Des «emmerdeurs» en avant de la parade

«Le numérique, c'est un peu des emmerdeurs!»
Silence dans l'auditoire.
«Je vais vous expliquer pourquoi», poursuit aussitôt le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, qui participait, mercredi, au dévoilement de la programmation de l'événement le Web à Québec (WAQ) qui se tiendra, du 4 au 7 avril, au Terminal du Port de Québec à l'occasion de la Semaine numérique de Québec.
«Depuis à peu près deux siècles, l'économie s'est développée assez facilement. Il y a une chaîne de montage, et on fait travailler des gens. On les fait rentrer à une certaine heure. On les fait sortir à une certaine heure. Et bien sûr, on leur donnait une pause le midi», a expliqué le député-ministre de Charlesbourg qui avait revêtu, pour un instant, ses habits de professeur d'université.
«Le numérique défonce toutes ces portes-là. On ne sait pas au juste où tout ce monde travaille. À quelle heure les gens travaillent? À quelles conditions ils travaillent! Mais on sait que ça fonctionne. Et ça fonctionne très bien.»
François Blais a confié qu'il était difficile pour des individus d'autre époque, «comme moi», de suivre l'évolution de l'industrie du numérique. D'autant plus que comme ministre de l'Emploi et de la Solidarité, il doit veiller à ce que les programmes de formation de la main-d'oeuvre développés par l'État soient pertinents aux besoins des entreprises.
«Ce n'est pas facile de vous suivre. Vous êtes toujours en avant de la parade! Alors, continuez de nous emmerder un peu. Vous êtes importants.»
Dans la région de Québec, le secteur numérique procure des emplois à plus de 2000 personnes. Selon Québec International, les 80 entreprises d'arts numériques et du monde du divertissement interactif affichent un chiffre d'affaires annuel de près de 140 millions $.
Ode à la «coopétition»
Un événement comme le Web à Québec permet à l'industrie numérique de la région de continuer à prendre du galon.
«Le WAQ, c'est trois journées de formation intensive pour les travailleurs qui développent des sites Web, des applications mobiles et des logiciels et pour les spécialistes du marketing et des communications. Une façon d'élever la qualité et l'excellence du travail qui se fait déjà chez nous», explique Pierre-Luc Lachance, le directeur général de Québec Numérique et chef d'orchestre de la Semaine numérique et WAQ.
À l'occasion de la septième édition du WAQ - qui devait réunir 1200 personnes et pas moins de 83 conférenciers -, des sommités mondiales débarqueront dans la capitale pour enseigner leurs connaissances. Certains prononceront de grandes conférences - c'est le cas de Peter Merholz (Adaptive Path), Andy Bugg (Clearleft), Brian Solis (Briansolis.com) et de Mitch Joel (Mirum) -, d'autres communiqueront leur savoir lors de classes de maître. 
Plus de 80 % des présentations seront faites par des champions du numérique de Québec.
Selon Pierre-Luc Lachance, les entreprises n'hésitent pas à partager leurs trouvailles avec leurs compétiteurs immédiats de la capitale. En d'autres mots, le WAQ est une sorte d'ode à la «coopétition» au cours de laquelle des compétiteurs pratiquent la coopération.
«Les gens du numérique de Québec ont a coeur le succès de leur industrie», affirme Pierre-Luc Lachance en rappelant que le WAQ est l'un des 17 événements inscrits à l'agenda de la Semaine numérique de Québec.
Pour en savoir davantage sur la programmation du WAQ et pour acheter des forfaits ou des billets pour assister aux classes de maître, il suffit de visiter le webaquebec.org.