Le pdg de Frima, Steve Couture, avait besoin d'un appui financier pour se donner les moyens de réaliser ses ambitions.

Des partenaires injectent 7,5 millions $ pour propulser Frima à l'international

Le studio Frima de Québec se donne les moyens de croître à l'international avec l'arrivée de deux nouveaux partenaires financiers majeurs, bien que minoritaires dans l'actionnariat, qui injectent 7,5 millions $ dans l'entreprise multimédia.
Le Fonds de solidarité FTQ et le groupe franco-belge Média-Participations apporteront à Frima des occasions d'affaires pour rayonner à l'international. Le pdg Steve Couture avait justement besoin d'un appui financier pour se donner les moyens de réaliser ses ambitions.
«C'est un virage majeur pour Frima», avouait-il en conférence de presse mercredi matin. «Mais le siège social demeurera à Québec et ses employés aussi.»
C'est une première ronde de financement, mais il pourrait y en avoir d'autres, car le patron de Frima aimerait bien assurer la croissance de l'entreprise par des acquisitions, comme celle qu'il a faite avec Volta. Toutefois, cette fois, il semble viser l'autre côté de l'Atlantique pour des partenariats d'affaires et la recherche d'expertise à ajouter au carnet du studio Frima.
Le développement de Frima ne créerait pas d'emplois dans le cas de l'achat d'une entreprise, indique M. Couture. Par contre, les emplois à valeur ajoutée et spécialisés, la gestion, la vision d'ensemble des projets et l'intelligence d'affaires demeureront toujours au siège social de Québec.
La négociation avec les deux nouveaux associés a duré 18 mois. Ce nouveau partenariat permettra de créer de la richesse à long terme, estime le pdg.
Steve Couture avait déjà un projet en marche avec Dupuis, l'une des entreprises du consortium Média-Participations, pour une série télévisée avec le personnage bien connu des enfants européens, Petit Poilu (tinyurl.com/lap4pj6). Le projet est dans la phase de financement pour la production et la diffusion dans plusieurs pays.
D'ailleurs, le jeu Cosmo Camp, une propriété intellectuelle de Frima, pourrait bien être adapté pour la télé si les projets de Frima se concrétisent comme le souhaite Steve Couture. Puisque Média-Participations produit Ciné-cadeau, que les enfants écoutent dans le temps des Fêtes, Steve Couture aimerait bien qu'une propriété de Frima se taille une place aux côtés de Lucky Luke et d'Astérix.
«Nous avons un modèle d'affaires qui fonctionne très bien, poursuit M. Couture. Nous n'avons pas fait cette démarche de partenariat pour demeurer inactifs. Nous avons des projets à long terme et une vision de développement pour aller continuellement de l'avant.»
Même si Frima a de nouveaux partenaires financiers, l'entreprise demeurera un studio indépendant non affilié à des multinationales du jeu, comme Ubisoft, Activision ou Warner. Cependant, le fondateur du studio devra maintenant composer avec un conseil d'administration qui posera des questions avec des gens qui auront des opinions, comme le soulignait le maire de Québec, Régis Labeaume.
Pour ce dernier, l'annonce de Frima montre à quel point l'écosystème numérique de Québec a du potentiel et se porte bien. À son avis, plus il y aura d'entreprises dans ce domaine dans la ville, plus il y aura de travailleurs et plus la masse critique sera importante pour attirer d'autres joueurs dans la capitale.
Investisseurs ravis par les perspectives d'avenir
Le Fonds de solidarité FTQ avait Frima dans son radar depuis quelques années, affirme Normand Chouinard, premier vice-président aux investissements du Fonds. Les secteurs du jeu vidéo et du multimédia sont des segments de marché importants où il apparaissait important d'investir.
Puisque Frima avait une culture d'entreprise intéressante et une stratégie de croissance énergique, l'investissement correspondait aux attentes du Fonds de solidarité.
«En tant que fleuron de l'industrie du jeu et du divertissement au Québec, Frima se distingue par la qualité de ses produits, ses ententes avec des partenaires internationaux et l'audace de ses gestionnaires. Avec un partenaire stratégique comme Média-Participations, le Fonds appuie plus de 300 emplois de qualité dans une des plus grandes maisons de production de la région de Québec», a-t-il ajouté.
Jusqu'à maintenant, le Fonds a investi quelque 870 millions $ dans la région de Québec dans près de 390 entreprises représentant plus de 25 000 emplois maintenus ou créés.
Quant au groupe Média-Participations, les liens existaient déjà avec Frima depuis l'annonce du partenariat avec Dupuis annoncé au Cartoon Connection de Québec. Maintenant, estime Claude de Saint Vincent, directeur général de Média-Participations et président de Dargaud, les nombreux contenus du groupe franco-belge pourront avoir une ouverture sur l'Amérique du Nord plus significative avec leur participation dans l'avenir du studio Frima.
«Nous sommes des producteurs de contenus», souligne celui qui dirige le groupe qui comprend entre autres Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Ellipsanime et Mediatoon, qui détiennent et exploitent des licences de renom international, comme Lucky Luke, Marsupilami, Garfield, Thorgal et Syberia. «Cela nous permettra de contribuer au nouvel élan de Frima et de lui ouvrir les portes sur l'Europe.»
Le groupe a déjà participé à la production de jeux vidéo sous licence avec différents studios, mais puisque la durée de vie des jeux est assez courte, il regarde davantage vers la production de dessins animés et les productions télé. Avec Frima, les perspectives d'avenir semblent particulièrement intéressantes, avouait M. de Saint Vincent, qui compte Lucky Luke dans son écurie. Il a terminé son discours à la manière du général Charles de Gaulle en lançant : «Vive le cow-boy libre!»