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Josiane Demers et Janick Marois travaillent désormais tous les deux de la maison à temps plein.
Josiane Demers et Janick Marois travaillent désormais tous les deux de la maison à temps plein.

Avantageux, le télétravail

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
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Josiane Demers profitait déjà depuis quelques années de la formule télétravail à mi-temps lorsque son conjoint, Janick Marois, l’a rejointe à la maison, en mars 2020. Après plus de dix mois de boulot à domicile, le couple a trouvé son erre d’aller, tout en profitant d’une foule de petites économies qu’ils estiment, grosso modo, à environ 250 $ par semaine.

«Au jour 1, j’étais tellement contente que Janick vienne travailler à la maison que je lui ai fait une place dans mon bureau au rez-de-chaussée. Mais après un mois de lune de miel, je n’en pouvais plus!», rigole-t-elle.

C’est qu’une conseillère en prêt hypothécaire et un courtier en assurance de dommages, ça passe beaucoup de temps au téléphone. «Il fallait se coordonner pour ne pas faire nos appels en même temps. Travailler dans la même pièce, c’était impossible», renchérit Janick, qui a maintenant son propre espace aménagé au sous-sol.

Tout se fait désormais virtuellement dans l’un et l’autre de leur domaine, ce qui fait en sorte que la maison est devenue leur cocon exclusif. Avec les privations sociales qui viennent avec, mais avec aussi des avantages financiers. «Pour être bien en télétravail, il faut que ton bureau soit bien adapté et confortable. Une fois cela fait, on peut parler d’économies», précise Josiane.

Après quelques calculs, le couple en arrive à un bilan intéressant. Pour monsieur, la note d’essence s’élevait auparavant à 40 $ par semaine, tandis qu’il dépensait environ 75$ hebdomadairement pour dîner. De son côté, madame estime que son ancien rythme de télétravail à temps partiel lui coûtait 20 $ par jour en frais de déplacement. En ce qui a trait à l’alimentation (et au café), elle évalue qu’elle y consacrait 15 $ par jour.

Après quelques calculs, le couple formé de Josiane Demers et de Janick Marois en arrive à un bilan intéressant.

«On a aussi remisé une des deux voitures durant cinq mois, car elle ne nous servait plus», ajoute Janick à la liste des bénéfices.

Fervente de mode, Josiane Demers a par ailleurs mis un frein à ses dépenses vestimentaires, se contentant de piger dans sa garde-robe existante. «Dans la dernière année, je pense que me suis seulement acheté un maillot de bain!» lance-t-elle.

En revanche, Janick a dû s’ajuster au télétravail et faire le plein de chandails décontractés, en remplacement de ses chemises habillées.


« Les économies en télétravail surpassent amplement les dépenses »
Josiane Demers et Janick Marois

Au chapitre des économies, son épouse rappelle par ailleurs l’abandon de «sa petite habitude de manucure». «Ça me faisait un moment de détente entre deux rendez-vous au bureau. Ça correspondait à 35 $ aux deux ou trois semaines. Et si je m’offrais un pédicure, ça pouvait grimper à 60 $. Mais je ne le ferai plus ; ce n’est pas nécessaire.»

Les frais de gardiennage de 12 $ par jour ne font plus partie de l’équation non plus. La COVID a aussi fait en sorte que les deux enfants de la famille mangent maintenant des lunchs maison plutôt que les repas chauds offerts à la cafétéria de l’école. Une économie de plus.

Bref, lorsqu’ils font le compte, «les économies en télétravail surpassent amplement les dépenses».

Le duo avoue cependant que la pandémie a aussi eu pour effet de créer certains autres «besoins», comme l’aménagement complet de leur cour arrière et le rafraîchissement de leur décor! «Bon, au bout du compte, ça ne balance pas!», conclut Janick avec un sourire dans la voix.

Tout est relatif

Pour Daniel Fortin, comptable et professeur de comptabilité au Cégep de Granby, il y a effectivement de belles économies à faire en télétravail... pour certaines personnes.

«Tout est relatif. La distance entre la maison et le milieu de travail compte pour beaucoup. Pour ceux, par exemple, qui habitent dans la région, mais qui travaillent habituellement à Montréal, les économies de transport sont énormes si on compte l’essence, le stationnement en ville, le transport en commun...»

Et si les gens avaient l’habitude d’aller casser la croûte au restaurant, voilà encore plus d’argent dans leurs poches, fait-il remarquer.

M. Fortin rappelle qu’il ne faut pas généraliser. Plus la personne a un salaire élevé, plus son rythme de vie au travail était coûteux, plus grandes sont aujourd’hui ses épargnes. Et c’est sans compter les économies intangibles que le télétravail peut générer, comme celles de temps.

«Le temps, c’est de l’argent. Oui, ça se monnaie. Si je passe deux heures sur la route en temps normal pour aller travailler, ce sont des heures que je ne peux pas consacrer à autre chose. Même si ce temps économisé ne me rapporte pas d’argent, les heures passées en famille ou pour faire des loisirs sont aussi profitables.»

Des économies d’impôts

Aux petites économies quotidiennes s’ajouteront bientôt des économies d’impôts pour l’année 2020.

Les salariés qui ont dû s’installer à la maison en raison de la pandémie auront deux manières de calculer leurs dépenses de télétravail. Une méthode à taux fixe (pouvant atteindre 400 $ par personne) et une méthode détaillée des dépenses réelles.

Pour savoir laquelle est la plus avantageuse pour chacun, le gouvernement du Québec met à la disposition des employés un document sur son site Internet.

Le même exercice peut être réalisé au fédéral, ici.

Rappelons qu’il ne s’agit pas de crédits d’impôts, mais bien de déductions sur le revenu.