«La région de Québec est devenue, avec l'Université Laval et l'INO, un pôle d'excellence en optique-photonique au Canada» - Jean-Guy Paquet

L'INO et l'Université Laval: l'économie du savoir à Québec

Jean-Guy Paquet était convaincu qu'il y avait un avenir prometteur pour l'optique et la photonique. Et il ne s'est pas trompé. L'ancien chercheur, professeur et recteur de l'Université Laval a mis sur pied le Groupe d'action pour l'avancement technologique et industriel de la région de Québec qui a abouti à la création de l'INO en 1985.
«Si je recule de 25 ans, je ne pensais vraiment pas qu'on pourrait avoir autant de résultats positifs de l'INO. Je ne me doutais pas qu'il pourrait contribuer à travers sa technologie à la création d'emplois dans la région de Québec et à l'économie du savoir ou le virage technologique, qui fait en sorte que le taux de chômage à Québec n'est que de 4 %.» Depuis 10 ans maintenant, Jean-Guy Paquet est président du conseil d'administration du centre de recherche de l'INO.
Dans les années 80, l'Université Laval diplômait 50 % de tous les docteurs en optique au Canada, mais la plupart d'entre eux s'expatriaient. Il a alors travaillé dur pour que les cerveaux restent au Québec. «L'Université Laval a continué à progresser à tel point que maintenant, elle a réussi à obtenir, avec l'appui de l'INO, le Centre d'optique, photonique et laser», affirme-t-il. En effet, l'Université Laval forme en moyenne 25 diplômés par année et le taux de placement est de 100 %.
«La région de Québec est devenue, avec l'Université Laval et l'INO, un pôle d'excellence en optique photonique au Canada. Je pense que nous pouvons nous en réjouir», souligne M. Paquet.
La collaboration entre l'Université Laval et l'INO va plus loin. Environ le tiers des effectifs scientifiques actuels de l'Institut provient du Centre d'optique, photonique et laser (COPL). Certains professeurs sont chercheurs associés à l'INO et supervisent des étudiants dans leurs recherches. Des stages et des bourses sont aussi offerts pour encourager la relève.
Réal Vallée, directeur du COPL à l'Université Laval, souligne également l'importance de la collaboration avec l'INO. «L'INO est un débouché d'emploi pour plusieurs de nos finissants, un partenaire de recherche et une fierté nationale d'avoir un institut de cette envergure pour la photonique au Canada. Il n'y a rien de comparable ailleurs au pays.» Même que l'INO aurait un statut unique, c'est-à-dire qu'il se finance beaucoup plus que d'autres centres nationaux. «C'est ce qui fait sa nature et sa force», selon Réal Vallée, ajoutant qu'il est complémentaire aux centres de recherche universitaires.
Une priorité
L'Université Laval fait de l'optique-photonique une de ses priorités. D'ailleurs, un pavillon entièrement consacré à la photonique a été créé en 2007. «L'optique-photonique est un domaine en évolution partout dans le monde et en particulier au Canada et au Québec. C'est une discipline de recherche qui a un potentiel énorme», soutient M. Vallée.
L'important pour Jean-Guy Paquet est d'encourager la recherche universitaire. «Même si ça coûte cher de former des chercheurs, c'est absolument essentiel. Pour ce qui est de l'INO, il faudrait avoir les ressources nécessaires pour embaucher d'autres chercheurs et développer de nouveaux programmes en plus des neuf actuels. Si on est soutenus davantage par les gouvernements et l'industrie, on va aller plus loin.» Il souhaiterait même voir le nombre de chercheurs actuel doubler. «Deux cents n'est pas optimal. Je verrais bien à Québec un Institut d'optique où il y aurait de 300 à 400 personnes, 100 diplômés par année de l'Université Laval et 50 docteurs, ça serait formidable!
Le Musée de la civilisation s'illumine avec l'INO
La présentation de l'Institut national d'optique (INO) au Musée de la civilisation permettra de faire valoir son rôle dans la région de Québec, mais aussi de faire connaître ses équipements et ses réalisations.
L'événement gratuit et ouvert à tous sera aussi l'occasion d'attirer les jeunes vers des carrières scientifiques. «L'optique-photonique, c'est clairement LE secteur d'avenir!» insiste Jean-Yves Roy président et directeur général de l'INO.
Parmi les activités proposées entre 10h et 16h, des technologies seront exposées, dont le cytomètre Microflow, un appareil conçu pour analyser la composition du sang avec de la fibre optique utilisé par l'astronaute Chris Hadfield à bord de la Station spatiale internationale. Un prototype de la toute récente innovation Visi+, qui permet d'améliorer la visibilité dans les mines, fera aussi partie de l'exposition.
Il y aura également une projection d'un document vidéo consacré à l'histoire de l'INO, des conférences sur le laser et la fibre optique ainsi qu'un atelier jeunesse pour initier les enfants à l'utilisation de la haute technologie.