Le nouveau pdg de Frima, Martin Carrier,  a indiqué que la réalité virtuelle sera un marché important d'environ 15 milliards $ en 2021, et que l'entreprise de Québec est bien en place pour l'attaquer, notamment dans le domaine de l'architecture.

Le Phare en réalité virtuelle?

Comme le dit le proverbe : après la pluie, le beau temps. Le studio de divertissement Frima a aujourd'hui un nouveau président et chef de la direction, Martin Carrier. Le grand patron ne le cache pas, le défi est de taille pour remettre l'entreprise sur les rails et faire résonner davantage son nom sur la scène internationale. Ce n'est toutefois pas les idées qui manquent dans la tête de l'entrepreneur originaire de l'Abitibi-Témiscamingue. Il souhaite entre autres réaliser un mariage entre le projet immobilier Le Phare et la réalité virtuelle. Pourquoi pas!
Q Les derniers mois ont été difficiles chez Frima avec le licenciement d'une soixante de cerveaux, la fermeture du bureau de Montréal et le départ de l'un des fondateurs, Steve Couture. Quel est votre plan d'affaires? 
R L'entreprise compte aujourd'hui 200 travailleurs [ils ont déjà été 400] et la vie d'une compagnie n'est pas un long fleuve tranquille. On ne souhaite jamais avoir des soubresauts comme Frima a connu cette année. Ce n'est toutefois pas du jamais-vu dans le monde corporatif. Nous sommes dans un marché très porteur. Si nous sommes opportunistes, nous pouvons très bien réussir. Pour moi, il y a trois piliers importants chez Frima, le jeu vidéo, avec nos propriétés comme Fated et Chariot, le côté service pour les autres entreprises, notamment dans le secteur de l'animation, et le développement de la réalité virtuelle. 
Q Quels sont vos projets pour les prochains mois?
R Nous avons la production MaXi, une série d'animation jeunesse, qui sera présentée dès septembre sur la chaîne TFO. C'est une très belle carte de visite. Nous espérons également avoir de bonne nouvelle pour cet automne dans le secteur de l'animation, soit avec une nouvelle licence. Pour le moment, nous ne pouvons rien dire de plus. Nous avons aussi un nouveau jeu qui sortira bientôt. Du côté de la réalité virtuelle, nous avons acquis une certaine expérience. Nous avons entre autres collaboré sur L'expérience La bibliothèque, la nuit. La réalité virtuelle est un important marché qui connaît une croissance de 70 % annuellement. Il s'agira d'un marché d'environ 15 milliards $ en 2021. Et nous sommes positionnés pour explorer et attaquer ce secteur d'affaires, par exemple, en terme d'expérience virtuelle dans le domaine de l'architecture. Pour le projet Le Phare [un complexe avec une tour de 65 étages], nous pourrions créer une visite complète de l'édifice. Pour le premier spectacle, nous pourrions l'offrir de façon virtuelle avant même que la salle ne soit construite. Je veux prochainement rencontrer les gens du Groupe Dallaire.
Q L'industrie des jeux vidéo est-elle encore florissante?
R Nous sommes dans un écosystème. Les grands groupes ont besoin des plus petits. On trouve notre place dans l'industrie avec nos services de qualité. Nous offrons aussi à nos employés une expérience différente. Nous avons également l'avantage que les décisions de l'entreprise se prennent à Québec. Nous n'avons pas à négocier avec une maison mère. C'est un plus, car dans le monde de la technologie et de la créativité, ça bouge très vite.
Q Visez-vous de nouveaux marchés à l'étranger avec Frima?
R Nous souhaitons que nos produits soient disponibles pour les consommateurs à travers le monde. Aujourd'hui, il n'y a plus de barrière. Prochainement, on voudrait amener notre jeu Chariot sur la Nintendo Switch. Pour Fated, nous voulons le transporter à l'international, notamment en Chine.
Q Pourquoi avoir choisi de quitter vos fonctions de vice-président et chef de studio de Warner Bros. Games Montréal, une boîte qui compte environ 600 travailleurs, pour venir vous établir à Québec?
R Mon aventure dans le domaine a débuté il y a 20 ans. J'ai intégré la filière des jeux vidéo en 1997 avec Ubisoft à Montréal. En 2005, j'ai collaboré sur l'ouverture d'Ubisoft Québec. Je connais très bien l'environnement d'affaires de la région. Après mon passage avec cette compagnie, j'ai travaillé durant une certaine période dans le mobile. Après, j'ai monté le projet de Warner. Cela a commencé dans mon sous-sol. J'avais envie de monter un nouveau studio et je voulais m'associer avec un grand joueur du divertissement. Il aura fallu 18 mois pour développer le projet. Nous étions dans la crise financière mondiale en 2008-2009. Le 1er juin 2010, l'entreprise voyait le jour. Cela a été une expérience incroyable. Pour moi, je sentais que j'avais accompli ma vision. L'entrepreneuriat, c'est un peu comme une drogue. J'avais envie d'un nouveau défi et de travailler pour une boîte québécoise.
Nouvelles fonctions pour le cofondateur
Avec la nomination chez Frima de Martin Carrier à titre de président et chef de la direction, le cofondateur et directeur depuis près de deux ans de la boîte québécoise installée dans le quartier Saint-Roch Christian Daigle se verra confier de nouvelles fonctions au cours des prochains mois. Il demeurera membre actif de l'équipe de direction tout comme l'un des autres cofondateurs, Philippe Bégin. 
M. Carrier possède près de 25 ans d'expérience dans le domaine du divertissement, notamment chez Warner Bros. Games Montréal, O&O, Bluestreak Technology et Ubisoft Montréal. En décembre 2016, il avait été nommé président du C.A. de Bibliothèque et Archives nationales du Québec par le Conseil des ministres du Québec. Fondé en 2003, le studio Frima compte entre autres comme partenaires LEGO, Mattel, Zynga, Ubisoft, Hasbro et Electronic Arts.