Le film d’animation Nelly et Simon : mission Yéti a été projeté en première mondiale privée pendant le Cartoon Connection.

Les échos du Cartoon Connection

Des prix pour des productions québécoises

Deux projets de producteurs de Québec ont remporté deux prix prestigieux lors du Cartoon Connection qui se tenait à Québec au début de la semaine. Le s’agit du studio Squeeze avec son projet d’animation pour la télé Jax et de Production 10e Avenue avec son projet de film Brad, le génie.

«Dans tous les projets canadiens soumis aux concours, deux projets sont de Québec et le troisième projet télé pour Urbania de la région de Montréal. C’est un honneur qui vaut beaucoup de visibilité, mais aussi d’énormes possibilités de financement à l’international, car les projets choisis seront présentés à tous les diffuseurs en Europe lors des événements Cartoon Movie, à Bordeaux, et Cartoon Forum, à Toulouse, en septembre 2018», expliquait vendredi Louis Leclerc, directeur général de Pixel Québec organisateur de l’événement.

Producteurs ravis

Selon les nombreux commentaires qu’il a reçus à la fin de l’événement, les grands producteurs comme ceux de Sony et Disney et les autres provenant de 21 pays ont été ravis de ce qu’ils ont vu et entendu à Québec. Même le ministre de la Culture du Costa Rica était à Québec pour prendre le pouls de l’industrie de la diffusion et de la production. 


« C’est un honneur qui vaut beaucoup de visibilité, mais aussi d’énormes possibilités de financement à l’international, car les projets choisis seront présentés à tous les diffuseurs en Europe. »
Louis Leclerc, directeur général de Pixel Québec
Michael Hirsh et Fred Siebert, de Wow! Unlimited ont lancé le Cartoon Connection avec le modérateur Ken Faier (au centre), nouveau membre du conseil d’administration de Pixel Québec.

«L’événement assure une belle et grande visibilité à l’international pour Québec et ses créateurs», estime M. Leclerc pendant qu’il réfléchit à la 10e présentation du Cartoon Connection de 2018.

Mardi, la fondatrice de Production 10e Ave, Nancy Florence Savard, souhaitait que son projet soit retenu par le jury de diffuseurs internationaux. «Lorsque nous avons décroché cet honneur pour le film Le trésor de Morgaä, en 2016, il a pu être présenté au Cartoon Movie à Bordeaux en mars 2017 devant une salle de diffuseurs et distributeurs mondiaux. Avec Le Coq de Saint-Victor, c'est sa présence à Cinekids à Amsterdam qui a permis conclure une entente de distribution avec Universal Studio pour 98 pays. Si nous avions la même chance cette année ce serait génial», affirmait-elle. Son souhait s’est avéré.

Quant à sa plus récente production, Nelly et Simon : mission Yéti, elle a été projetée en présentation privée pendant le Cartoon Connection. Mme Savard pouvait déjà compter sur une trentaine d’ententes de diffusion dans autant de pays. Son film sera présenté du 24 au 26 octobre en compétition au Cinékids à Amsterdam.

Les participants au Cartoon Connection provenaient de 21 pays.

Pendant ce temps, l’équipe ne chôme pas. Sept longs métrages sont en préparation, quatre à l’étape de scénarisation, et un autre est rendu à la phase de financement.

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Netflix et YouTube attaquent les cases horaires

Pendant que la classe politique s’interroge sur une taxe pour Netflix, les consommateurs demandent encore plus de séries télévisées et les enfants veulent plus d’émission d’animation. Mais surtout, ce qu’ils désirent, c’est regarder ce qu’ils veulent lorsqu’ils le choisissent sans s’astreindre à la case horaire d’un télédiffuseur.

Pour de nombreux diffuseurs, le principe de la case horaire fixe pourrait disparaître à cause des nombreuses options de diffusion en continu.

«C’est semblable à la lecture d’un roman que l’on commence au début de la soirée et dont on veut connaître la fin, même s’il faut continuer de le lire dans le lit éclairé par une lampe de poche», soutient Michael Hirsh, un maître dans l’industrie télévisuelle depuis quelques décennies, lors d’une entrevue avec Le Soleil.

Invité au Cartoon Connection pour la conférence d’ouverture avec Fred Seibert, une autre sommité de la production de contenu télévisuel avec qui il a fondé l’entreprise Wow! Unlimited, Michael Hirsh parle clairement d’un changement d’époque, où les principes de la diffusion continue et des émissions à la demande font sauter le paradigme des cases horaires.

«Les diffuseurs n’ont pas le choix de s’adapter. Le consommateur demande encore plus de ce contenu qui le fait vibrer. Ce qui amène les diffuseurs à demander plus de créations originales aux créateurs de contenu», affirme le spécialiste.

C’est ce qui a fait dire à Fred Seibert, en ouverture de l’événement au Concorde mardi matin, que les fournisseurs de contenu à la demande comme YouTube ou Netflix réveillent le geek qui sommeille en chaque téléspectateur.


« Les diffuseurs n’ont pas le choix de s’adapter. »
Michael Hirsh, de Wow! Unlimited

Même si la diffusion de telle ou telle série semble être une production de niche, les diffuseurs en ligne YouTube, Netflix et les autres fournisseurs comparables inondent le monde tout entier d’un seul coup, ce que la diffusion télévisuelle traditionnelle ne peut faire avec ses contraintes d’horaire et de langue.

C’est l’âge d’or de la production de contenu, ajoute Steve Couture, président du conseil d’administration de Pixel Québec, pour appuyer les propos de Michael Hirsh.

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Squeeze poursuit sur sa lancée

Alors que la série Craké! a pratiquement fait le tour de la planète, la suite est en marche dans les esprits et sur les écrans des créateurs du studio Squeeze de Québec, soutient Denis Doré, cofondateur de l’entreprise qui continue de croître dans le quartier Saint-Roch.

Avant même de savoir que le projet de série télé animée pour les enfants, Jax, recevrait un Cartoon Award pendant le Cartoon Connection, l’homme d’affaires parlait de son projet avec verve. 


« Rien n’empêche un studio de Québec d’être en compétition avec les meilleurs au monde. »
Denis Doré, de Squeeze

«Ce sera un univers numérique qui se déclinera en série animée, en pages Web et en application mobile que nous voulons réaliser avec un partenaire à l’international, a-t-il expliqué au Soleil. Depuis les débuts de l’entreprise, il y a cinq ans, l’objectif du studio a toujours été de développer des propriétés intellectuelles originales tout en travaillant sur des projets de services pour des producteurs majeurs.

Au cours des derniers mois, la superficie du studio a pratiquement doublé pour accueillir les quelque 70 employés. «Notre vision ambitieuse depuis le début, avec Patrick Beaulieu, a toujours été de rayonner à l’international. Rien n’empêche un studio de Québec d’être en compétition avec les meilleurs au monde et les plus grands.»

La série Cracké! en est la preuve avec ses 52 épisodes qui font le tour du monde à partir de Québec. Sans dévoiler de secrets, Denis Doré souligne que plusieurs projets originaux sont envisagés pour les prochains mois et les prochaines années.