Le fondateur et président de Genia, Martin Ouellet, travaille avec une équipe de 21 techniciens et professionnels.

Genia: jouer sans s'abrutir

Et si, pour une fois, un jeu en ligne n'était pas abrutissant? Et s'il faisait appel aux connaissances générales des joueurs plutôt qu'à leur habileté à décapiter le plus de méchantes bibittes en moins de 30 secondes? Et ce, tout en étant divertissant.
C'est le défi que relève Genia, un développeur et éditeur indépendant de jeux sociaux massivement multijoueurs de Québec.
Celui qui tire les ficelles de Genia avec son équipe de 21 techniciens et professionnels s'appelle Martin Ouellet. Avec Louis Têtu, cet ingénieur en informatique a été l'un des piliers de Taleo, une entreprise spécialisée dans la conception de logiciels pour le recrutement et la gestion du personnel. En février 2012, Oracle faisait l'acquisition de Taleo pour la somme de 1,9 milliard $.
Au cours des prochaines semaines, Genia procédera au lancement officiel de son premier jeu sur lequel elle planche depuis déjà cinq ans, notamment pour le développement d'une plateforme de connaissances réutilisables. Dans les faits, Brain Storm est déjà disponible en ligne sur le site Internet de Genia au www.genia.com. Suivra ensuite la version mobile du jeu propulsé par le savoir.
«Il nous reste quelques éléments à peaufiner notamment pour rendre le jeu de stratégie encore plus facile à comprendre pour les néophytes», signale Martin Ouellet en entrevue au Soleil.
Brain Storm n'a rien de sorcier. «C'est une course au savoir», résume-t-il. Un bon jour, la connaissance disparaît de la surface de la Terre. Parcourant le monde, les joueurs regroupés en équipe doivent la reconquérir. La première équipe qui parviendra à rassembler toutes les connaissances pourra alors avoir le privilège de diriger la destinée de l'humanité.
Pour réaliser leurs conquêtes, les équipes auront besoin d'énergie. Et cette énergie, elles la puiseront en répondant à des questions de culture générale ou portant sur l'histoire, les mathématiques ou la géographie. «Ce qui vous permet d'avancer, c'est votre savoir», explique Martin Ouellet.
La semaine dernière, Brain Storm a été retenu parmi les jeux finalistes au prestigieux Game Connection à San Francisco. Un honneur qui permet d'accroître la notoriété internationale de Genia.
Des crédits pour 800$!
À l'instar de Candy Crush, par exemple, dont le chiffre d'affaires dépasse 1,5 milliard $, un jeu gratuit comme Brain Storm tire ses revenus des crédits achetés en ligne par les joueurs qui veulent améliorer leur performance et continuer à s'amuser.
«Quand un jeu marche comme Candy Crush, par exemple, il marche très fort», commente Martin Ouellet en racontant que l'une des joueuses régulières de Brian Storm avait acheté des crédits pour une valeur de 800 $ au cours des derniers mois. «Évidemment, ce ne sont pas tous les joueurs qui vont dépenser autant d'argent, mais ça donne une bonne indication du potentiel.»
Jusqu'à maintenant, Martin Ouellet a financé seul le démarrage de Genia. Une affaire de «plusieurs millions de dollars», estime-t-il. L'entrepreneur est maintenant prêt à accueillir des investisseurs pour accélérer la croissance de sa compagnie, notamment à l'étranger, et pour développer d'autres jeux. Genia est aussi en recrutement. Elle cherche des artistes, des développeurs et des spécialistes du marketing.
Le défi de Genia est de taille : faire connaître Brain Storm parmi la panoplie des jeux sur le marché afin d'attirer de plus en plus de joueurs.
«Nous cherchons à établir des partenariats avec des éditeurs. Nous avons déjà amorcé des discussions avec des sociétés en Europe et aux États-Unis. Nous parlons aussi à des grands éditeurs comme Sony et Perfect World qui attirent des dizaines de millions de joueurs à travers le monde.»