Telus Agriculture se donne comme mission d’intégrer les technologies connectées pour optimiser la chaîne alimentaire, de la graine à la fourchette.
Telus Agriculture se donne comme mission d’intégrer les technologies connectées pour optimiser la chaîne alimentaire, de la graine à la fourchette.

Telus veut devenir un joueur important de l’agriculture du futur

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
En lançant Telus Agriculture, l’entreprise canadienne de télécommunications se donne comme mission d’intégrer les technologies connectées pour optimiser la chaîne alimentaire, de la graine à la fourchette. Le résultat souhaité: améliorer les rendements et diminuer les pertes pour une meilleure rentabilité des entreprises du secteur agroalimentaire.

Soucieux de la pression qui est exercée sur les entreprises qui doivent répondre à une demande alimentaire mondiale toujours croissante, Telus a acquis, au cours des 18 derniers mois, sept entreprises du domaine agroalimentaire, dont AFS Technologies, un chef de file spécialisé dans la vente et la distribution destinées au marché des biens de consommation, ainsi qu’Agrian, une plateforme de gestion de la précision en agronomie. 

6 000 clients dans 50 pays

La nouvelle division de l’entreprise de Vancouver offre des services de données évoluées et d’intelligence artificielle visant la transformation numérique du système alimentaire, de la ferme à l’épicerie. Avec ses 1 200 experts, Telus Agriculture soutient déjà l’exploitation de plus de 100 millions d’acres de terres pour 6 000 clients dans 50 pays.

«Le lancement de Telus Agriculture consiste à tirer parti de notre technologie de pointe et de la compassion humaine pour obtenir de meilleurs résultats dans les collectivités où nous vivons et où nous travaillons partout dans le monde, a soutenu le président et chef de la direction de Telus, Darren Entwistle, lors de la conférence de presse virtuelle tenue jeudi à l’occasion du lancement de Telus Agriculture. 

«Nous sommes fiers d’utiliser l’innovation humaine et les avancées technologiques pour trouver des réponses à un défi important pour notre planète: un accès durable, sécuritaire et connecté partout dans le monde pour des aliments nutritifs de qualité. Telus Agriculture créera des liens entre toutes les parties prenantes dans l’ensemble du système agricole en améliorant la qualité, l’efficience, la gestion des risques et l’intégrité du système alimentaire mondial.»


« Nous sommes fiers d’utiliser l’innovation humaine et les avancées technologiques pour trouver des réponses à un défi important pour notre planète: un accès durable, sécuritaire et connecté partout dans le monde pour des aliments nutritifs de qualité »
Darren Entwistle, président et chef de la direction de Telus

La division Telus Agriculture saura-t-elle être utile aux petites entreprises agroalimentaires des régions rurales du Québec? Le chef de la direction de Telus Agriculture estime que oui. Pour François Gratton, Telus Agriculture s’adapte à la dimension des entreprises desservies. À son avis, le défi reste le même: gérer des données en reliant les systèmes d’une nouvelle manière. «Nous connectons la chaîne de valeur et créons des solutions qui rendent le passage au numérique pratique et utile. Nous aidons ainsi nos clients à accroître leur productivité.»

Accueil mitigé dans le monde agricole

Le Soleil a tenté d’obtenir les réactions d’agriculteurs du Bas-Saint-Laurent, mais aucun d’entre eux n’était au courant de ces nouveaux services de Telus. Du côté de l’Union des producteurs agricoles, la directrice des affaires publiques estime que toute initiative qui permet d’optimiser les pratiques agricoles est louable. «Mais, il faut s’assurer d’abord que toutes les régions du Québec aient accès à Internet haute vitesse le plus rapidement possible pour ensuite être en mesure d’implanter de nouvelles pratiques technologiques et innovantes, nuance Magali Delomier. Quant au projet annoncé, il faut s’assurer que la technologie demeure au service des besoins du secteur agricole et des producteurs, tout en assurant la protection des données des entreprises agricoles.»

Selon François Gratton de Telus Agriculture, les services offerts par cette nouvelle unité d’affaires s’adaptent aux besoins des petites entreprises agroalimentaires.

Du côté de Biopterre, dont la mission est, par l’innovation, d’accroître la compétitivité des entreprises du domaine des bioressources pour contribuer au développement régional, la connectivité à Internet haute vitesse, qui n’est pas offerte ou qui est déficiente dans certaines zones rurales du Québec, ne représente pas un obstacle. «Souvent, ces systèmes-là sont automatisés et ce sont des algorithmes qui vont intégrer les données, explique le codirecteur innovation et transfert technologique culture intelligente, Maxime Bastien. Si les données doivent voyager sur un serveur qui est situé à 5 000 km, peut-être que ça peut poser problème. Mais souvent, ces systèmes-là sont autonomes dans l’entreprise. Donc, je ne vois pas ça comme le principal frein à ce stade-ci. Il y a différentes entreprises en région qui peuvent contribuer à cette sorte de mouvance de l’agriculture 4.0.»

M. Bastien accueille l’initiative de Telus avec beaucoup d’optimisme. Selon lui, l’industrie agricole a besoin d’une entité qui est prête à investir dans ces technologies. «Ça va nous permettre de faire du millage en recherche. Ça va nous apporter de l’eau au moulin. On voit d’un œil très positif l’arrivée de Telus Agriculture dans le portrait. Je pense que le timing est bon. C’est gagnant!»

Exemples concrets

Avec ces nouvelles technologies, Maxime Bastien imagine des drones qui survoleraient des champs, qui prendraient des photos et qui seraient capables de détecter des carences minérales en temps réel. Ces drones seraient connectés à la machinerie du producteur pour déterminer la dose de fertilisant à appliquer à un endroit particulier du champ pour corriger le problème de carences minérales. 

Le porte-parole de l’entreprise de La Pocatière croit aussi que Telus Agriculture pourrait être utile pour détecter les signes de maladies. «L’agriculteur ne va pas se promener dans son champ de 5 hectares tous les jours pour aller regarder s’il y a de nouveaux ravageurs. On peut donc utiliser ces outils-là pour détecter des choses qu’on ne voit pas.» L’expert croit d’ailleurs que les services offerts par Telus Agriculture seront fort prisés dans le domaine de la culture du cannabis. «C’est le cannabis qui va pousser ces innovations-là vers l’avant par la grande valeur de cette culture-là», croit M. Bastien.