L'homme d'affaires Peter Simons dénonçait cette semaine le fait qu'Amazon, Uber et d'autres géants envahissent le commerce de détail pour concurrencer les établissements québécois et canadiens sans percevoir les taxes de vente ou payer des impôts au pays.

Les propos de Peter Simons bien accueillis

Les intermédiaires de taxi de Québec et l'Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ) appuient sans réserve les revendications de M. Peter Simons concernant le marché inéquitable créé par des entreprises étrangères faisant affaire au Québec et au Canada sans respecter les règles du jeu.
Le Soleil rapportait, dans son édition de vendredi, les propos de l'homme d'affaires Peter Simons au sujet du commerce électronique. À son avis, les décideurs politiques semblent bien loin de la réalité du virage numérique et doivent revoir l'approche législative.
Il dénonçait le fait qu'Amazon, Uber et d'autres géants envahissent le commerce de détail au Québec pour concurrencer les établissements québécois et canadiens sans percevoir les taxes de vente ou payer des impôts au pays,
Marjolaine de Sa, directrice générale de l'AHRQ, appuyant M. Simons, affirme que «cette situation a trop duré et nos élus ne font que trop peu et trop lentement pendant que nos commerces se débattent avec des entreprises milliardaires qui n'ont aucun respect pour nos juridictions.»
Pour l'AHRQ, le paiement des taxes et impôts n'est qu'un seul des éléments problématiques en ce qui concerne certaines entreprises touristiques et hôtelières virtuelles. «L'usurpation des marques, la conformité aux réglementations municipales, l'intimidation commerciale sont des enjeux importants relatifs à ces empires monopolistiques.»
Les intermédiaires de taxi de Québec donnent leur appui à Peter Simons, soulignant qu'Amazon, Uber «et les autres sont implantés au Québec depuis des années. Les entrepreneurs québécois dénoncent cette concurrence déloyale», la «mollesse et la complaisance des élus sur cet enjeu».
Pour Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec, «l'iniquité est particulièrement frustrante du fait que des entreprises comme Simons ou celles du taxi embauchent des gens au Québec, achètent des locaux, paient des taxes, de l'impôt, des avantages sociaux. Pendant ce temps, les pires citoyens corporatifs, ceux qui ne contribuent en rien à la richesse collective sont ceux qui reçoivent les plus grands cadeaux de l'État. Ça n'a aucun sens. Monsieur Simons, nous partageons votre constat : cette situation est inacceptable et nos élus sont à plat ventre devant des entreprises qui nous volent.»
Pour les deux organismes, l'équité et la justice ne doivent pas être compromises pour permettre à des entreprises étrangères d'envoyer à l'étranger les capitaux gagnés ici.
Centre de distribution
Le PDG de Simons s'apprête à concrétiser des investissements massifs pour suivre son plan numérique avec la construction de son nouveau centre de distribution dans la région de Québec. La robotique, de nouveaux logiciels de gestions et des avancées dans le commerce électronique font partie du plan de quelque 150 millions pour que l'entreprise puisse faire face à la nouvelle réalité économique. Il estime que ces investissements technologiques créeront entre 200 et 300 emplois dans ce nouveau centre de distribution. Les détails seront annoncés plus tard cette année.