Selon Patrick Huot, le député de Vanier, l'objectif du gouvernment est de pourvoir 500 postes en technologies de l'information. Des 5000 candidatures reçues, 1444 ont réussi à se qualifier. En date du 8 décembre, 406 postes ont été comblés.

L'État accapare des talents du privé en informatique

La fonction publique québécoise refait le plein de ressources humaines en informatique. Au cours de la dernière année, 406 spécialistes ont été recrutés par les ministères et les organismes du gouvernement du Québec.
Ils viennent, pour la plupart, directement des cabinets de services-conseils en informatique qui ne parviennent tout simplement plus à retenir les services de leurs experts depuis que l'État a réduit le flot de contrats d'approvisionnement et de services professionnels liés aux technologies de l'information (TI) accordés au secteur privé.
«Notre défi, aujourd'hui, n'est pas autant de recruter de nouveaux employés que de conserver ceux que l'on a !» confiait récemment au Soleil le directeur des ressources humaines d'une entreprise privée de services-conseils en TI de Québec. 
«Déterminée à reprendre le contrôle de ses projets informatiques, la fonction publique mène une offensive de recrutement tous azimuts. Ça nous fait mal. Les compagnies d'assurances, aussi, nous rentrent dans le corps. Elles ont également ouvert beaucoup de postes en informatique ces derniers mois.»
«L'objectif du gouvernement est toujours de pourvoir 500 postes», informe le député de Vanier-Les Rivières à l'Assemblée nationale, Patrick Huot, qui vient d'accepter le mandat d'appuyer le ministre des Finances et président du Conseil du trésor, Carlos Leitão, dans la poursuite de la mise en oeuvre de la Stratégie gouvernementale en matière de technologie de l'information.
Ceux qui doutaient du pouvoir d'attraction de la fonction publique devront changer leur fusil d'épaule, affirme M. Huot.
En effet, le gouvernement a reçu plus de 5000 candidatures pour pourvoir les 500 postes en TI dans la fonction publique.
Du nombre, 1444 personnes ont réussi à se qualifier. 
«Ce qui est remarquable, c'est que près de 60 % d'entre elles détiennent plus de 10 ans d'expérience», fait remarquer Patrick Huot.
Au 8 décembre, la fonction publique avait réussi à pourvoir 406 postes, soit 321 postes de conseillers et 85 postes de techniciens.
Pour le député de Vanier-­Les Rivières, il y aura toujours des contrats pour nourrir le secteur privé. «Nous ne pouvons tout faire à l'interne. Le virage que nous avons entrepris permettra d'établir un équilibre.»
Il rappelle que le Vérificateur général avait fait des remontrances au gouvernement, en novembre 2015, dans un rapport de vérification particulière portant sur les contrats en TI.
Le chien de garde des finances publiques demandait aux élus de mieux encadrer l'utilisation des ressources externes et de rehausser l'expertise interne en ajoutant des effectifs «afin que l'État puisse avoir la maîtrise de ses fonctions stratégiques», insistait-il.
Le printemps dernier, le Secrétariat du Conseil du trésor publiait le Portrait de la main-d'oeuvre en technologies de l'information de la fonction publique
On y apprenait que 8865 personnes travaillaient dans les 39 spécialités et les 4 catégories d'emplois. Une répartition montrait que 66 % de main-d'oeuvre faisait partie du personnel de la fonction publique.
Industrie en transformation
Présidente du conseil d'administration de la VETIQ, Anick Tardif reconnaît que les fournisseurs de services en TI à Québec passent par une période plus difficile. Plusieurs doivent repenser leur modèle d'affaires. Conquérir de nouveaux marchés. «Les dirigeants des cabinets de services-conseils se posent des questions», confirme la porte-parole de cette organisation qui réunit les dirigeants des PME en TI de la grande région de Québec. 
Une industrie qui, à son avis, se porte bien dans la capitale. Le monde du jeu vidéo est en santé. Il en va de même pour les PME qui proposent des solutions Web et celles qui font découvrir le 3D et la réalité virtuelle. Seule la pénurie de main-d'oeuvre semble freiner les élans de la centaine d'entreprises qui font travailler 1600 personnes.
«Aujourd'hui, les grandes organisations publiques et privées veulent se réapproprier les technologies. Elles veulent reprendre le contrôle de leurs systèmes. Les maîtriser. Les faire évoluer. On parle d'un retour du balancier. Évidemment, tout ça provoque un mouvement de transformation important chez les fournisseurs de services», conclut Mme Tardif, qui, dans la vie de tous les jours, est directrice du bureau de Québec de Savoir-faire Linux.