PokerStars, PartyPoker, 888poker, Full Tilt Poker et Cie seront bloqués à travers la province dès l'automne 2017, à moins que leur société mère fasse partie «de la poignée d'entreprises» qui s'associeront à Loto-Québec.

La chasse aux sites de jeux illégaux est ouverte

La chasse aux sites illégaux de jeux de hasard en ligne est bel et bien ouverte chez Loto-Québec. Plusieurs entreprises ont été ciblées au cours des derniers mois. La société d'État prévoit d'ailleurs lancer les appels d'offres d'ici le printemps pour dénicher ses nouveaux partenaires. Seules les compagnies retenues pourront continuer d'opérer en sol québécois.
PokerStars, PartyPoker, 888poker, Full Tilt Poker et Cie seront bloqués à travers la province dès l'automne 2017, à moins que leur société mère fasse partie «de la poignée d'entreprises» qui s'associeront à Loto-Québec. Cette dernière évalue à un peu plus de 2000 le nombre de sites Web de jeux d'argent en ligne opérant actuellement de façon illégale sur le territoire. 
«L'appel d'offres sera lancé dans les premiers mois de 2017 et le processus durera environ 11 mois avant que tout soit opérationnel», indique au Soleil le directeur des communications de Loto-Québec, Patrice Lavoie, notant que le marché des jeux de hasard et d'argent en ligne génère des revenus d'environ 250 millions $ par année à travers la province. De ce montant, la part du gâteau d'Espacejeux.com, le site Web de la société d'État, a représenté 26,2 % en 2015-2016, soit 66,2 millions $.
«À travers les trois appels d'offres [qui devaient être initialement lancés à l'automne], on va chercher des partenaires en poker, en paris sportifs et en jeux de casino. Ils vont voir légaliser leur offre et vont venir bonifier le site d'Espacejeux avec leurs produits», explique M. Lavoie, précisant qu'avec cette nouvelle mesure, Loto-Québec prévoit engranger 27 millions $ de profits supplémentaires durant la première année complète d'exploitation. «Il risque d'avoir un opérateur par type de jeux, mais cela reste à voir, car les détails des appels d'offres ne sont pas finalisés. On veut s'associer à ceux qui vont offrir les jeux les plus intéressants à notre clientèle», poursuit-il. 
En contrepartie pour obtenir le droit d'offrir leurs produits aux internautes québécois, Loto-Québec va prendre un pourcentage dont l'ampleur reste à confirmer sur les revenus de ses partenaires affiliés à l'Espacejeux. Toutes les compagnies, et ce même si elles n'ont pas pied à terre au Canada, vont pouvoir participer aux appels d'offres si elles répondent aux critères.
L'offensive de Loto-Québec fait suite aux mesures de filtrage des sites illégaux adoptées au printemps dernier à l'Assemblée nationale (loi 74). Les nouvelles mesures obligent entre autres les fournisseurs de services Internet à bloquer l'accès aux sites illégaux de jeu d'argent inscrits sur la liste établie par la Société des loteries du Québec. Cette liste devrait être transmise au cours des prochains mois à la Régie des courses et des jeux (RACJ) du Québec, avant d'aboutir sur les bureaux de Vidéotron, de TELUS, de Cogeco, de Rogers et de Bell.
Campagne de sensibilisation
Afin de sensibiliser les internautes qui utilisent des sites de jeux en ligne illégaux, Loto-Québec prévoit lancer une campagne de sensibilisation à l'été 2017. 
«On va tout d'abord prévenir les gens qui jouent sur des sites en ligne donc certains sont considérés comme illégaux», affirme M. Lavoie. «Par la suite, il va y avoir une deuxième phase de la campagne où on va dire aux gens : "Si vous jouez en ligne à partir de telle date, retirer votre argent, car après les sites vont être bloqués. Les Québécois ne pourront plus y avoir accès"», ajoute-t-il. Un fournisseur de jeu en ligne pourra toutefois continuer d'avoir des joueurs d'ailleurs.
Loto-Québec a lancé son site Espacejeux en 2011. Les joueurs ont accès aujourd'hui à plusieurs dizaines de jeux en ligne, entre autres des machines à sous et des jeux de table.