Le fondateur et pdg d'OVA, Harold Dumur, au centre, en compagnie de ses collègues Pierre-Luc Lapointe (directeur des environnements immersifs) et Simon Pigot (développeur d'environnements immersifs). La jeune pousse technologique de Québec s'apprête à franchir une étape cruciale de son développement qui, déjà, se déroule à la vitesse grand V.

OVA: la réalité virtuelle pour tous

Dans un billet qu'il écrivait, l'automne dernier, sur le site devenirentrepreneur.com, Harold Dumur racontait que son rêve, alors qu'il était plus jeune, était d'aller établir ses pénates sur une petite île du Pacifique et de passer ses journées en maillot de bain à louer des planches de surf sur la plage.
Aujourd'hui, le fondateur et pdg d'OVA saute plutôt d'un autobus, d'un train ou d'un avion à un autre pour se déplacer entre Québec, Montréal, Toronto, New York, San Francisco, Londres et Shanghai.
Le temps presse pour le diplômé en génie industriel de l'Université Laval de 31 ans.
Tout doit être prêt pour l'Electronic Entertainment Expo - sans doute le plus important happening du jeu vidéo et des loisirs interactifs sur la planète - qui se tiendra du 13 au 15 juin à Los Angeles. 
Pour le commun des mortels
À cette occasion, la jeune pousse technologique de Québec franchira une étape cruciale de son développement qui, déjà, se déroule à la vitesse grand V. 
StellarX, sa plateforme de création de contenu de réalité virtuelle et augmentée sera dorénavant disponible pour le commun des mortels.
«Nous passerons du B2B [Business to Business] au B2C [Business to Consumer]», explique Harold Dumur.
En l'espace de trois ans à peine, OVA fait tourner les têtes dans les secteurs de la défense, de la sécurité publique, de l'immobilier, du commerce de détail, du divertissement et de la formation en entreprise. Elle a notamment développé un partenariat avec Alienware, une filiale du fabricant d'ordinateurs Dell. À l'occasion du Consumer Electronics Show (CES) qui se tenait au début de l'année à Las Vegas, Alienware avait fait une place de choix à OVA dans son stand.
«Me voici alors que je m'apprête à faire une présentation, à Londres, devant des représentants de toutes les armées de l'OTAN», montre-t-il au Soleil à l'aide de son téléphone intelligent. 
Par sa technologie, OVA intègre, à un environnement immersif stimulant, la simulation de la réalité virtuelle et augmentée. Par exemple, il est possible de simuler le travail qu'un ouvrier doit effectuer pour faire une réparation sous un pont à partir d'images captées, par exemple, par un drone.
La particularité de StellarX est que la plateforme de création de contenus pour la réalité virtuelle et augmentée a été conçue pour les non-programmeurs. Donc, pour monsieur et madame Tout-le-monde.
Comme WordPress
L'équipe d'OVA s'est donnée la mission de «démocratiser» la réalité virtuelle.
«J'aime comparer StellarX à WordPress», souligne Harold Dumur faisant référence au système de gestion de contenu dont les fonctionnalités permettent, à vous et moi, de gérer un blogue ou un site Internet.
Au fur et à mesure que le marché des casques de réalité virtuelle se développait, OVA a vu la brèche s'ouvrir.
Ses concurrents consacraient plutôt argent et énergie à concevoir des jeux pour répondre à la demande des consommateurs qui se procuraient les premiers périphériques informatiques de réalité virtuelle. 
Rares ont osé s'aventurer dans le marché de la création de contenus et d'environnements. 
Et parmi ceux qui l'ont fait, plusieurs ne sont plus de ce monde aujourd'hui. 
«Neuf jeunes pousses sur dix dans le domaine en réalité virtuelle sont tombées au combat», fait remarquer Harold Dumur, qui croit dur comme fer au jour pas si lointain où les casques de réalité virtuelle remplaceront les écrans de nos ordinateurs. 
«En leur rappelant que j'ai déjà utilisé des écrans 2D pour travailler en 3D, mes enfants, un jour, vont rire de moi!»
«Je rêve grand»
Harold Dumur l'avoue. «Je rêve grand.»
Et, visiblement, il n'est pas le seul à rêver «grand» pour OVA.
En septembre dernier, le fondateur et pdg de la jeune pousse technologique de Québec participait au Sommet du G20 des jeunes entrepreneurs qui se tenait en Chine.
Devinez qui est arrivé au premier rang lors de la compétition au cours de laquelle les jeunes dirigeants devaient «vendre» les mérites de leur technologie auprès d'un jury composé de patrons de certains des plus importants fonds d'investissement chinois, dont ceux de Fosun Group, une société qui est devenue, en 2015, un actionnaire du Cirque Soleil.
Eh oui! Harold Dumur.
«Au début, nous étions 50 dans le pitch competition. Le nombre a ensuite été réduit à 10, à 5, puis à 1», raconte le lauréat pas peu fier d'avoir damé le pion à des gars et à des filles sortis tout droit des universités Stanford ou Harvard.
La performance d'Harold Dumur au Sommet du G20 des jeunes entrepreneurs a mis OVA sur le chemin de Fosun Group, qui réalise présentement une vérification diligente pour évaluer la possibilité d'investir dans la start-up de Québec.
Pour passer du marché B2B à celui du B2C, OVA a besoin de beaucoup de sous.
Les nouvelles pourraient bientôt être bonnes, car l'entreprise de neuf employés est en pourparlers avec des investisseurs de la Corée du Sud, de la Chine et des États-Unis.
«Nous espérons que ça va débloquer au cours du mois de février», confie Harold Dumur en rappelant l'«urgence» pour son entreprise d'aller séduire le grand public avec son logiciel de création et de gestion de contenus pour la réalité virtuelle. «C'est simple, nous voulons être les premiers sur le marché.»