Réseaux sociaux: un engouement qui agace

Les réseaux sociaux sont-ils payants pour toutes les entreprises? Alors que la tendance veut que la présence sur Facebook et autres plateformes du Web soit un incontournable quand on est en affaires, Jacques Warren, spécialiste en marketing numérique, nage à contre-courant.
«Si demain on tirait la plogue sur les réseaux sociaux, qu'est-ce qu'on perdrait en tant qu'organisation? Quels sont les bénéfices, la valeur et les revenus qu'on ne toucherait plus?»
Bref, Jacques Warren se dit un peu fatigué de tout cet engouement qui fait en sorte que personne ne se demande vraiment ce que les réseaux sociaux apportent de façon concrète à une entreprise au bout du compte. Il déplore même que certaines sociétés mettent plus d'efforts sur la mise à jour de leur page Facebook que de leur site Internet.
Analyste du Web, il a calculé que sur plus de cinq millions de visites sur différents sites auxquels il a eu accès au cours des derniers mois, seulement 1,2% du trafic provenait de Facebook. «C'est déjà mieux qu'il y a trois ans, alors que ça générait seulement 0,2% des visites, mais Facebook semble être, pour la plupart des entreprises, un monde fermé. Ne pensez pas que vous allez en faire un vase communicant», dit celui qui a conseillé plus d'une centaine d'organisations au sujet de leurs investissements sur Internet.
M. Warren concède toutefois que les réseaux sociaux peuvent être profitables pour les petites et moyennes entreprises, dont la clientèle est très ciblée, géographiquement, par exemple. «Il peut y avoir là des opportunités intéressantes, puisque c'est un accès à une certaine promotion qui est très bon marché [...] Cependant, je vois mal comment on pourrait s'enthousiasmer sur les réseaux sociaux pour un produit de REER, entre autres.»
Jacques Warren comptait parmi la trentaine de conférenciers à la deuxième présentation de l'événement WAQ (Web à Québec), qui rassemble, depuis mercredi à l'Espace 400e Bell, plus de 400 passionnés des différentes facettes de la Toile.
«On vit vraiment l'âge d'or du Web, c'est-à-dire que les gens réalisent à quel point Internet est devenu important et omniprésent dans nos vies. Et pour nous, c'était important de lever l'étendard et montrer qu'à Québec, on a une belle force et qu'on est en train de devenir un pôle intéressant en tant que communauté Web», soutient Jonathan Parent, cofondateur et organisateur du festival.
Des invités internationaux de marque, tel Paul Adams, chercheur et développeur chez Facebook, et Nicolas Darveau-Garneau, nouveau directeur général de Google Québec, ont fait partie de la programmation cette année. L'événement se poursuivra jusqu'à aujourd'hui, notamment avec les résultats de la compétition Iron Web, où deux équipes de mordus ont accepté de relever le défi de créer un site Internet fonctionnel en moins de 48 heures.