La statue de François-Gaston de Lévis fait 7 pieds et 9 pouces. C'est l'une des plus grandes au monde à avoir été réalisées grâce à la numérisation 3D et à l'impression 3D.

Les Artisans du Passage: un exemple de technoculture à Lévis

Un mélange de technologie de pointe, de numérisation et d'impression en 3D et de design industriel auquel s'ajoutent l'utilisation des réseaux sociaux et la fabrication de produits inédits, voilà la recette qui fait des Artisans du Passage, à Lévis, un exemple d'entreprises du monde de la technoculture.
<p>Ce qui a fait le succès des Artisans du passage dans la dernière année, ce sont les bagues de fiançailles et de mariage qui portent une incrustation en 3D de l'empreinte digitale des conjoints.</p>
Après ses études de maîtrise en design industriel en France sur l'utilisation des technologies de pointe, Charles-Olivier Roy a fondé Artisans du Passage en 2007. Une de ses premières réalisations a été un bracelet en argent avec une breloque en 3D de la fontaine de Tourny, qui avait été numérisée par Creaform. Le bijou a été remis aux conjointes des chefs d'État qui participaient au Sommet de la Francophonie à Québec en 2008.
Plus tard, ce fut la numérisation de la statue de François-Gaston de Lévis, dans une niche extérieure de l'édifice du parlement de Québec. Le duc de Lévis a donné son nom à la ville, il fut chef militaire après la mort de Montcalm et a remporté la bataille de Sainte-Foy en 1760. La statue de
7 pieds et 9 pouces est l'une des plus grandes au monde à avoir été réalisées grâce à la numérisation 3D et à l'impression 3D. Elle trône depuis juin sur la Terrasse de Lévis pour y rappeler le 150e anniversaire de la ville.
Toutefois, ce qui a fait le succès de la jeune entreprise dans la dernière année, ce sont les bagues de fiançailles et de mariage qui portent une incrustation en 3D de l'empreinte digitale des conjoints. Les bagues avec l'empreinte digitale de l'être aimé comportent un côté très original et inédit, sans compter toute la valeur émotive liée à l'objet. Mais le succès du produit, le bond fulgurant dans les ventes, c'est par Facebook qu'il est venu et non avec le marketing traditionnel.
«Nous avons une technologie de numérisation et d'impression en 3D très performante, des logiciels pour la gestion du processus du client à l'usine, souligne Charles-Olivier Roy. Notre produit s'adresse à des jeunes de 20 à 35 ans. Ils sont habitués aux achats en ligne et aux réseaux sociaux. C'est en créant notre page professionnelle dans Facebook que tout a débloqué. Le chiffre d'affaires a grimpé de 500 % comparativement à l'année précédente.»
En ayant près de 12 000 amis Facebook, l'entreprise s'ouvrait sur un bassin de plus de 1,3 million de clients potentiels juste au Québec. 
Lorsqu'un ami des amis change son statut Facebook de célibataire à fiancé, l'outil de la page professionnelle le détecte et peut envoyer une publicité ciblée pour les bagues en vue des fiançailles ou du mariage éventuel.
La circulation sur la page Artisans du Passage a grimpé au point que les revenus ont quintuplé. Mieux encore, l'effet viral de Facebook fait en sorte que chaque dollar investi en publicité en rapporte 15. Et ce n'est qu'au Québec, province où le taux de nuptialité est de 2,9 pour 1000. Il est de 4,4 au Canada et de 6,6 aux États-Unis.
Avec le succès actuel, Charles-Olivier Roy veut élargir les horizons de son entreprise vers le reste du Canada et les États-Unis. Après, il visera d'autres marchés, comme celui de l'Asie. D'ailleurs, la Chine représente un bassin incroyable, avec un taux de nuptialité de 9,8 pour 1000.
Puisque tous les produits se créent en 3D, peu importe où se trouvera le client, Artisans du Passage pourra faire réaliser les bagues en envoyant le fichier numérique à des fournisseurs de services à l'étranger. Il reste à mettre la touche finale à la méthode de prise de l'empreinte digitale à partir d'une photo par téléphone tout en montrant le résultat en temps réel sur les mains des clients en utilisant la réalité augmentée sur les supertéléphones.
En même temps, le site Web et le site transactionnel en ligne utiliseront la langue maternelle des clients. C'est l'ouverture sur le monde qui attend Charles-Olivier Roy et ses partenaires Aaron Bass, designer, et Jérôme Baillargeon, spécialiste 3D. Pour l'instant, l'entreprise est en recherche de financement pour assurer sa croissance et rapatrier la production à Lévis. Cela pourrait se traduire par une quinzaine d'emplois dans les prochaines années. Les investissements sont coûteux: par exemple, un numériseur 3D vaut dans les 100 000 $.
Production
Quant à la production, elle pourrait atteindre facilement les 15 000 à 20 000 bagues. Et le chiffre d'affaires pourrait grimper dans les dizaines de millions avec l'ouverture de nouveaux marchés.
Un chiffre d'affaires élevé permettrait à Charles-Olivier Roy de mettre du temps sur l'autre volet de la mission de l'entreprise, qui est de mettre la technologie de pointe au service des arts, de la culture et du patrimoine, en plus de mettre en marché des produits de qualité et d'une grande durabilité qui peuvent se transmettre de génération en génération.
D'ailleurs, des négociations sont en cours avec des musées au Québec pour numériser les collections en 3D et les rendre accessibles pour des visites virtuelles. «Nous avons fait la preuve de nos capacités», affirme-t-il en entrevue. «Notre plan d'affaires est simple, notre produit est bien défini, notre marché aussi. Il nous rester à trouver les moyens financiers d'assurer notre croissance.»