OfficiumLIVE: un «Uber de l’administration» pour les entrepreneurs [VIDÉO]

«Faites ce que vous aimez». Voilà le souhait des deux cofondateurs à la tête d’OfficiumLIVE, un assistant destiné aux travailleurs indépendants et aux entrepreneurs. Leur mission? Soulager ces quelque 570 000 travailleurs autonomes québécois de leurs tâches administratives afin qu’ils se concentrent sur «l’important».

Le téléphone sonne chez la coiffeuse du coin, mais les deux mains occupées à couper les cheveux d’un client déjà sur place, la coiffeuse rate l’appel… et une autre cliente potentielle. Pour éviter aux travailleurs autonomes de vivre cette situation et bien d’autres, Bruno-Pierre Privé a fondé OfficiumLIVE. Le logiciel, mis sur pied par cet ancien entrepreneur en informatique, articule une palette d’opérations administratives, gérées à distance.

«Le travailleur autonome vit les mêmes problématiques que les grandes entreprises, mais il est seul au combat pour tout gérer. Il est assujetti aux mêmes lois que les autres, mais il n’a pas la compétence ni les outils pour y arriver», décrit M. Privé. Ces travailleurs indépendants représentent pourtant environ 15 % de la population active des pays industrialisés. Un nombre qui, aux dires de M. Privé, sera appelé à croître dans les années à venir. 

Une production décuplée

Entre tenue de livres, taxes ou impôts, prise d’appels téléphoniques et de rendez-vous, la gestion se fait par une assistante à distance avec des frais de service facturés de la minute à chaque utilisation. Avec des adjointes un peu partout au Québec, OfficiumLIVE se considère comme un «Uber de l’administration». 

«Les gens qui se partent en affaires, pour la grande majorité, ils veulent vivre leur lifestyle. Le côté administratif, ça les écœure. Un service comme le nôtre, ça n’existe pas ailleurs. C’est pour ça qu’on est là», exprime-t-il. 

«Tu as toujours une facture qui traîne dans la voiture, dans le porte-gobelet quand tu es en affaires. Mais quand on propose à nos clients : “Et si tu prenais en photo ta facture et que tu t’arrêtais là, pour toute la vie”. Ils n’en reviennent pas, c’est complètement nouveau», ajoute Arnaud Bertrand, cofondateur de l’entreprise. 

Depuis 2017, OfficiumLIVE existe dans sa formule actuelle, axée sur la prise en charge complète. Dès 2007, un logiciel était offert, mais les travailleurs autonomes devaient eux-mêmes l’opérer.

«C’est un véritable retour sur l’investissement, c’est-à-dire que le temps que les entrepreneurs ne passent plus à faire des tâches administratives, ils peuvent servir plus de clients et faire plus de ventes», note M. Bertrand. «Ils veulent des résultats, en se concentrant sur ce qu’ils aiment faire. On leur offre un humain qui les connaît et qui travaille pour eux pour répondre à leurs besoins, à l’intérieur d’un système où tout est automatisé», poursuit-il. 

Vision et projets en Europe

«On s’est rendu compte qu’à 75 %, les travailleurs autonomes n’ont pas de compte entreprise. La santé financière doit passer par la segmentation», constate Arnaud Bertrand, ex-banquier lui-même. OfficiumLIVE a donc récemment annoncé le prélancement d’une néobanque, une banque en ligne, destinée aux travailleurs autonomes français. 

Une opération en effet possible seulement en Europe, grâce à l’open banking, où des applications et des services sont développés en ligne autour d’institutions financières. Cette percée pourrait leur permettre de rejoindre une portion des 10 millions de travailleurs indépendants français.

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VERS LA CARBONEUTRALITÉ POUR LES TRAVAILLEURS AUTONOMES

À l’automne, Bruno-Pierre Privé et Arnaud Bertrand lanceront la carte de crédit pour travailleurs autonomes. Bien dans l’air du temps, cette carte de crédit permettra à 15 % de la population d’accéder à la carboneutralité.

«Dans un marché aussi désorganisé, les travailleurs autonomes ne peuvent pas s’associer pour créer un mouvement sociétal», considère le fondateur d’OfficiumLIVE, Bruno-Pierre Privé.

Avec cette future carte de crédit, l’environnement pourrait devenir l’affaire des travailleurs autonomes. «On utilisera une partie du retour d’argent pour financer un plan de rachat de crédits carbone, pour arriver à ce que l’utilisateur moyen de la carte devienne carboneutre, du jour au lendemain», se réjouit M. Privé. 

Les ristournes de la carte s’appliqueront à l’administration. «Plus ils dépenseront avec leur carte de crédit, moins leur administration coûtera cher et plus ils seront pris en charge en temps réel», précise-t-il. Émilie Pelletier