Le patron et fondateur de transport A. Beaumont, André Beaumont

TFI International met le grappin sur Transport A. Beaumont

La compagnie de transport A. Beaumont change de main. L’entreprise de Saint-Augustin-de-Desmaures est vendue pour «plusieurs dizaines de millions de dollars» à la société montréalaise TFI International.

La transaction, qui comprend également la division Centre du Routier St-Augustin, a été officialisée entre les deux parties lundi dernier. Les employés ont appris la nouvelle mardi.

Joint par Le Soleil, le patron et fondateur de transport A. Beaumont, André Beaumont, a indiqué qu’il a choisi de vendre sa compagnie pour assurer sa pérennité ainsi que l’avenir de ses 175 travailleurs.

Aucune mise à pied ne devrait être effectuée par les nouveaux patrons. L’équipe de direction demeure en poste et le siège social devrait rester à Québec.

L’an dernier, le chiffre d’affaires de A. Beaumont Transport oscillait entre 25 et 30 millions $. La compagnie, qui détient environ 85 camions, dessert notamment l’Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador ainsi que tous les états du pays de Donald Trump.

Elle réalise, entre autres, le transport de matières dangereuses, d’aliments, d’asphalte liquide et de produits pétroliers.

Le scénario de la relève

Avant de conclure la transaction avec TFI International, aussi connue sous le nom TransForce, M. Beaumont indique avoir analysé différents scénarios, dont celui de passer le flambeau à une relève locale.

«La relève était présente, mais il a très peu d’aides financières. [...] Nous avons regardé avec la Banque de développement du Canada, mais il n’a pas de plan. Ils aiment mieux faire des affaires avec des multinationales», déplore-t-il.

«Les taux d’intérêt sont très élevés et j’aurais été contraint de financer la moitié du projet. Je vois les gouvernements donner des subventions à des compagnies comme Bombardier et nous, pour la relève, ils n’aident pas personne. Là, j’aurais été forcé d’être au bâton pour encore plusieurs années. J’aurais peut-être vu mon argent à 70 ou 90 ans. Je ne sais pas», poursuit l’homme d’affaires de 58 ans.

Ce dernier précise que la conjoncture économique ainsi que l’augmentation de ses taux d’assurances au cours des dernières années ont aussi influencé sa décision.

Il conserve toutefois son entreprise Transport DLB, qui réalise du transport de ciment.

Le fait que TFI International soit une compagnie à la bourse a également pesé dans la balance.

«Cette entreprise ne devrait pas fermer demain matin. Cela sécurise mes employés», dit-il, précisant que cet accord permettra de poursuivre sa croissance. «Je deviens plus performant. Je diminue certains de mes coûts, comme pour les pneus et l’essence. [...] Aujourd’hui, nous n’avons pas le choix de nous associer avec des géants pour avoir des économies d’échelle. Et cela va permettre à mon entreprise de continuer à prendre de l’expansion», ajoute celui qui avait fondé A. Beaumont Transport en 1987.

Quant à TFI International, la société est un chef de file nord-américain dans le secteur du transport. Elle est présente aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

Dans son troisième rapport financier de 2018, on peut lire que depuis le début de l’année les revenus de l’entreprise se sont établis à 3,80 milliards $ par rapport à 3,64 milliards $ pour la même période en 2017.

Sur le parquet torontois, l’action de TFI International (TFII) valait 42,33 $, mercredi.