Sylvie Paquette, ex-PDG de Groupe Desjardins assurances générales ; Sophie d'Amours, rectrice de l'Université Laval ; Valérie Bécaert, de l'Institut de valorisation des données ; et Marie-France Ouimet, chef stratégie des données de la Banque Nationale du Canada, et l'animatrice Caroline St-Jacques, vice-présidente régionale Manuvie Québec

Les femmes d'affaires doivent s'intéresser au virage numérique

Les femmes n'ont pas besoin d'être informaticiennes, ingénieures ou scientifiques pour prendre des décisions sur l'usage du numérique dans les entreprises et dans la vie de tous les jours. Au contraire, elles doivent s'intéresser de près à cette réalité, si elles veulent une entreprise et une société qui leur ressemble. Elles doivent assumer le leadership, être des agents de changements dans les processus décisionnels.
C'est en substance les points ressortis des discussions lors du dîner-conférence où Sylvie Paquette, ex-PDG de Groupe Desjardins assurances générales ; Sophie d'Amours, rectrice de l'Université Laval ; Valérie Bécaert, de l'Institut de valorisation des données ; et Marie-France Ouimet, chef stratégie des données de la Banque Nationale du Canada, prenaient la parole devant plus de 400 femmes d'affaires réunies mardi à l'Hôtel Plaza de Québec.
Pour la rectrice Sophie D'Amours, il y a une prise de conscience majeure à faire, car la révolution numérique amène de grands défis dans les entreprises autant dans la gestion des ressources humaines et que celle de la confidentialité des données. «Si personne n'ose se départir d'un comptable dans un conseil d'administration, on note qu'il y a trop peu d'expertise numérique autour de la table alors que les risques financiers sont majeurs», illustrait-elle, que l'on prenne ou que l'on rejette le virage numérique.
Le traitement des données de masse et l'organisation algorithmes d'analyse ont besoin de la vision féminine et des diverses communautés ethniques pour éviter que les réponses soient calquées uniquement sur le modèle de l'homme blanc nord-américain. On ne peut pas laisser les géants de l'international imposer leur modèle, ajoutaient chacune à leur manière les participantes à la tribune organisée par le Cercle finance du Québec.
Si les femmes en affaires ont mis du temps à prendre leur place dans le monde de la finance, cette fois, les organisatrices du colloque des femmes en finances souhaitent qu'elles profitent de l'opportunité offerte pour s'intéresser à la révolution numérique en cours.
L'idée de mettre sur pied ce colloque a d'ailleurs surgi à la suite d'un récent sondage de l'Effet A montrant que les obstacles au développement des carrières des femmes en affaires provenaient d'un manque d'opportunités.
«Dans la préparation du colloque, nous avons misé sur les secteurs de l'ingénierie, des sciences, des technologies de l'information (TI) et du numérique comme sources inespérées d'opportunités», explique Mme Nicole Saint-Hilaire, organisatrice de l'événement, administratrice et trésorière du Cercle finance du Québec.
Peu de femmes sont à la tête d'entreprise en TI. «Le train se met en marche, il faut sauter sur l'occasion, ose Mme Saint-Hilaire. Il ne faut pas avoir à faire du rattrapage comme dans le monde de la finance. Les femmes doivent se positionner comme agentes de changements dans cette révolution numérique.»