Les coprésidents du symposium sur les défis de la révolution numérique qui se tiendra à Québec, les 31 janvier et 1er février 2018, Sophie D’Amours, rectrice de l’Université Laval, et Jacques Topping, président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

Ensemble pour affronter le tsunami numérique

Intelligence artificielle. Impression 3D. Objets connectés.

Avec l’arrivée massive des nouvelles technologies dans la vie de tous les jours des citoyens et des entreprises, la moitié des emplois dans la région de Québec vont être «profondément transformés et demanderont de nouvelles compétences et de nouvelles connaissances», affirme la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours.

«Nous nous retrouverons bientôt au centre d’un véritable tsunami numérique», insiste Mme D’Amours pour illustrer l’ampleur des perturbations qui attendent les entreprises et les travailleurs au cours des prochaines années, et ce, dans un contexte de rareté de ressources humaines.

«Les nouvelles technologies forcent les entreprises à revoir leur modèle d’affaires et à modifier leur façon de livrer des produits et des services. Elles chambardent les qualifications requises par les travailleurs et engendrent la création de métiers et de professions qui n’existent pas aujourd’hui», signale Mme D’Amours qui préside également la Coalition FORCE 4.0, un regroupement formé en décembre 2016 et composé d’une quinzaine de leaders du développement économique et de la recherche. Sa mission est de soutenir l’innovation et de favoriser le développement technologique et numérique dans la capitale.

En conférence de presse, mercredi, elle a rappelé que des études prévoyaient qu’entre 30 % et 60 % des emplois actuels sont «automatisables» au moyen des technologies existantes ou émergentes.

«Emprisonnés dans notre quotidien, nous avons été portés à repousser l’échéance à plus tard. À se dire que l’on aura tout le temps voulu pour se préparer aux bouleversements provoqués par la transformation numérique. Or, le temps est arrivé. Il faut réveiller ceux qui ne sont pas encore réveillés. La région de Québec doit être en mesure de maîtriser ces nouvelles technologies afin d’être capable de tirer son épingle du jeu. Il faudra savoir profiter des opportunités qu’apportera le tsunami. Québec doit devenir un leader en matière de développement et de progrès social.»

La rectrice de l’Université Laval parle même d’un «moment charnière» pour l’économie régionale. 

Elle ne peut s’empêcher d’évoquer la mobilisation des forces vives régionales qui avait été à l’origine, à la fin des années 80, de la création du Parc technologique du Québec métropolitain. «Son avènement a suscité la création d’entreprises technologiques innovantes qui sont aujourd’hui des fleurons de notre économie régionale.»

Grand rendez-vous 

C’est à nouveau en faisant appel à la mobilisation générale que la Coalition FORCE 4.0 entend prendre à bras-le-corps le défi de la transformation numérique. Les 31 janvier et 1er février 2018, un symposium réunira au Centre des congrès de Québec entre 300 et 400 personnes. 

Le thématique choisie : Prévenir le tsunami numérique : un défi pour l’emploi dans la Capitale-Nationale.

Les défis soulevés par l’omniprésence prochaine du numérique seront passés au crible dans chacun des secteurs de pointe de l’économie régionale : le manufacturier, les finances et les assurances, la santé, le commerce au détail, les services publics et le tourisme.

«Ça fait longtemps que nous n’avons pas eu un grand rendez-vous comme ça à Québec réunissant le secteur privé, les établissements d’enseignement supérieur et les décideurs politiques pour prendre le temps de réfléchir tous ensemble», commente Sophie D’Amours. Elle précise que l’objectif du symposium était de faire en sorte qu’une «compréhension commune» des enjeux et des défis de la transformation numérique ressorte clairement et qu’une «feuille de route» identifiant les priorités à mettre de l’avant soit établie et propose des solutions innovantes permettant un passage en douceur pour les travailleurs vers l’économie numérique. 

«Pour l’occasion, des entreprises et des chercheurs viendront témoigner de leurs bons coups permettant d’apprivoiser le virage numérique et aussi de leurs difficultés», signale le coprésident du symposium et président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, Jacques Topping.

Près d’une trentaine de conférenciers seront entendues dont Guy Cormier (Mouvement Desjardins), Christiane Germain (Groupe Germain), Louis Têtu (Coveo), Jean Gaudreault (Garant), Daniel Boyer (Fédération des travailleurs du Québec) et le maire de Québec, Régis Labeaume.

Présidente du Conseil d’orientation de l’emploi en France, Marie-Claire Carrère-Gee participera également au symposium.

Elle est l’auteure d’études fouillées, entre autres, sur les emplois qui disparaîtront de la carte dans la foulée de la transformation numérique, sur les nouvelles façons de former la main-d’œuvre et sur la réorganisation des espaces de travail.

Pour en savoir davantage : www.force4-0.quebec