Le Royaume-Uni et la France représentent près de 30 % des revenus générés par CGI, qui dévoilait mercredi ses résultats du deuxième trimestre.

La situation européenne n'inquiète pas CGI

La situation géopolitique qui prévaut actuellement en Europe n'a pas provoqué de ralentissement des activités du Groupe CGI dans cette région, estime la direction de l'entreprise technologique montréalaise.
Au Royaume-Uni, les électeurs seront appelés aux urnes le 8 juin dans le cadre d'élections générales anticipées, alors qu'en France, la campagne présidentielle arrivera à terme dimanche avec la tenue du deuxième tour de scrutin.
Ces deux régions représentent près de 30 % des revenus générés par CGI (TSX : GIB.A), qui dévoilait mercredi ses résultats du deuxième trimestre.
«Les élections anticipées [au Royaume-Uni] ont un impact sur la [livre sterling], a expliqué le président et chef de la direction de l'entreprise, George Schindler, au cours d'une conférence téléphonique. Il y avait déjà des retards en ce qui a trait à certains contrats gouvernementaux.»
Celui-ci a ajouté qu'il n'avait pas observé de changements depuis que la première ministre britannique Theresa May a causé la surprise, le mois dernier, en annonçant des élections anticipées. CGI a déjà estimé que le vote référendaire du Brexit n'allait pas freiner sa croissance au Royaume-Uni.
Interrogé par un analyste sur la situation en France, où la candidate d'extrême droite Marine Le Pen croise le fer avec le centriste Emmanuel Macron, le grand patron de CGI a répondu que la situation n'avait pas eu d'impact à «court terme».
M. Schindler a par ailleurs été questionné à plusieurs reprises sur ses intentions en matière d'acquisition, puisque la société a toujours l'ambition de doubler sa taille dans un intervalle de cinq à sept ans, soit d'ici environ 2021.
La dernière transaction majeure réalisée par CGI remonte à 2012, lorsqu'elle avait allongé 2,8 milliards $ pour mettre la main sur la firme britanno-néerlandaise Logica.
«Les [occasions de transactions transformationnelles] sont là, mais elles demandent une évaluation plus poussée», a répondu M. Schindler.
Depuis 2012, l'entreprise a néanmoins continué d'être active au chapitre des acquisitions en achetant des firmes de plus petite taille. Son dirigeant a souligné que cinq transactions avaient été réalisées au cours des cinq derniers trimestres.
«Une importante acquisition pourrait se concrétiser compte tenu du solide bilan financier, mais il est difficile de prévoir quand», a souligné Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux.
Dans sa note envoyée par courriel, l'analyste relève que CGI a dégagé des liquidités de 1,4 milliard $ au cours de la dernière année.
Sous les attentes
Au deuxième trimestre terminé le 31 mars, CGI a raté de justesse la cible des analystes en affichant un recul de ses profits et revenus.
Elle a engrangé un bénéfice net de 274,4 millions $, ou 90 ¢ par action, comparativement à 282,7 millions $, ou 90 ¢ par action, à la même période lors de l'exercice précédent.
De leur côté, les revenus sont passés de 2,75 milliards $ l'année dernière à 2,72 milliards $ cette année. La fluctuation des devises a eu une incidence négative de 178,6 millions $, a souligné CGI.
Avec des taux de change constants, le chiffre d'affaires aurait affiché une croissance de 5,6 %.
Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté de CGI a été de 275,2 millions $, ou 91 ¢ par action, en progression de 2,6 % par rapport au deuxième trimestre de 2016. Cette performance s'est avérée en deçà des attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit ajusté par action de 93 ¢ et sur des recettes de 2,74 milliards $.
En date du 31 mars, le carnet de commandes de l'entreprise de quelque 70 000 employés était de 20,96 milliards $, comparativement à 20,7 milliards $ à la même date en 2016.
À la Bourse de Toronto, l'action de CGI a terminé la séance en recul de 1,25 $, ou 1,87 %, à 65,55 $.