Lors d’une réunion d’équipe, il n’est pas rare, chez DPME, de voir un papa, avec un bébé dans les bras, participer aux échanges par visioconférence.

Télétravail pour tous

Dans la région de la Chaudière-Appalaches, Développement PME (DPME) aide les entreprises à implanter les meilleures pratiques d’affaires.

L’organisation sans but lucratif s’applique à mettre en pratique ce qu’elle prêche, notamment pour assurer le bien-être et le bonheur de ses 13 employés.

Depuis un peu plus de deux ans, DPME a adopté un régime de télétravail pour tout son personnel sans exception.

«Et ça marche !» assure le directeur général Daniel Voyer qui constate une amélioration de la productivité et une montée de l’indice de bonheur au travail.

«Les employés qui, au départ, étaient les plus réfractaires à la mesure en sont aujourd’hui les plus ardents défenseurs.»

Il n’y a pas si longtemps encore, DPME louait des bureaux à Lévis, à Sainte-Marie et à Saint-Georges.

Aujourd’hui, le pied-à-terre à Saint-Georges n’existe plus. La superficie du bureau de Lévis a fondu de 2400 à 680 pieds carrés. Celle de l’installation de Sainte-Marie de 1700 à 1350 pieds carrés.

Une transformation qui a évidemment entraîné des économies pour l’organisation qui avait mangé son pain noir, il y a quelques années, à la suite des coupes budgétaires imposées par le gouvernement du Québec. Alors que de nombreux centres locaux de développement (CLD) avaient dû mettre fin à leurs activités, DPME avait pu éviter le pire.

«Ce n’est pas seulement pour sauver des sous que nous avons mis en place un régime de télétravail pour l’ensemble de notre personnel», précise Daniel Voyer. «Il y avait une demande de la plupart de nos employés. Plusieurs d’entre eux sont constamment sur la route pour aller rencontrer les entrepreneurs aux quatre coins de la région. Se présenter tous les jours au bureau, ça devenait de plus en plus lourd. Concilier le travail et la vie personnelle devenait un casse-tête qui sapait l’énergie de tout le monde.»

«Les collègues étaient souvent mal à l’aise de devoir s’absenter pour aller conduire un parent chez le médecin ou aller chercher le petit dernier à la garderie.»

Avant d’opter pour le télétravail, l’entreprise, en collaboration avec son personnel, avait révisé l’ensemble de ses politiques à l’égard des congés et des horaires de travail pour favoriser plus de souplesse dans le milieu de travail.

Ne rien brusquer

L’intégration du télétravail pour tous s’est faite graduellement sans brusquer les travailleurs.

Le temps qu’ils apprivoisent le changement. Le temps d’apporter les ajustements nécessaires.

«Deux éléments essentiels ont guidé notre démarche : la détermination d’objectifs clairs de performance pour l’organisation et pour chacun des employés et l’établissement d’un lien de confiance entre la direction et les salariés et entre les salariés entre eux. Ici, chacun sait ce qu’il doit faire. Personne n’a à rendre de compte à personne», insiste Daniel Voyer.

Pour maintenir la cohésion au sein du groupe, DPME «impose» que tout son monde, une fois par mois, se retrouve pour échanger sur l’avancement de leur dossier respectif. Il arrive fréquemment que deux, trois ou quatre employés se rassemblent, le jeudi, pour collaborer sur des projets communs.

L’entrée en vigueur du régime de télétravail ne pouvait se faire sans s’assurer que l’organisation se donne les bons outils technologiques collaboratifs facilitant le partage de données et d’information. DPME a fourni à ses travailleurs des ordinateurs hautement performants et des allocations pour l’utilisation des téléphones cellulaires.

L’organisation a aussi vendu à ses employés, pour une bouchée de pain, l’ameublement du bureau qui se trouvait dans ses installations afin qu’ils puissent s’installer convenablement dans le confort de leur domicile.

DPME a aussi adopté un modèle de gestion sans papier. Tout est numérisé. «Tout ce qui reste de document écrit est contenu dans un seul petit tiroir d’un classeur», fait remarquer le directeur général.

À l’emploi de DPME depuis 2011, la responsable des communications et des relations publiques, Anick Cantin, ne jure que par le travail domicile.

«Ça m’apporte une flexibilité qui me permet d’avoir un meilleur contrôle sur ma vie. Je commence à travailler tôt le matin. Je m’entraîne le midi. Je reprends le boulot par la suite. J’ai ensuite, en soirée, tout le temps pour faire ce qui me plaît.»