Peter Simons pose devant la nouvelle succursale qui ouvrira au Square One Shopping Centre de Mississauga, à l'ouest de Toronto. Le nouveau Simons amorcera ses activités quelques semaines après l'arrivée au Canada du détaillant américain Saks Fifth Avenue avec deux magasins à Toronto.

Peter Simons dénonce la classe politique

La révolution numérique touche toutes les couches de la société, autant le monde des affaires que ceux de l'enseignement, de la politique et de la vie quotidienne. Les décideurs politiques semblent bien loin de la réalité, soutient l'homme d'affaires Peter Simons en mettant le doigt sur des années d'inaction et la nécessité de revoir l'approche législative.
C'est une révolution majeure à laquelle il faut se préparer sérieusement, affirmait-il en marge de la conférence de presse jeudi annonçant la nouvelle version de la Journée de l'informatique de Québec (JIQ) où il sera conférencier sur l'influence du numérique dans le monde des affaires.
En voyant Amazon et d'autres géants envahir le commerce de détail au Québec et concurrencer les établissements québécois et canadiens sans percevoir les taxes de vente ou payer des impôts au pays, le pdg de Simons s'apprête à des investissements massifs dans la région de Québec en robotique et dans le commerce électronique pour faire face à la nouvelle réalité économique. Il estime que ces investissements technologiques créeront entre 200 et 300 emplois dans ce nouveau centre de distribution.
«Tout le monde change lorsqu'il y a une crise, mais les grands, eux, sont déjà préparés et ils ont commencé les changements parce qu'ils ont vu venir le changement. Ils ont vu l'avenir, ils se sont donné un plan d'action et ils se sont motivés sans la nécessité d'une crise», affirme M. Simons.
«Un peu dupe»
«Je serai fier si le Québec pouvait avoir une vision, mais on semble incapable à voir le bon sens d'imposer l'obligation de payer les taxes. On semble un peu dupe dans cela», continue-t-il. «On est capable de rouler dans un véhicule sans chauffeur à Los Angeles, mais ici on se dit incapable d'avoir un système pour percevoir les taxes de vente. On ne peut pas venir faire des affaires au Québec ou au Canada sans accepter de respecter les règles. Les règles doivent être égales pour tout le monde», d'autant plus que la technologie existe pour percevoir les taxes.
Pour Peter Simons, il s'agit d'une question de courage, de volonté et de vision, sinon c'est simplement regarder les choses venir, attendre, et se laisser dériver avec le courant. «Moi, je ne me laisserai pas aller à la dérive, je vais prendre des décisions.»
Pour lui, la révolution numérique dans le commerce de détail constitue plus qu'un simple changement ponctuel. C'est une redéfinition du modèle d'affaires où la symbiose entre le magasin, le service en ligne et la technologie n'est pas tout à fait claire. Tout reste à faire dans un monde de changements perpétuels «où il n'y a pas de repos», soumet Peter Simons.