La grande région de Québec est incluse dans la deuxième des trois phases du projet qui prévoit le remplacement de 3,8 millions de compteurs électromécaniques ou «à roulettes» d'ici 2018. De nombreux groupes de citoyens à travers le Québec se sont opposés à l'arrivée des compteurs intelligents, notamment en raison des ennuis de santé que provoquerait l'émission de radiofréquences.

Compteurs intelligents: sur nos murs, malgré la grogne

Les compteurs intelligents d'Hydro-Québec arrivent en ville. Des milliers de clients des deux rives de Québec ont déjà reçu une lettre les avertissant que l'appareil sera installé sous peu, et ce, au grand dam des opposants de cette nouvelle technologie.
En juin, la Régie de l'énergie a permis à Hydro-Québec de poursuivre l'installation de ses compteurs de nouvelle génération, communément appelés «intelligents», sur l'ensemble du territoire de la province. La grande région de Québec est incluse dans la deuxième des trois phases du projet qui prévoit le remplacement de 3,8 millions de compteurs électromécaniques ou «à roulettes» d'ici 2018. Déjà, 1,7 million de clients de Montréal et de ses environs ont vu leur appareil être changé.
Sans fil, la nouvelle technologie permet aux compteurs intelligents de communiquer entre eux et avec une centrale grâce à l'émission de radiofréquences. Entre autres avantages, Hydro-Québec soutient qu'elle pourra désormais facturer à partir des données de consommation réelles plutôt qu'avec des estimés, que les clients n'auront plus à signaler une panne et que ces derniers pourront désormais suivre de manière plus précise leur consommation d'électricité.
De nombreux groupes de citoyens aux quatre coins du Québec se sont toutefois opposés à l'installation de compteurs intelligents, notamment en raison des ennuis de santé qu'occasionnerait l'émission des radiofréquences. Pour accommoder cette clientèle réfractaire, Hydro-Québec propose un modèle de compteurs «non communicants» et, donc, qui nécessitent toujours une relève manuelle.
Après une controverse entourant le prix à payer pour cette option, Hydro-Québec a déposé une demande à la Régie de l'énergie pour que ses frais d'installation soient de 48 $ plutôt que de 98 $, tandis que ceux de «relève» ou vérification mensuelle seraient de 96 $ au lieu de 204 $ par année.
Option de retrait
Environ 6000 clients se sont prévalus de cette option de retrait, soit 0,5 %, signale le porte-parole de la société d'État, Patrice Lavoie, qui soutient que «le tout se déroule très, très bien». 
«Il y a des gens qui disent que cela a des effets néfastes pour la santé, c'est une étude que l'on retrouve quelque part sur Internet à côté d'un autre site où on dit que la terre est plate», renchérit-il, citant les avis favorables de Santé Canada, de la Direction de santé publique du Québec et de la Société royale du Canada. «La puissance d'émission du compteur est 120 000 fois en deçà des limites permises par Santé Canada», poursuit le porte-parole.
Malgré l'alternative proposée, des opposants aux compteurs intelligents ont barricadé leur appareil pour empêcher les travailleurs d'Hydro de le changer. D'autres ont affiché des avis de non-consentement, une méthode plus douce, mais qui n'a cependant aucune force légale.
Une des porte-parole du groupe «Refusons les compteurs» à Montréal, Marie-Michelle Poisson, dénonce le «dialogue de sourds» entre la société d'État et ses clients. «Hydro-Québec n'a jamais expliqué ses intentions», déplore celle qui croit que les Québécois auraient dû être consultés avant de déployer à la grandeur de la province des appareils potentiellement très néfastes pour la santé.