Les consommateurs et les entreprises ont répondu promptement à l'invitation de visiter le site cestmonargent.ca pour réclamer les 20$ mis à leur disposition par les fabricants de mémoire vive dynamique qui auraient manigancé pour fixer le prix de la D-RAM entre le 1er avril 1999 et le 30 juin 2002.

Cartel de micropuces: les consommateurs nombreux à réclamer 20 $

«Je vais donner le 20 $ à une oeuvre de charité», écrit un lecteur. «Je vais prendre une bière ou deux à votre santé, M. le journaliste», indique un autre.
Les consommateurs et les entreprises ont répondu promptement à l'invitation de visiter le site cestmonargent.ca pour réclamer les 20 beaux dollars mis à leur disposition par les fabricants de mémoire vive dynamique qui auraient manigancé pour fixer le prix de la D-RAM - une micropuce insérée dans un appareil électronique (ordinateur, imprimante, console de jeux vidéo, lecteur MP3, etc.) - entre le 1er avril 1999 et le 30 juin 2002.
«Les citoyens sont allés en masse sur le site Internet», indique Me Dominique Gervais, responsable du service juridique et budgétaire d'Option consommateurs. «À tel point que le site a connu, à quelques moments, des petits problèmes techniques. Nous conseillons aux gens d'être tenaces, de prendre leur mal en patience et de se réessayer pour obtenir leur dû.»
Me Gervais n'était pas en mesure, lundi, de préciser le nombre de consommateurs et d'entreprises qui avaient rempli le formulaire de réclamation. 
«Il est trop tôt pour faire cet exercice», note la représentante d'Option consommateurs, l'organisme qui, au Québec, a mené la guérilla juridique contre les multinationales  - Hitachi, Samsung, Mitsubishi, Toshiba, Elpida, Micron, Nanya, NEC, Hynix, Infineon et Winbond - impliquées dans l'affaire. 
Pour mettre un terme aux procédures judiciaires contre elles, ces compagnies ont décidé de mettre 80 millions $ sur la table pour dédommager les Canadiens. Par contre, elles ont refusé d'admettre qu'elles auraient participé à un complot international pour fixer le prix de la D-RAM et, par le fait même, d'avoir fait grimper les prix des appareils électroniques.
Patience
En entrevue au Soleil, Me Gervais a expliqué que les consommateurs et les entreprises devront patienter un brin avant de pouvoir encaisser leur 20 $. 
L'auront-ils avant Noël? «On se croise les doigts bien fort», souligne-t-elle en rappelant que la période pour réclamer le 20 $ se poursuivra jusqu'au 23 juin 2015 et que l'administrateur de la réclamation - la firme ontarienne NPT RicePoint - aura besoin de temps pour traiter toutes les demandes et faire les vérifications d'usage.
Pour s'assurer que les consommateurs et les entreprises n'oublieront pas d'aller chercher leur 20 $, une campagne de sensibilisation sans précédent pour une affaire de recours collectif va battre son plein jusqu'au 23 juin. Une somme de 3 millions $ provenant de l'entente de 80 millions $ servira à financer une offensive publicitaire multimédia.