Coup d'œil sur le nouveau Assassin's Creed

Ça y est! Ubisoft vient de dévoiler Assassin’s Creed Odyssey pendant le sommet du jeu vidéo, le E3 à Los Angeles. Le projet a été créé à Québec et piloté par le studio du quartier Saint-Roch.

Cette aventure qui se déroule dans la Grèce antique à l’époque de la guerre du Péloponnèse opposant Sparte et Athènes (431 av. J.-C.) sera en même temps un jeu et un cours d’histoire agrémenté des légendes de l’époque et de personnages mythiques et mythologiques.

La sortie du jeu de catégorie triple A est prévue pour le 5 octobre.

Quelque 400 employés du studio de Québec ont mis l’épaule à la roue à un moment ou l’autre au cours des trois dernières années. Au moins 200 à 300 autres employés des autres studios d’Ubisoft dans le monde y ont aussi collaboré.

Même si Ubisoft ne veut donner aucun chiffre quant aux coûts de cette super production, il est raisonnable de penser que l’investissement frôle les 80 à 100 millions de dollars.

L’équipe de création sous la direction Jonathan Dumont a mis au point un jeu qui devrait procurer de nombreuses nuits blanches aux amateurs de cette série comptant un 11e titre. Une bonne centaine d’heures de jeu serait nécessaire pour parcourir les tableaux et compléter toutes les quêtes.

Hippocrate, Périclès et compagnie

La portion de jeu en démonstration passera entre des milliers de mains, mais Le Soleil a pu jouer quelques heures lors d’une présentation sous haute surveillance et presque aussi secrète que les discussions lors du G7 !

Au moment de se lancer dans l’aventure, le joueur aura le choix d’incarner un personnage masculin ou un personnage féminin. Jonathan Dumont assure que les deux personnages ont les mêmes avantages, les mêmes capacités et les mêmes choix pour progresser dans leurs habiletés.

Tout au long de la quête, le joueur devra faire des choix pour son mercenaire qui pourra se battre pour Sparte ou pour Athènes. Et encore, les choix à faire influenceront le cours de l’histoire. 

Par exemple, tuer des gens devant Hippocrate ne rendra pas le joueur très sympathique. D’autres personnages, comme Périclès ou Socrate, mériteront d’être écoutés attentivement pendant le parcours.

Encore, lors des dialogues avec les meneurs des quêtes, le joueur aura à choisir des options qui influenceront l’attitude de ses partenaires. Par exemple, si le mercenaire se met à faire des carnages un peu partout, il est assuré que les autres mercenaires voudront sa tête, ce qui rendra plus difficile la poursuite de l’objectif principal.

En Grèce pour s’inspirer

Quant au jeu comme tel, on constate la qualité du graphisme des villes, des bâtiments et le réalisme des personnages. D’ailleurs, comme il l’avait fait à Londres pour la création Assassin’s Creed Syndicate, Jonathan Dumont, avec des membres, de son équipe a visité la Grèce pour s’inspirer du mode de vie, de l’histoire tout en visualisant les ruines pour créer un univers le plus réaliste possible.

Le mode de jeu comporte quelques modifications avec les boutons pour les combats, mais il est assez facile de s’ajuster en progressant dans l’aventure avec les boutons des actions spéciales pour les combats.

Parmi les éléments agréables, lors la visite des îles grecques, il y a le retour des combats naval comme dans Black Flag. Il faut constituer son équipage et combattre l’ennemi en comprenant adéquatement les techniques de navigation pour éperonner les navires et les délais pour tirer les flèches de feu.

Ça sera long l’attente jusqu’au 5 octobre!

Voir des images du jeu Assassin's Creed Odyssey

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Jonathan Dumont: l'homme à la tête du projet

La grande aventure de la guerre entre Athènes et Sparte a été confiée à Jonathan Dumont. Pendant trois ans il a piloté le projet d’Assassin’s Creed Odyssey dans les studios d’Ubisoft Québec.

Il n’en est pas à ses premières armes avec les jeux triple A, puisqu’il était dans l’équipe Assassin’s Creed Syndicate, un jeu lancé en 2015.

Il était alors responsable de l’équipe créative qui a reproduit Londres de l’époque de la révolution industrielle. Il avait raconté avoir marché pas moins de 80 kilomètres dans le Londres moderne où il y a plus que des vestiges de l’époque victorienne.

C’est ce qu’il a fait aussi pour l’aventure grecque, visiter la Grèce, mais aussi recruter dans l’équipe une docteure de l’Université Laval, spécialisée dans la Grèce antique et capable de lire sans peine le grec ancien.

Pour Jonathan Dumont, travailler à Québec, c’est un retour à la maison. Né à Sherbrooke, il a passé son enfance dans la capitale, il a étudié au Cégep de Sainte-Foy et à l’Université Laval, avant de travailler dans le monde du jeu vidéo chez Ubisoft à Montréal.

Retour à la maison

L’appel du soleil de la Californie a été suffisamment fort pour quitter le Québec. Commence alors la carrière chez Blizzard Entertainement où il fera ses classes dans le jeu World of Warcraft, une grande saga aux nombreux chapitres.

Pendant sept ans, il apprendra dans différents secteurs de la production et de la création. Il devient un sénior comme on le dit dans le jargon des studios. Il songe à revenir au Québec au moment où Ubisoft est en forte croissance et recrute abondamment.

«C’était une belle occasion avec la possibilité d’avoir une poste avec plus de responsabilités en tant que directeur créatif. Je suis comme revenu à la maison, il y a cinq ans, avec fierté», confie-t-il bien qu’il s’ennuie du temps chaud et du soleil californien lorsque l’hiver s’installe sur Québec.

Il avoue que le projet Odyssey a été très stressant, mais à la fois très stimulant. Comme dans la version Syndicate, il sait qu’il laisse sa marque avec un jeu de classe internationale ayant un gros impact. «C’est réjouissant, avance-t-il. J’ai tellement appris. Et c’est ce que je souhaite pour les joueurs: qu’ils apprennent sur l’histoire et les personnages de la Grèce antique tout en se divertissant.»

Âgé de 43 ans, il dit sentir son corps comme s’il avait dépassé la cinquantaine à la fin du projet. Maintenant que le jeu est dans sa phase finale avant le lancement, il respire mieux. «En octobre, après le lancement, je me sentirai comme un jeune dans la trentaine», lance-t-il avec un grand sourire.

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Jonathan Dumont