Jean-Sébastien Boulard, directeur des ressources humaines chez Ludia

Industrie du jeu vidéo: les aléas du recrutement

Dans le monde du jeu vidéo, il n'est pas toujours facile de recruter du personnel qualifié. Il faut souvent passer par le recrutement à l'international pour pourvoir des postes avec des employés séniors.
C'est ce qu'a vécu depuis quelques années le studio Ludia de Montréal, spécialisé dans les jeux sur les appareils mobiles. De nombreux étrangers travaillent déjà ici, mais la recherche de compétences spécifiques exige de participer à des missions pour attirer des talents au Québec.
«Il nous faut toujours des employés séniors pour gérer les équipes de travail sur nos projets de jeux», souligne Jean-Sébastien Boulard, directeur des ressources humaines du studio montréalais.
C'est pour cette raison que Ludia participait récemment aux Journées Québec à Paris à la fin de mai. «L'industrie du jeu vidéo au Québec est une industrie ultra-
compétitive sur le plan du recrutement de talent qualifié et d'expérience. C'est difficile de trouver les ressources au Québec ou à Mont­réal. Dans cette optique, le studio qui compte 300 personnes poursuit sa croissance et son expansion, et nous n'avons pas le choix d'aller à l'extérieur de nos frontières pour cibler certaines candidatures spécifiques qui amèneront une expertise unique à nos équipes», précise-t-il.
Ce fut le cas notamment avec Jurassic World, la dernière production du studio avec les studios Universal.
Tentatives fructueuses
Le studio a déjà fait des tentatives fructueuses en Ontario et en Colombie-Britannique et met les pieds en Europe pour dénicher d'autres perles rares. «Nous avons mené de nombreuses entrevues et retenu quelques candidatures fortes pour encadrer nos équipes de travail. Reste maintenant à régler les détails du permis de travail et avec l'immigration, ce qui n'est pas toujours aussi rapide qu'on le souhaiterait.»
Toutefois, il estime que le soutien des gouvernements est essentiel pour faciliter le recrutement à l'étranger, sinon le studio aurait dû gérer sa croissance autrement. TechnoCompétences et l'Alliance numérique font aussi partie des facilitateurs pour ces missions.
L'impact est important, car en plus de faire croître le studio et de renforcer les équipes de travail, le recrutement à l'étranger permet des retombées économiques avec la création d'emploi au Québec avec des travailleurs étrangers. L'embauche d'un professionnel expérimenté peut signifier jusqu'à 10 emplois pour des talents québécois, explique-t-on.