Steve Couture, ici en 2009, a cofondé Frima il y a 14 ans.

Steve Couture quitte Frima

Avec Dominique Brown, Steve Couture a été le visage emblématique de la jeune, dynamique et grouillante industrie du jeu vidéo à Québec.
Comme l'a fait le fondateur de Beenox en 2013, Steve Couture quitte l'entreprise qu'il a mise au monde en 2003 en compagnie de Philippe Bégin et de Christian Daigle.
L'annonce a été faite, mardi, par le président du conseil d'administration de Frima, François Macerola.
En entrevue au Soleil, l'homme d'affaires de 41 ans parle d'une décision «planifiée» depuis déjà quelque temps.
En 2015, il avait pris du recul de la gestion des affaires courantes de son entreprise en se consacrant au développement stratégique de la compagnie du quartier Saint-Roch spécialisée dans le secteur du divertissement et de l'innovation.
À l'époque, Frima avait bénéficié de l'apport d'un investissement de 7,5 millions $ réalisé par le Fonds de solidarité FTQ et le géant belge du divertissement Médias-Participations.
Pour mener à bon port ses projets d'acquisition et de partenariat d'affaires, le studio de jeu vidéo créait alors le Groupe Frima. Steve Couture était à la tête de cette toute petite entité. «J'estimais qu'il s'agissait là de la meilleure façon de faire grandir l'entreprise.»
Or, les choses ont changé pour Frima qui se retrouve, aujourd'hui, en mode de réorganisation.
L'entreprise a dû sabrer une soixantaine des postes à la fin du mois de février. De 400, le nombre d'employés a dégringolé à 250 au cours des derniers mois.
Se retrouvant au plus bas d'un cycle de production, Frima a dû mettre sur la glace tous ses projets d'acquisition et de partenariat.
Du moins pour 2017.
«Disons, simplement, que le moment n'est pas le meilleur pour prendre de l'expansion», déplore Steve Couture en mentionnant qu'il y avait pourtant de l'argent en banque et des dossiers prometteurs sur la table de travail. «Nous examinions même la possibilité d'acquérir une entreprise de la même taille que Frima. Ce n'est que partie remise.»
Passer à autre chose
Steve Couture l'avoue. Il n'avait pas le goût de se retrousser les manches et de se mettre à la tâche pour réorganiser Frima.
«Je suis un entrepreneur. Je suis fait pour bâtir. Après 14 ans, le moment est venu, pour moi, de passer à autre chose. J'ai fait mon bout de chemin», explique M. Couture qui ne sait pas trop encore ce que lui réserve l'avenir.
À court terme, il entend prendre quelques semaines de congé auprès de sa famille.
«J'ai le goût de partir vers de nouvelles aventures. Et pourquoi à Québec, ma ville ? Je n'exclus rien pour le moment. Je regarde. Je suis à l'écoute.»
Steve Couture demeure l'un des principaux actionnaires de Frima. Il va continuer de siéger au sein du conseil d'administration.
Il n'exprime aucune crainte au sujet de l'avenir de Frima.
Il estime que la réorganisation est menée de main de maître par le chef de la direction et cofondateur de Frima, Christian Daigle. «Les choses vont bien aller. J'en suis certain.»
Pas dans le chocolat
Steve Couture, comme l'a fait Dominique Brown en 2013, pourrait-il faire un virage complet et investir son temps et son argent dans un secteur totalement différent de celui des jeux vidéo, des effets visuels, des animations, de la réalité virtuelle et des jouets connectés ?
Après Beenox, Dominique Brown s'est lancé corps et âme dans le chocolat avec Chocolats Favoris.
«Je n'écarte rien. Par contre, ça ne sera pas dans le chocolat ! La place est prise.»
«Vous savez, j'adore les jeux vidéo et la création de contenu. Au Québec, par les temps qui courent, il y a un engouement pour le manufacturier innovant. Je trouve ça intéressant.»
«Quand je regarde ce que Dominique a apporté à une industrie comme celle du chocolat, ça m'inspire. Il y a des tas de choses que nous avons apprises dans notre industrie et que nous pouvons transposer ailleurs. Dans le jeu vidéo, tout va vite. Il faut s'adapter rapidement. Cette capacité d'innover constamment, nous pouvons l'appliquer dans des secteurs plus traditionnels de notre économie, comme celui de la fabrication manufacturière.»
Une histoire à suivre.
Avec la collaboration d'Yves Therrien