Un jeu vidéo en plein air à Loretteville

L'édifice de l'arrondissement de Loretteville est redevenu pour les prochaines semaines le plus grand jeu vidéo de groupe à Québec, probablement même en Amérique, foi de Jean-Philippe Boivin.
Le jeu interactif Dommage Chocolatéral se passe en groupe, dehors, projeté sur les grandes fenêtres de l'édifice de l'arrondissement de Loretteville.
Au lieu de jouer seul dans son salon sur une console en mode multijoueur avec des étrangers en ligne, le jeu interactif Dommage Chocolatéral se passe en groupe, dehors, avec du vrai monde à côté de soi dans un mode de coopération. Des gens avec qui il faut discuter pour s'entendre sur la stratégie à adopter contre les adversaires des deux autres équipes.
Le but du jeu est assez simple. Chaque équipe doit construire son gâteau, le protéger et attaquer les voisins pour que les autres ne finissent pas les premiers. Le mode tour par tour oblige les joueurs à choisir les stratégies qui seront appliquées à l'une des trois phases que sont la construction, la défense et l'attaque.
Les pouvoirs seront répartis selon le nombre de participants dans une équipe. À deux équipiers, chacun aura 50 % des pouvoirs, mais à 14 par équipe, chacun aura un quatorzième des possibilités, d'où la nécessité de se parler avant de lancer le tour de jeu.
Lorsqu'il a été approché pour participer aux activités de la Boîte Animée qui se tiennent au 305, rue Racine, devant l'édifice du conseil d'arrondissement, Jean-Philippe Boivin avait entendu parler du projet ayant pour but d'animer le quartier.
Sur les grandes fenêtres de l'édifice, on projetait de courtes séquences vidéo. Louis Tremblay, à la tête du projet d'animation théâtrale, lui a demandé, il y a deux ans, s'il était possible de faire un grand jeu vidéo en projection sur l'édifice.
Avec son associé de l'époque, David Boudreault, ils ont songé à un jeu de groupe avec une projection en trois portions, une par équipe de 14 personnes au maximum. Donc 42 joueurs à la fois pour une partie.
«Tous les contrôles se font avec le téléphone ou une tablette, iOS ou Android, ajoute M. Boivin. Il suffit de télécharger l'application qui fera le lien avec le serveur pour jouer. Tous peuvent jouer, que l'on soit un adulte, un ado ou un enfant. Nous avons eu des joueurs qui avaient cinq ou six ans et qui prennent plaisir à jouer avec les plus vieux.»
L'an dernier, à la première année de l'expérience, il s'est produit ce que les inventeurs du jeu espéraient : les gens se parlaient. Ils ne faisaient pas qu'intervenir dans un jeu en groupe. Ils socialisaient.
C'était aussi le but : animer le quartier en faisant en sorte que les gens du secteur se connaissent. Le jeu, s'amuser en gang devenait le prétexte pour se parler. La Boîte Animée devenait un point de rencontre interactif.
Des améliorations ont été apportées pour la deuxième année d'expérience du côté du graphisme et de la connectivité. «Plus il y aura de monde, plus nous aurons du feedback pour apporter d'autres améliorations pour la version de l'an prochain. Je pense à intégrer des interactions avec Facebook et même commercialiser le jeu», avoue l'informaticien qui adore relever des défis.
D'ici la fin du mois de juillet, les séances de jeu se déroulent les jeudis et vendredis entre 21h et 23h. En août, il y aura une troisième séance tous les samedis soirs. Le plus grand souhait de Jean-Philippe Boivin serait de voir enfin trois équipes de 14 joueurs en même temps entourées de nombreux spectateurs.
Ce n'est pas un jeu pour les super «gamers», mais pour tout le monde, pour le plaisir de s'amuser. On peut voir à quoi cela ressemble sur le site www.dommagechocolateral.com