Des clients se plaignent d'avoir attendu leur commande faite chez Mpompon pendant plusieurs mois.

Tempête de plaintes contre Mpompon

Des consommateurs sont furieux contre la compagnie québécoise Mpompon. Plusieurs clients affirment n’avoir jamais reçu leur commande. Depuis deux ans, 138 plaintes ont été déposées à l’Office de la protection du consommateur (OPC) contre cette compagnie.

Selon des données fournies au Soleil par l’OPC, 115 des 138 plaintes touchent le volet «livraison, non-conformité d’un bien ou d’un service ou qualité du service à la clientèle». Il a également une poignée de plaintes (6) pour «pratique trompeuse ou déloyale». 

Il faut dire que Mpompon réalise la grande majorité de ses ventes en ligne. Et ce n’est pas la première fois que l’OPC doit taper sur les doigts de la direction.

En mars 2017, un avis d’infraction avait été transmis à l’entreprise «au sujet des dispositions sur le contrat conclu à distance et des représentations fausses ou trompeuses» de la compagnie. Un avis de rappel a aussi été envoyé en novembre de la même année, précise dans un courriel l’OPC.

Au cours des derniers jours, devant la difficulté à communiquer avec la direction de l’entreprise montréalaise, deux jeunes femmes du Québec ont décidé de créer le groupe Facebook «Recours contre Mpompon» pour que les clients de l’enseigne puissent partager leur expérience d’achat en ligne. 

Mardi, plus de 500 personnes étaient inscrites sur la page Web, selon les administrateurs. Précisons qu’il ne s’agit pas seulement de clients mécontents.

Plusieurs dizaines de consommateurs y déplorent des délais de livraison non respectés. Certains auraient patienté plusieurs mois avant de recevoir leurs marchandises, et ce, même si le paiement avait été accepté par la direction. D’autres attendent toujours.

Des clients racontent aussi avoir reçu des commandes non conformes. Certains notent également le manque de service après-vente. La provenance des produits est aussi remise en doute.

«Les gens se font tous raconter les mêmes mensonges, on nous dit que notre commande sera envoyée d’ici la fin de la semaine, mais cela est faux. Il faut menacer les propriétaires de faire des plaintes à l’OPC pour recevoir nos commandes», affirme dans un courriel Joanie Giguère, l’une des responsables de la page Facebook. «La commande qui normalement devrait être prête dans les 3 à 15 jours ouvrables et expédiée par la suite ne l’est pas. La compagnie envoie à ses clients des numéros de suivi invalides pour les rassurer, mais rien ne se passe», poursuit-elle.

Mardi, il était toujours possible d’acheter des produits sur le site en ligne de la compagnie. L’OPC suggère aux consommateurs de porter plainte si un achat par Internet n’est pas livré. 

«On lui indiquera comment annuler l’achat. Dans l’éventualité où le commerçant ne rembourse pas le client dans le délai prévu par la loi, le consommateur peut alors demander par écrit à l’émetteur de sa carte de crédit de le rembourser par rétrofacturation», explique le porte-parole, Charles Tanguay. «On peut donc aussi voir que l’utilisation de la carte de crédit pour les achats par Internet est une bonne façon de se protéger contre l’éventualité d’une commande non-livrée, notamment», poursuit-il. 

Autres plaintes

L’organisation mentionne dans un courriel que la copropriétaire de Mpompon, Émilie Legendre, a également reçu trois autres plaintes depuis deux ans au nom d’une entreprise enregistrée sous le nom Fourrure Mpompon.

Le détaillant, qui se spécialise dans la fabrication d’accessoires avec fourrure, s’est fait connaître au cours des dernières années, entre autres, grâce à ses tuques avec des pompons interchangeables. 

La direction n’a pas voulu accorder d’entrevue au Soleil. «Nous sommes en contact avec l’OPC présentement pour régler les situations. Aucun commentaire ne sera divulgué avant la fermeture des dossiers», a-t-elle commenté par Facebook.

En 2016, dans une entrevue avec le Journal de Québec, Mpompon, qui faisait déjà face à trois plaintes, affirmait que la situation des délais devait se régler d’ici janvier 2017. L’entreprise prévoyait embaucher davantage de paires de bras.