Sophie D'Amours, présidente de la Coalition FORCE 4.0, était accompagnée par des robots pour la ratification de la déclaration constitutive du groupe.

La Coalition FORCE 4.0 prend son envol

«Bonjour, bienvenue au Centre de recherche industrielle du Québec!»
C'est un robot de téléprésence dirigé par un employé du Centre qui a accueilli les représentants des médias et les gens d'affaires de la région vendredi pour le lancement de la Coalition FORCE 4.0. Et un deuxième robot collaboratif baptisé Baxter attendait les participants dans la salle de conférence. Difficile de nier le fait que la quatrième révolution industrielle frappe à nos portes, celle de la numérisation et de l'Internet des objets.
Afin de soutenir davantage l'innovation et de favoriser le développement social, industriel, technologique et numérique de la région, 14 acteurs du développement économique et de la recherche ont décidé de s'associer et de former la Coalition FORCE 4.0. Ils ont procédé vendredi à la ratification de la déclaration constitutive.
Et pourquoi 4.0? Car il y a eu, premièrement, la révolution industrielle, soit celle de la machine à vapeur, ensuite celle de l'électricité et de l'automatisation et, troisièmement, celle de l'électronique et de la robotique.
Stimuler l'essor de la région
«Cette initiative illustre la volonté de membres de la communauté d'affaires et de la recherche de donner un élan à la capacité innovante de la région de Québec. Nous souhaitons que le dynamisme régional soit mis à contribution pour stimuler encore plus l'essor de la région et le mieux-être des citoyens», affirme Sophie D'Amours, présidente de la coalition. Cette dernière oeuvre déjà depuis avril. Le groupe s'est jusqu'à présent réuni au moins une fois par mois.
Mme D'Amours rappelle que chaque révolution industrielle fut précédée par des périodes d'incertitude et d'instabilité géopolitique suivie d'une période de grande croissance économique. «Alors que les premières vagues dans l'histoire ont duré environ 50 ans, celle-ci s'annonce beaucoup plus courte, on parle de 15 à 20 ans», note la docteure en génie industriel, dont le nom circule pour succéder à Denis Brière au poste de recteur de l'Université Laval. «Lorsqu'on analyse l'histoire, on réalise que chacune des vagues a provoqué des changements majeurs. Une redéfinition des forces économiques mondiales, l'émergence de nouveaux modèles et aussi une redéfinition de l'emploi», poursuit-elle, d'où l'importance d'agir vite. «Il faut accélérer le pas dans ce dossier. Il faut réaliser aujourd'hui que toutes nos vies se sont enrichies d'un espace numérique qui apporte d'incroyables opportunités.» 
Projets à soumettre
Au cours des prochaines semaines, les entrepreneurs pourront soumettre leur projet innovant aux membres de la coalition. Cette dernière va par la suite échanger sur l'idée et conserver ceux ayant le potentiel de transformer l'économie régionale. Pour les projets d'ampleur, qui nécessiteront l'aide de la coalition, le regroupement tentera de faciliter la mise en marché du produit. «Pourquoi, à Québec, on ne ferait pas de la robotique avancée? Est-ce que c'est quelque chose qu'on peut pleinement déployer? On va se poser ces questions-là. Comme les gens l'ont faite lorsque cela a été le temps de l'optique photonique», souligne Mme D'Amours. 
Pour le président du Groupe Optel, Louis Roy, il est important que Québec se prépare pour faire face à la quatrième révolution industrielle. «Il faut utiliser les technologies pour changer les choses. Bâtir des technologies qui vont régler des problèmes. On ne peut plus dépendre du pétrole. [...] La quatrième révolution industrielle recèle un immense potentiel d'opportunités pour les entreprises», avance-t-il. L'un des objectifs de la coalition est d'ailleurs de développer des solutions durables à des défis sociétaux.
Les membres du comité
On retrouve au comité Sophie D'Amours, professeure titulaire au Département de génie mécanique de la Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval, Alain Aubut, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec, Yves Bégin, vice-recteur à la recherche et aux affaires académiques à l'INRS, Lyne Bouchard, professeure agrégée et directrice de l'observatoire en gouvernance des technologies de l'information de la Faculté des sciences de l'administration à l'Université Laval, Jacques Castonguay, «ambassadeur de l'innovation», André Darveau, doyen de la Faculté des sciences et génie à l'Université Laval, Jacqueline Dubé, présidente-directrice générale du CEFRIO, Michel Gendron, doyen de la Faculté des sciences de l'administration à l'Université Laval, Denis Hardy, président et directeur général au Centre de recherche industrielle du Québec, Natalie Quirion, présidente et directrice générale du Parc technologique du Québec métropolitain, Jean-Yves Roy, président et directeur général de l'Institut national d'optique, Louis Roy, président du groupe Optel, Dragan Tubic, président de Umanx, et Carl Viel, président et directeur général de Québec International.
En campagne pour l'élection au rectorat de l'Université Laval?
Au début du mois d'octobre, Le Soleil révélait que la docteure en génie industriel Sophie D'Amours était intéressée pour succéder à Denis Brière à la tête de l'Université Laval. Le lancement de la Coalition FORCE 4.0, vendredi, était-il le début de sa campagne, et ce, même si la course ne débute qu'officiellement en février? «Dans mon histoire, on me colle l'innovation. C'est une étiquette que je porte parce que cela me passionne en tant qu'ingénieure mécanique. J'ai grandi dans le monde de l'innovation. Aujourd'hui, c'est un beau moment, c'est le moment de toute la Coalition avec 14 acteurs. Ce n'est pas le projet de Sophie D'Amours, c'est le projet de 14 personnes. Je vois qu'on pourrait faire des liens entre les deux, mais ce que je veux qu'on retienne, [...] c'est que c'est un grand projet pour la région», indique-t-elle, ne cachant pas son intérêt pour le trône de M. Brière. L'actuel vice-recteur principal Éric Bauce préparerait aussi sa candidature.