Très peu de rappels auraient été faits par l’entreprise avant le 17 mars 2016, quand Kia a émis un avis concernant 10 459 véhicules Kia Sorrento en raison des risques d’éclatement des toits ouvrants panoramiques.

Toits ouvrants défectueux: une Lévisienne contre Kia

Une résidente de Lévis a déposé lundi en Cour supérieure une demande pour obtenir l’autorisation d’intenter un recours collectif contre la société coréenne Kia Motors Corporation et ses filiales canadienne et nord-américaine pour des toits ouvrants panoramiques défectueux installés sur plusieurs modèles de voitures de 2011 à 2019.

Dans sa demande présentée par son avocat, Me Karim Diallo, Marina Roy dit souhaiter exercer un recours collectif au nom de toute personne ayant acheté ou loué une Kia Sorento, Kia Optima ou Kia Sportage de 2011 à 2019 ou une Kia Soul ou une Kia Cadenza de 2014 à 2019 dotée d’un toit ouvrant panoramique commercialisé ou vendu par Kia. Ces toits ouvrants présenteraient des défectuosités qui entraîneraient leur éclatement en raison notamment d’un défaut de conception, de fabrication et d’installation.

Fragiles

Plus longs et plus larges que les toits ouvrants traditionnels, les toits ouvrants panoramiques couvrent la presque totalité de la toiture du véhicule et sont vendus comme une option de luxe, ce qui fait augmenter significativement le prix d’achat de la voiture. Ceux visés par le recours sont faits de verre trempé qui deviendrait, après un procédé spécial incluant l’application d’une couche de peinture de céramique, théoriquement plus résistant que le verre non trempé. Ce procédé affaiblirait cependant de façon importante l’intégrité structurelle et la résistance du verre utilisé. 

Ainsi, les variations des taux d’expansion thermale entre la peinture de céramique et le verre ainsi que les différentes interactions chimiques entre leurs composés entraîneraient une surcharge et une faiblesse au niveau du verre qui aurait tendance à se briser plus facilement, rendant ces toits ouvrants beaucoup plus fragiles.

Marina Roy avait acheté sa Kia Sportage 2.4L EX chez Kia Cap-Santé en mai 2016 et a vite constaté plusieurs problèmes liés au toit ouvrant panoramique de son véhicule. Elle a ensuite été avisée d’une problématique liée à l’explosion subite des toits ouvrants panoramiques installés sur son modèle de voiture et elle dit circuler depuis ce temps dans la crainte que son toit se brise et entraîne des dommages importants ou même des blessures.

Problème connu

Mme Roy accuse aussi Kia d’avoir fait de fausses représentations en présentant ses véhicules comme étant d’une qualité exceptionnelle rencontrant les plus hauts standards de qualité et d’avoir omis de divulguer à ses clients et au public qu’ils connaissaient l’existence du vice affectant les véhicules.

Selon les informations contenues dans la demande de recours collectif, le fabricant automobile connaissait en effet depuis plusieurs années les problèmes liés aux toits ouvrants panoramiques. Les problèmes de bris ont commencé à être rapportés en 2012 et en 2013, l’Administration nationale de la sécurité et de la circulation autoroutière des États-Unis a lancé une première enquête sur les Kia Sorento de 2011 à 2013, puis une seconde en 2014. En 2012, c’est l’Institut de recherche et d’évaluation automobile de Corée qui lançait à son tour une enquête sur la problématique des toits ouvrants panoramiques.

Malgré tout, très peu de rappels auraient été faits par l’entreprise avant le 17 mars 2016, quand Kia a émis un avis concernant 10 459 véhicules Kia Sorrento en raison des risques d’éclatement des toits ouvrants panoramiques. Les véhicules munis de toits ouvrants panoramiques ont toutefois continué d’être vendus et ce sont des milliers de Québécois qui auraient ainsi acheté un véhicule Kia des modèles visés dotés d’un tel équipement. La demande de recours collectif vise à obtenir des dommages compensatoires et des dommages punitifs ou exemplaires temporairement évalués à la somme d’un million $.