La page d'accueil du site Web de l'Office du tourisme de Québec

Web: le mobile d'abord, mise la firme Sigmund à Québec

Pour la première fois en janvier dernier, les Américains détenteurs d'appareils mobiles ont navigué plus longtemps sur le Web avec leur tablette et leur téléphone qu'avec leur ordinateur, rapporte CNN. Ce n'est plus une option. S'ils veulent faciliter la vie de leurs clients, les sites Web et surtout leurs développeurs doivent s'adapter à cette réalité, et la firme Sigmund, de Québec, l'a compris.
<p>La version iPhone de la page d'accueil du site Web de l'Office du tourisme de Québec</p>
Des images trop petites, du texte illisible, une mise en page chaotique... Les utilisateurs de téléphones intelligents et de tablettes numériques le savent : consulter du contenu qui n'est pas adapté au petit écran qu'ils ont entre les mains peut être irritant. «Ça dégrade la qualité de l'expérience, et fait en sorte que les gens vont aller chez le concurrent», explique Michaël Carpentier, conseiller en stratégies numériques chez Sigmund, une entreprise de 20 employés du quartier Saint-Sacrement. «Si on parlait d'un aménagement physique dans un commerce, on ne se poserait pas la question», poursuit-il.
Comme il serait inconcevable qu'un marchand accueille ses clients dans le noir pour économiser de l'électricité, dit-il, il serait inconcevable aujourd'hui de concevoir un site Web en excluant la clientèle mobile. Chez de plus en plus de développeurs, même, «la conception Web est d'abord pour le mobile, et ensuite sur l'ordinateur», insiste M. Carpentier.
Globalement, le trafic mobile sur le Web représente entre le quart et le tiers du trafic total, selon les sources. Mais dans le cas des sites plus technos ou plus jeunes, ça dépasse la moitié, pointe l'expert.
Sur le site Web de l'Office du tourisme de Québec (quebecregion.com), par exemple, deux utilisateurs sur cinq sont mobiles. C'est Sigmund qui vient d'en effectuer la refonte, en ligne depuis mardi. La première version du site datait de 2009, à l'époque où le mobile était un bruit de fond, et n'était pas du tout adaptée à cette réalité. L'adaptation est maintenant totale.
Design adaptatif
Qu'on consulte le site sur une tablette, un petit téléphone, un grand, un ordinateur ou un téléviseur 56 pouces, le site présente la même signature et le même contenu, sauf que celui-ci s'adapte en fonction de la taille de l'écran. C'est ce que Sigmund appelle le «design adaptatif», la nouvelle tendance en développement Web.
Il y a quelques années - aussi bien dire jadis, naguère -, les gros sites Web, comme celui de l'Office du tourisme, avaient souvent une version complète pour ordinateur, une version mobile avec des contenus limités et une application mobile à part. «Là, il y a un seul site principal, fin de l'histoire. Et il dessert toutes les plates-formes correctement», souligne M. Carpentier.
Son collègue Thierry Poitras souligne que les mentalités ont changé quant aux contenus à offrir sur les supports mobiles. «Avant, on pensait qu'on ne pouvait pas mettre autant de contenu sur un mobile parce que l'écran est plus petit. Tout le monde pensait qu'on devait faire un site différent. [Mais en fait], si un produit est intéressant, peu importe le support, on va consulter sur mobile, et peu importe la longueur.» Le meilleur exemple, dit-il, est Facebook : «Ce n'est pas fatigant, même s'il y a énormément de contenu.»
«Si le contenu est pertinent, on va aller le consulter, peu importe l'appareil qu'on a entre les mains, résume son collègue. C'est plus une commodité de support que de longueur de contenu.»
Les deux développeurs conviennent toutefois que l'adaptabilité d'un site Web peut représenter un travail colossal. Ils ont dû, par exemple, reformater les contenus de... 17 500 pages. «Concevoir comme ça peut coûter de 20 à 30 % plus cher, mais on le récupère en entretien», disent-ils.