, a expliqué le président et chef de la direction d’Aston Martin, Andy Palmer. Malgré nos efforts, les conditions difficiles et les mauvais résultats ont mis de la pression sur les liquidités, ce qui affecte notre capacité à respecter notre plan initial.»

Aston Martin, dont l’arrivée à la Bourse de Londres remonte à la fin de 2018, tente de retrouver un élan après avoir affiché une performance décevante, notamment au chapitre des ventes.

Le 7 janvier, le groupe avait lancé un avertissement sur ses résultats, citant notamment la performance décevante des ventes et des coûts plus élevés qui ont grugé les marges. Les livraisons aux concessionnaires étaient également en baisse de 7 %, à 5809 unités.

Même s’il a fait fortune dans le milieu de la mode où il a redressé des marques de prêt-à-porter, l’arrivée de M. Stroll au sein de l’équipe d’administrateurs d’un constructeur automobile est logique, d’après le professeur Karl Moore, du département de gestion de l’Université McGill.

«Il connaît bien le marché du luxe et comprend le marché dans lequel évolue Aston Martin, a souligné M. Moore au cours d’un entretien téléphonique. C’est une marque de luxe, de voitures performantes. Les contacts de M. Stroll dans le monde de la Formule 1 risquent d’aider également.»

Sur le parquet londonien, l’arrivée de M. Stroll chez le constructeur automobile a été accueillie favorablement par les investisseurs, puisque son action a pris près de 24 % pour se négocier à 498,8 pence.