En partenariat avec l'entreprise Alfred, Mixa Vision teste au Salon international des vins et spiritueux de Québec des lunettes de réalité augmentée.

Un sommelier au bout de votre nez!

Vous êtes dans votre cave à vin - ou plus modestement devant votre petit cellier maison - et vous vous demandez bien quelle bouteille choisir pour accompagner votre mijoté. Vous enfilez vos lunettes de réalité augmentée* et demandez conseil à Alfred, votre sommelier virtuel.
Le scénario n'est pas si farfelu et pourrait se dérouler dans les chaumières plus tôt qu'on ne le pense. En partenariat avec l'entreprise Alfred, la startup Mixa Vision teste cette fin de semaine une technologie qui va dans cette direction, au Salon international des vins et spiritueux de Québec. Un grand pas en avant pour la jeune pousse de la capitale. 
Grosso modo, le logiciel de Mixa Vision, adapté pour les lunettes HoloLens (Microsoft), permet à son utilisateur de circuler librement dans l'environnement, dans ce cas-ci le Centre des congrès de Québec. 
Les programmeurs ont ajouté du contenu, invisible à l'oeil nu, mais bien présent lorsqu'on enfile les lunettes. Le tout forme un parcours d'environ 90 secondes où le visiteur déambule (la lunette est transparente) à la recherche de vidéos explicatives et de capsules informatives. L'utilisateur doit lui-même, par ses mouvements, débarrer le contenu. On y découvre notamment la spectaculaire cave à vin du restaurant Le Coureur des Bois, situé à Beloeil, et les produits de Ruinart, deux partenaires d'Alfred.  
Comme un jeu vidéo
«Nous, on fait le logiciel et le contenu. [...] C'est fait à peu près de la même façon qu'un jeu vidéo», explique Daniel Dufour, président de Mixa Vision.
Les lunettes HoloLens, munies d'un ordinateur équipé de trois processeurs, dont un holographique, ont la capacité d'enregistrer en temps réel les éléments de l'environnement. «Elle retient les solides [comme les murs] et oublie les volumes éphémères [comme les personnes, constamment en mouvement]. [...] En deux heures, on peut modéliser le centre des congrès au complet», poursuit M. Dufour. Les programmeurs décident ensuite des endroits où ils désirent placer les objets (le contenu). Les lunettes, qui connaissent déjà l'environnement, s'occupent de «tricoter» le parcours.
Les fondateurs d'Alfred y voient un potentiel unique : celui d'avoir un sommelier privé chez soi. L'application mobile, propulsée par une banque de données étoffée, fait déjà ce travail grâce au téléphone intelligent. Mais avec HoloLens, combinées au logiciel de Mixa Vision, l'expérience serait complètement différente.
Alfred envisage par exemple une collaboration avec le restaurant Le Coureur des Bois. L'idée serait d'inviter le client à mettre les lunettes de réalité augmentée et d'aller visiter la cave à vin, modélisée dans l'appareil. Il pourrait y rechercher par commande vocale une bouteille se mariant aux plats choisis, ou simplement en triant par cépage. Le logiciel se chargerait de compléter la recherche et d'indiquer l'emplacement de la bouteille convoitée. «Le client vivrait une expérience complètement unique, puis il retourne à sa table», s'enthousiasme Pierre Nolet, vice-président aux ventes chez Alfred. 
Le fondateur Guy Doucet et M. Nolet espèrent que la technologie pourra aussi se rendre dans les maisons. Mais encore faut-il que la HoloLens devienne plus abordable. Une paire se détaille présentement entre 4000 $ et 7000 $. 
Il est possible de tester l'appareil toute la fin de semaine. Le Salon international des vins et spiritueux de Québec se déroule encore samedi et dimanche, au centre des congrès.
*La réalité augmentée n'est pas la même chose que la réalité virtuelle. La réalité augmentée utilise des éléments réels et y ajoute du contenu virtuel, alors que la réalité virtuelle est ni plus ni moins qu'un environnement modélisé en trois dimensions.