Dans le contexte de plein emploi de la région de Québec, il n’est pas rare que des employés changent de firmes dans l’industrie numérique, au point de créer certaines tensions entre les directions.

Non-agression dans le monde du jeu vidéo: le dialogue mieux que des lois

EXCLUSIF / Dans un contexte de plein emploi dans la région de Québec, il est normal que des employés passent d’un lieu de travail à l’autre dans le même secteur de l’industrie. C’est le cas dans le monde du divertissement, mais parfois les approches causent des frictions.

Interrogé sur les rumeurs de démarches pour conclure un pacte de non-agression dans le monde du jeu vidéo, Martin Carrier, président et chef de la direction du studio Frima, nie les bruits qui courent.

Toutefois, il a confirmé au Soleil avoir eu des discussions avec des directeurs de studio de jeu et de divertissements de Québec pour améliorer les relations entre les différentes entités de l’écosystème numérique.

Pour lui, il est essentiel d’avoir un dialogue constructif pour le bien de toutes les parties.

«Un pacte de non-agression, personne ne signerait cela. Moi non plus. C’est normal que des employés choisissent de faire carrière dans un autre studio parce qu’un projet les passionne. C’est arrivé pour un de nos employés ces jours-ci. Par contre, certains joueurs du milieu sont particulièrement agressifs. Ce n’est pas bon pour personne dans l’univers numérique de la région», souligne M. Carrier.

Sans vouloir parler de vol d’employés, M. Carrier est d’avis que le dialogue vaut mieux que des lois, même non écrites.

Comme ancien président de l’Alliance numérique, il précise avoir défendu les gens de l’industrie à maintes reprises. Et il continuera de le faire pour la viabilité de l’écosystème numérique de Québec.

Les discussions continuent. Certains dirigeants ont manifesté de l’intérêt et une oreille attentive alors que d’autres semblent totalement insensibles à son argumentation, mais Martin Carrier refuse d’identifier qui que ce soit.

Circulation des talents

Ce n’est pas la première fois qu’un dialogue est entamé sur la mobilité du personnel.

Au cours des 15 dernières années, les rencontres avaient permis de faire baisser la pression. Il y avait même eu la création de l’École de divertissement interactif avec la participation de tous les studios pour former des spécialistes plus rapidement que dans le parcours des institutions d’enseignement.

«L’effervescence et les nouveaux projets profitent à tous dans la région», soutient M. Carrier, «mais cela ne doit pas se faire au détriment des autres entreprises par des démarches très agressives qui nuiront à tous.»

Force est de constater, dans Saint-Roch particulièrement où il y a une concentration de studios, que certains ont ouvert la machine de la croissance à fond de train. Mais, ce n’est que la pointe de l’iceberg, car le secteur technologique est en grande demande de spécialistes dans divers secteurs que ce soit l’intelligence artificielle, la robotique. Même le monde de l’assurance avec ses 10 sièges sociaux à Québec est à la recherche intensive de gens de talent en informatique, en programmation, en 3D, en réalité augmentée et en Web.

Rappelant que la circulation des talents d’une entreprise à l’autre fait partie de la réalité, M. Carrier soutient que les manières d’agir importent beaucoup dans les démarches de recrutement intensif.

«Il faut être conscient des marges de manœuvre les uns des autres. L’idée des discussions est d’agir de façon responsable comme citoyen corporatif. Tout le monde sortira gagnant dans une approche respectueuse de chacun», estime-t-il.

Pour attirer des gens, des studios font des portes ouvertes, organisent des concours et des stages, ce qui est à son avis une approche saine de développement des nouveaux talents.