L’an dernier, l’indice boursier régional (IBR) Québec-Chaudière-Appalaches, en a pris pour son rhume. Il s’agit de sa pire performance depuis 2008, a constaté Le Soleil, alors qu’il avait chuté de 44,32 %. L’indice S&P/TSX composite a lui aussi connu un rendement négatif.

Temps dur pour l'indice boursier régional

Au crayon rouge. C’est la couleur qui a été utilisée par plusieurs entreprises de Québec-Chaudière-Appalaches inscrites à la Bourse de Toronto lorsqu’elles ont réalisé le bilan de leurs actions en 2018.

L’an dernier, l’indice boursier régional (IBR) Québec-Chaudière-Appalaches en a pris pour son rhume. Il s’agit de sa pire performance depuis 2008, a constaté Le Soleil, alors qu’il avait chuté de 44,32 %.

L’IBR a entamé 2018 à 3498,43 points pour terminer l’année à 2384,61, soit un rendement négatif de 31,84 %. De quoi donner des cauchemars aux investisseurs. À titre de comparaison, en 2017, sa performance avait été de 10,53 %.

«Ce n’est pas très beau comme résultats. En même temps, lorsqu’on regarde pour le reste du Canada, ce n’est pas beaucoup mieux», indique le gestionnaire de l’IBR, Frédérick Tremblay. 

En effet, l’indice phare du parquet torontois - le S&P/TSX composite - a réalisé un rendement négatif entre janvier et décembre de 11,64 %.

Les grands perdants de la région de la dernière cuvée sont les sociétés TSO3 (- 85,44 %), Nemaska Lithium (- 71,06 %) Cuda Oil And Gas (- 69,19 %), Mazarin (- 56,67 %) et Puma Exploration (- 52,94 %).

Pour Nemaska Lithium, rappelons que l’entreprise de produits chimiques a complété l’an dernier un imposant financement de 1,1 milliard $ pour son projet de construction et de mise en service de la mine de minerai de lithium Whabouchi, située à 300 kilomètres au nord de Chibougamau sur le territoire Eeyou-Istchee Baie-James. 

L’argent doit également servir pour la construction d’une usine électrochimique à Shawinigan. 

La semaine dernière, l’action de Nemaska Lithium a de nouveau plongé alors que la direction a annoncé des dépenses supplémentaires de 375 millions $.  

Sigma Industries vendue

Seulement 2 des 19 compagnies sous la loupe de l’IBR qui évalue depuis le début des années 2000 les performances des plus importantes sociétés ayant pignon sur rue dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches ont connu une performance positive. 

Il s’agit de KDA Group (25 %) qui trône au sommet et de Sigma Industries (16 %).

Pour cette dernière, les derniers mois ont été très mouvementés. Au printemps, la direction réalisait l’acquisition d’une usine à Surgoinsville, au Tennessee. La facture avait été de 3,2 millions $CAN.

La société manufacturière, spécialisée dans la fabrication de produits en composite, avait ainsi renoué avec une présence physique au sud de la frontière canadienne. En 2013, elle avait fermé ses installations en Ohio, faute de main-d’œuvre. 

L’année s’est toutefois conclue avec une vente. Le 28 septembre, la société canadienne NanoXplore avalait sans trop faire de bruit dans les médias la compagnie beauceronne et ses quelque 275 travailleurs. 

NanoXplore est un manufacturier et un fournisseur de poudre de graphène à haut volume pour usage dans les marchés industriels, ainsi qu’un fabricant de produits en composites et de plastiques renforcés en graphène standards et personnalisés. 

Mais revenons à nos moutons. Trois compagnies — iA Groupe financier, EXFO et Cominar — comptaient en 2018 pour pas moins de 90 % du poids de l’IBR. Ils ont tous connu une année difficile.

Entre janvier et décembre, iA Groupe financier a vu son action glissée de 59,82 $ à 43,57 $ (- 27,16 %). Même tendance chez Cominar, alors sa valeur est passée de 14,4 $ à 11,2 $ (- 22,22 %), un an plus tard. Chez EXFO, l’action a chuté de 5,5 $ à 3,92 $ (- 28,73 %).

«La volatilité sur les marchés jumelée avec la baisse des taux d’intérêt au dernier trimestre a mis de la pression sur le bilan des assureurs», explique M. Tremblay.

Quant au fabricant de produits de plastique IPL, qui a réalisé un retour à la bourse en 2018, l’action n’est pas comptabilisée dans l’IBR, car le siège social de la compagnie est aujourd’hui du côté de Montréal. 

IPL Plastics a durant plusieurs années fait vaciller l’indice alors sa maison mère était dans la région.

Pour se rafraîchir la mémoire, en 2015, l’entreprise avait été vendue pour 280 millions $ à la multinationale irlandaise One51, à la Caisse de dépôt et placement du Québec et au Fonds de solidarité FTQ. One51 a depuis vendu ses parts. 

Depuis juin, l’action (IPLP) est passée de 13,30 $ à 11,10 $ (lundi).

Comme autre joueur qui a récemment fait son entrée sur le parquet torontois, plus précisément au mois de février, il y a Les Champs d’Or en Beauce (Beauce Gold Fields). Comme IPL, son siège social est toutefois à l’autre bout de l’autoroute 20.

L’action (TSX : BGF) de l’entreprise qui détient des droits miniers près de la municipalité de Saint-Simon-les-Mines, située entre Beauceville et Saint-Georges, a bondi de 13 cents à 15,5 cents depuis son lancement.