Un aperçu du Surface Duo de Microsoft

Téléphones intelligents: Microsoft fait un retour timide, mais à double écran

SAN FRANCISCO — Microsoft le présente avant tout comme une tablette qui «tient dans la poche», mais le «Surface Duo» dévoilé mercredi par le groupe informatique relève bien du téléphone intelligent, marquant le retour du groupe sur ce marché qu’il avait déserté.

Le «Surface Duo» comporte deux écrans de 14,2 cm (5,6 pouces) qui se replient comme un livre, et est opéré par Android, le système d’exploitation de Google, et non par Windows Phone, dont Microsoft a arrêté le développement en 2017.

Il sera commercialisé l’année prochaine.

«Vous allez en parler comme d’un téléphone, je le comprends bien», a déclaré Panos Panay, directeur produit chez Microsoft, lors de la présentation à New York des dernières nouveautés du groupe.

«Vous pouvez envoyer des textos, vous pouvez écrire, vous pouvez faire ce que vous voulez, mais ce produit est un “Surface”», a-t-il insisté.

De 2010 à 2017, la firme américaine a tenté de convaincre les consommateurs d’acheter des téléphones sous Windows, mais elle avait fini par abandonner ce marché, acceptant son échec dans ce domaine face à ses rivaux Apple (iOS) et Google (Android).

Le système d’exploitation Windows, toujours largement dominant sur ordinateur, représente encore des revenus considérables pour la société.

Mais Azure, son offre de services aux entreprises dans l’informatique à distance et le stockage dématérialisé (cloud), fait désormais office de moteur pour la croissance de Microsoft, qui peut aussi compter sur les jeux vidéo avec Xbox, sa gamme d’appareils Surface et le réseau social professionnel LinkedIn, acquis en 2016.

Le groupe cultive le mystère, non seulement sur la nature de son nouvel appareil, mais aussi sur ses caractéristiques, comme le type d’appareil photo ou le prix, deux facteurs essentiels dans un marché saturé de combinés ultra performants.

«L’histoire de Microsoft dans les téléphones intelligents, avec Kin et Nokia, n’a pas été exactement brillante», rappelle l’analyste Patrick Moorhead de Moor Insights & Strategy.

En 2010, le géant du logiciel avait supprimé la gamme de téléphones Kin au bout de quelques semaines seulement.

Quatre ans plus tard, il rachetait la branche de téléphones mobiles du finlandais Nokia pour plus de 7 milliards de dollars. La marque perdait alors de l’argent, et Microsoft n’a pas réussi à la sauver face à la concurrence.

Cet échec a constitué un facteur déterminant dans la décision de sortir de ce marché et de transformer l’entreprise fondée par Bill Gates.

«Jamais 2 sans 3, et je pense que cette fois-ci sera la bonne parce que les conditions pour le succès d’un téléphone Surface semblent être réunies», estime Patrick Moorhead.