Si une solution de Bombardier Transport était retenue dans son ensemble ou en partie pour le projet de la capitale, ce sont toutes les installations du groupe à travers la province qui pourraient en bénéficier. À La Pocatière, les 600 travailleurs ont actuellement du boulot pour 18 mois. Ils travaillent notamment sur la construction des nouvelles voitures Azur destinées au métro de Montréal.

Tramway: l’opération charme de Bombardier bat son plein à Québec

Lorsqu’on courtise un nouveau partenaire, il faut faire valoir ses attributs, et ce, même en affaires. C’est ce qu’a fait Bombardier Transport, mercredi, en démarrant son opération charme auprès de Québec afin d’être en lice pour la construction du tramway. Un chantier qui pourrait apporter du boulot aux travailleurs de l’usine de La Pocatière.

Dans le cadre d’un événement organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, le chef de l’exploitation de Bombardier Transport pour la région des Amériques, David Van der Wee, a présenté les produits de son organisation et leurs impacts sur l’environnement. Tramway, métro léger et métro.

Contenu local

Il a aussi fait l’éloge de la mobilité durable et a tenu à rappeler l’importance d’intégrer dans les contrats canadiens un seuil minimal de contenu local.

Par exemple, chez nos voisins du sud, en raison du Buy America, le coût des composants fabriqués aux États-Unis doit être actuellement supérieur à 65 %.

En Chine, c’est entre 70 % et 90 %, de l’équipement ferroviaire qui doit être fabriqué localement. Au Japon, le marché est fermé.  

«Heureusement, le gouvernement du Québec s’est engagé à respecter une condition de 25 % en plus de l’assemblage final dans les prochains grands projets de mobilité», a noté M. Van der Wee.

Un élément, et il ne le cache pas, qui sera important pour Bombardier Transport dans le cadre du projet de réseau de transport collectif structurant de 2,9 milliards $ de la Ville de Québec. 

Rappelons que la société a récemment échappé un contrat de 1 milliard $ lorsque VIA Rail a préféré la multinationale allemande Siemens pour le renouvellement de son parc du corridor Québec-Windsor. Le président-directeur général de Bombardier, Alain Bellemare, s’était même déplacé à son usine de La Pocatière pour rassurer les travailleurs.

Aujourd’hui, si une solution de Bombardier Transport était retenue dans son ensemble ou en partie pour le projet de la capitale, ce sont toutes les installations du groupe à travers la province qui pourraient en bénéficier.

«On veut offrir la solution la plus compétitive pour les gens», répond M. Van der Wee, précisant qu’il n’a eu aucun échange encore avec des responsables de la Ville de Québec. «Je sais que les gens de mon usine de La Pocatière sont très performants et ils pourraient très bien faire partie de cette solution. Cela va rejoindre l’importance d’avoir 25 % de contenu local. Nous avons 1600 employés au Québec. Ce contrat pourrait avoir d’importantes retombées», poursuit-il.

Au Québec, Bombardier Transport possède des installations à La Pocatière ainsi qu’à Saint-Bruno.

À La Pocatière, les 600 travailleurs ont actuellement du boulot pour 18 mois. Ils travaillent notamment sur la construction des nouvelles voitures Azur destinées au métro de Montréal. La direction ne prévoit pas à court terme de mises à pied. Elle estime que son usine pourrait venir soutenir d’autres chantiers du groupe, comme le contrat de 669 millions $US récemment signé pour la fourniture de 113 voitures de train de banlieue à la New Jersey Transit Corporation.

Cet automne, la maison mère de l’entreprise avait annoncé qu’elle souhaitait couper 5000 postes dans le monde d’ici la fin 2019, dont la moitié au Québec.

Le chef de l’exploitation de Bombardier Transport pour la région des Amériques, David Van der Wee, a présenté les produits de son organisation et leurs impacts sur l’environnement devant la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

Mobilité durable

Bombardier Transport chiffre à 40 milliards $ la valeur des projets qui seront octroyés au cours des cinq prochaines années en Amérique du Nord. 

«Un déplacement en rail, qu’il consomme de l’électricité ou du diesel, a dix fois moins d’impact sur l’environnement en terme de gaz à effet de serre qu’un déplacement en voiture», fait valoir M. Van der Wee. «Selon l’American Public Transportation Association, chaque dollar investi en mobilité génère 4 $ en retour», poursuit-il, faisant allusion au prix des maisons qui peut grimper jusqu’à 42 %, au prix des chambres d’hôtel (+ 11 %) et à l’impact sur les ventes des commerçants. 

Bombardier Transport mentionne être aujourd’hui en mesure d’offrir des produits qui peuvent être contrôlés à distance, comme c’est le cas pour le métro de Vancouver. 

Mais comment choisir le bon moyen de transport pour Québec?

«Une ligne de métro a une capacité de transport de passagers supérieure à huit voies d’autoroute. Et l’impact est plus faible en terme de gaz à effet de serre», dit M. Van der Wee. «C’est un produit très efficace, mais son coût en capital est beaucoup plus élevé que les autres solutions.»

Pour le tramway, au cours des 15 dernières années, le nombre de projets a grimpé de 50 %, par rapport aux 15 années précédentes.

«Il s’agit d’une solution très populaire. Il faut dire que les coûts sont moins élevés et que l’accessibilité est plus grande. Le plancher plus bas rend plus facile l’accès aux personnes âgées et à mobilité réduite», affirme le patron.

Quant au métro léger, Bombardier Transport souligne qu’il s’agit d’une solution à mi-chemin entre le tramway et le métro. Son coût est, entre autres, plus élevé qu’un tramway, mais moins qu’un métro et il s’agit d’un outil principalement automatisé.

M. Van der Wee n’a pas voulu dire quelle solution serait la plus efficace pour la Ville de Québec. Il estime qu’il doit avant tout connaître les exigences de la municipalité avant de statuer.

«Au final, le coût d’achat du matériel roulant ne représentera que 25 % du coût total», conclut-il.

D’autres grands joueurs pourraient être intéressés par le projet de Québec, comme le géant français Alstom.

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LE TRAMWAY EN RÉALITÉ VIRTUELLE

Afin de charmer les résidants de Québec, Bombardier Transport offrira dès jeudi à un kiosque du centre commercial de Laurier Québec une expérience de réalité virtuelle à bord d’un tramway. Les consommateurs pourront voyager à bord du tramway de Viennes. «Cela va permettre aux personnes de mieux comprendre nos produits et nos façons de faire», indique le chef de l’exploitation de Bombardier Transport pour la région des Amériques, David Van der Wee. Le kiosque sera présent jusqu’au 27 février. 

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TROIS OPTIONS SUR LA TABLE

Métro

  • 10 fois moins d’émissions de CO2 par passager/km que les voitures
  • Peut transporter 100 000 passagers par heure/par direction
  • Principalement en tunnel; peut aussi être au niveau du sol ou en hauteur
  • Le coût en capital est beaucoup plus élevé
  • Plus de 40 projets de métro Bombardier livrés dans le monde
  • Principaux projets au Canada: Toronto (TTC) et Montréal (STM)

Véhicule léger sur rail ou tramway

  • À la fine pointe de la technologie, notamment avec son système d’aide à la détection d’obstacles
  • Véhicule adapté aux rudes conditions hivernales. Les voitures peuvent pousser jusqu’à 30 centimètres de neige
  • Les véhicules peuvent être exposés à des températures variant de - 30 à + 35 degrés Celsius en continu sans dommage
  • Facile d’accès pour les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite et les poussettes
  • Les LRV Bombardier sont utilisés dans plus de 80 villes dans le monde, dont Toronto et bientôt Edmonton

Métro léger

  • Principalement en hauteur, peut être au niveau du sol ou en tunnel
  • Le coût en capital est beaucoup plus bas que le métro lourd
  • Surtout automatisé
  • Le temps de déplacement est faible
  • Plus flexible
  • Capacité typique du véhicule à 6 passagers/m2: 180 par voiture
  • Principal projet au Canada: Vancouver (Skytrain)

Source: Bombardier Transport