Charles Parent et Alexandre Favre, cofondateurs de DFuse

DFuse: on efface et on repart

Faciliter le recrutement de talents universitaires. C'est le mandat que se sont donné deux jeunes entrepreneurs qui ont bûché pour dénicher un stage à la fin de leurs études. Mais le chemin pour parvenir à créer l'outil tant recherché n'a pas été de tout repos.
Charles Parent et Alexandre Favre se sont connus lors de leurs études à la maîtrise en affaires internationales à HEC Montréal. Le premier, originaire de Québec, l'autre de la France, ils en ont arraché pour trouver un stage, essentiel à l'obtention de leur diplôme. «Charles a dû se contenter d'un stage non rémunéré, et moi je suis allé le faire en Suisse, où j'avais étudié avant d'arriver à Montréal», indique Alexandre Favre.
«On se disait qu'il n'y avait pas de pont pour faciliter» le contact entre les universitaires et les employeurs, explique M. Favre. «Tu es laissé à toi-même.»
Et les services de placement des universités, dans tout ça? «Ils font un très beau travail pour préparer les étudiants, par exemple à faire leur CV ou à se préparer à des entrevues, mais leurs propositions d'emplois ou de stages sont nettement insuffisantes pour combler les besoins» des finissants, ajoute le jeune entrepreneur.
C'est de là qu'est née l'idée de la plateforme Web DFuse.ca, qui entend faciliter pour les étudiants du Québec la recherche d'un stage ou d'un emploi dans leur domaine, et permettre aux recruteurs d'entreprises de trouver les bons candidats pour répondre à leurs besoins. DFuse se spécialise «pour l'instant» dans les domaines de l'administration (affaires internationales, finance, gestion, management, marketing, etc.) et du génie.
Une première plateforme DFuse a été lancée en août 2016, après quelques mois de roulement. Avant de «tirer la plogue» en octobre, environ 800 à 1000 universitaires y avaient créé leur profil. Ce qui n'a pas marché alors? «Ce n'était pas adapté pour les entreprises, principalement parce qu'elles voulaient garder le contrôle de leur recrutement» sans faire affaire avec un «entremetteur», signale M. Favre.
Travail de terrain
L'équipe de DFuse a fait ses devoirs : les six derniers mois ont été consacrés à faire de la recherche de terrain pour sonder quelque 5500 universitaires à travers la province et 460 recruteurs issus d'entreprises telles que Desjardins, PricewaterhouseCoopers, Air Canada, Pomerleau, Bombardier, Saputo, Sun Life...
«On a scrapé l'ancienne plateforme, on n'a rien gardé», confie le cofondateur. Mais l'intérêt manifesté les a convaincus de tout recommencer. La nouvelle plateforme DFuse a été lancée fin avril pour les étudiants et diplômés. Quelque 500 personnes sont déjà inscrites au service gratuit, selon M. Favre.
Les entreprises joindront DFuse «d'ici quelques semaines». Celles-ci auront le choix entre trois forfaits mensuels pour avoir accès au bassin de candidats de la plateforme, allant de 75 $ à 450 $ par mois selon les besoins. Environ 75 entreprises ont déjà manifesté leur intention d'utiliser DFuse, affirme son cofondateur.
Plus difficile à l'Université Laval
Parmi les universitaires inscrits à DFuse, il y en a beaucoup dans la région de Montréal, mais aussi à Rimouski et en Outaouais, notamment. Et à Québec? «À l'Université Laval, c'est très compliqué. Le service de placement est très protecteur de son marché et très efficace. On a essayé d'aller vers les associations étudiantes, mais on n'a pas eu beaucoup de suite», reconnaît Alexandre Favre, mentionnant que la plateforme demeure néanmoins intéressante pour ceux qui veulent se placer dans la métropole.
Une percée à l'international est aussi dans les projets de DFuse, alors que l'offre pourrait être bonifiée avec des stages à l'étranger, la France au premier chef. L'entreprise espère d'ailleurs avoir une antenne à Nantes prochainement - l'objectif était 2017, mais le «nouveau départ» aura retardé quelque peu l'échéance.