Trois mois après son entrée en fonction comme président du studio Frima, Martin Carrier voit l’avenir d’un bon œil.

Le nouveau patron de Frima mise sur le talent créatif

Un nouveau défi à relever, mais surtout le volet entrepreneurial du fonctionnement du studio indépendant Frima ont convaincu Martin Carrier de faire le saut dans l’aventure dans le projet de relancer cette entreprise de l’écosystème numérique de Saint-Roch.

Trois mois après son entrée en fonction comme président du studio, Martin Carrier voit l’avenir d’un bon œil. Il a eu le temps de se faire une idée des forces de son équipe pour orienter les projets du studio dans plusieurs volets.

Il connaît bien Québec et Saint-Roch pour avoir travaillé chez Ubisoft en 2005 avant de diriger, au cours des dernières années, le studio WB Games de Montréal depuis sa fondation.

Il faut dire qu’avant l’arrivée du nouveau président, Frima avait vécu des rebondissements avec la mise à pied d’une centaine d’employés, le tiers des effectifs. L’épisode sombre est derrière et l’avenir est en avant dans de nouveaux projets de jeux vidéo, d’animations, de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée sans oublier les jouets connectés.

«Nous avons en place une équipe agile et rapide qui peut se virer de bord sur une pièce de monnaie, illustre Martin Carrier. Nous avons la capacité d’être créatifs, innovant avec des projets pour des partenaires et nos propriétés intellectuelles propres.» Ainsi la continuité de Frima se compare au coureur de demi-fond capable d’un départ rapide tout en ayant l’endurance de la longue course pour finir avec de l’énergie en sprint dans le dernier droit.


Nous avons en place une équipe agile et rapide qui peut se virer de bord sur une pièce de monnaie
Martin Carrier

«Le marché est en constante évolution et nous devons nous donner les capacités de réagir rapidement tout en misant sur notre créativité,» expose M. Carrier. Il donne l’exemple des moteurs de jeux vidéo pour contrôler les animations pour des émissions de télévision par exemple. Le rendu est meilleur, plus rapide et les effets sont plus faciles à maîtriser comme il le démontre avec son équipe dans un projet d’émission pour Canal +.

Jouets connectés

Frima, tout en développant ses propres produits, continuera d’œuvrer comme prestataire de services avec des partenaires comme Mattel, Hasbro, Lego, Ubisoft, Electronic Arts et plusieurs autres, notamment dans le secteur des jouets connectés. «Nous maîtrisons le côté logiciel comme le côté matériel dans ce domaine», avance-t-il. 

«Nous le faisons avec Mattel pour le poupée Barbie en intégrant le côté du jeu virtuel avec le jeu réel des enfants. Le monde numérique devient un autre volet du jeu réel.» C’est aussi le cas avec les jouets de la série Nexo Knights de Lego avec un pont entre le réel et le virtuel numérique avec une application pour tablette et des activités en ligne. «Frima a la sensibilité qu’il faut pour développer des produits adaptés aux enfants», souligne M. Carrier. Les jouets connectés compteront pour 15 milliards d’unités d’ici 2022 dans la progression du développement des objets connectés.

Il sait aussi qu’il peut compter sur l’appui des actionnaires que sont le Fonds de solidarité de la FTQ et le géant franco-belge du divertissement Média-Participations.

Réalité virtuelle

Frima continuera ses approches dans le secteur de la réalité virtuelle comme le studio l’a fait avec sont jeux Fated. Cependant, M. Carrier note que le marché s’ouvre tranquillement alors qu’en même temps les fabricants de casques de réalité virtuelle «démocratisent» l’accès à la technologie avec des produits d’entrée de gamme. Les premiers casques coûtaient plusieurs centaines de dollars en plus de l’investissement nécessaire dans une console ou un ordinateur performant.

Actuellement, Frima planche sur un nouveau jeu qui se nommera Illusions avec la participation financière du Fonds des médias du Canada, en plus de développer d’autres projets d’animation pour le Web et la télé comme ce fut le cas avec Maxi pour le Groupe TFO.

En même temps, le studio portera son jeu Chariot sur la console Nintendo Switch, un jeu qui a connu du succès sur les autres consoles.

La consolidation des opérations, estime Martin Carrier, permettra au studio de demeurer un partenaire incontournable tant pour la créativité que pour son expertise unique pour faire le pont entre les utilisations logicielle et matérielle dans les jouets connectés, dans les expériences de réalité augmentée et de réalité virtuelle, sans laisser de côté le monde de l’animation sur le Web, la télé ou le cinéma tout en continuant de développer ses jeux vidéos de propriété intellectuelle propre.